Texte Libre

                              

Bonjour et bienvenue sur ce blog.

Tout d'abord ce site n'est pas un site officiel du MPF (Mouvement pour la France) de Philippe de Villiers. Le détenteur de ce blog n'a reçu aucune autorisation pour parler ou se prononcer au nom du MPF. Les propos tenus n'engagent que le responsable du blog.

Il a été créé par un simple sympathisant de la Lozère, afin de faire connaître les idées et le programme de ce mouvement.

 

    

 

Europe

Dimanche 31 juillet 2005

Dans cette rubrique "Programme pour l'Europe" vous trouverez le projet européen établi par le « Mouvement pour la France ». L’ensemble du texte est disponible au format PDF sur le site officiel du MPF. 

Il s’agit de textes provenant du programme des européennes de 2004 de la Liste "CHANGEONS D'EUROPE" avec Philippe De Villiers.

Par mpf48sympathisant
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Dimanche 31 juillet 2005
SOUVERAINETÉ
Pour un "droit d'opposition populaire"
Si l'on veut construire une Europe-association d'Etats, et non pas une Europe super Etat, il faut parvenir à établir des institutions qui facilitent la coopération des nations sans abolir leur souveraineté.
Là est la difficulté, car il faut trouver un équilibre : si les incitations à coopérer sont trop autoritaires, elles subordonnent les souverainetés et se transforment en pouvoirs hiérarchiques supérieurs aux démocraties nationales. On verse alors sans l'avoir voulu dans l'Europe du super-Etat. Si au contraire il n'existe aucun forum de coopération, on revient à un système ordinaire de relations inter-nationales, qui n'exprime aucune spécificité européenne.
La formule de la Communauté d'origine, telle que fondée en 1957, réussissait à exprimer quant à elle des relations équilibrées : d'un côté, des souverainetés nationales respectées, s'exprimant à l'unanimité au Conseil, que nul ne pouvait outrepasser ; de l'autre, une incitation à coopérer exprimée par la Commission, dont le monopole d'initiative obligeait au moins les Etats à discuter les textes - sans être obligés de les accepter.
Cet équilibre d'origine a été bouleversé progressivement par l'introduction de la majorité qualifiée au Conseil, qui a détruit le pôle "souverainetés nationales", et a renforcé au contraire l'influence du pôle "Commission". La "méthode communautaire" a ainsi été subvertie peu à peu en banale méthode supranationale. Il en est résulté un effet pervers insupportable : le déficit démocratique, né de la subordination des démocraties nationales à une Europe largement technocratique, parce que le Parlement européen n'y offre pas une démocratie de qualité équivalente.
 
Les propositions du MPF sont donc, concernant la SOUVERAINETE :
 
1. Construire l'Europe, non sur le modèle pyramidal du super-Etat, mais sur le modèle du réseau qui instaure des relations d'égalité horizontales entre lessouverainetés nationales.
2. Réhabiliter les démocraties nationales en proclamant que les décisions européennes ne peuvent en aucun cas outrepasser leurs positions clairement et solennellement exprimées.
3. Concilier coopération et souveraineté par l'institution d'un "droit d'opposition populaire" dans les domaines où les décisions européennes seraient prises à la majorité qualifiée. Tout pays membre pourrait s'opposer à une telle décision dans des formes solennelles exprimant :
. soit un veto, c'est-à-dire un blocage de la décision, dans les cas exceptionnels où les intérêts vitaux de ce pays risqueraient d'être menacés,
. soit plus simplement un droit de non-participation, qui empêcherait la décision de s'appliquer sur le territoire du pays opposant, mais laisserait les autres libres de l'appliquer pour leur compte.
Les formes solennelles requises pour l'exercice du "droit d'opposition populaire" pourraient être une réunion extraordinaire du Parlement national, ou une consultation du peuple directement par référendum. Les institutions européennes seraient tenues de s'incliner devant une telle position nationale.
4. Instituer un "droit d'appel devant les peuples" contre les décisions de la Cour de Justice susceptibles de dépasser les limites du traité. Ce droit d'appel devant les peuples serait, dans son principe, de même nature que le "droit d'opposition populaire" mentionné au point précédent. Il manifesterait lui aussi la supériorité des démocraties nationales sur les mécanismes européens.
Par mpf48sympathisant
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Dimanche 31 juillet 2005
Dans la rubrique « Programme pour l’Europe », je fais volontairement abstraction du passage sur le projet de constitution européenne car comme vous le savez le peuple français dans sa grande sagesse a rejeté ce texte lors du référendum du 29 mai 2005. Bien sur certaines personnes, dont le président de la Commission Européenne, monsieur José Manual Barroso,  pensent qu’il serait bien de refaire  voter les français d’ici un an. Quelle bonne idée non ? (Humour). C’est bizarre je n’ai pas entendu les mêmes réflexions lors des résultats des votes espagnols et luxembourgeois.  
De plus si des référendums avaient été organisés dans certains pays qui ont ratifiés le traité par voie parlementaire, le résultat aurait probablement été similaire à celui de la France.
Par mpf48sympathisant
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Mercredi 10 août 2005
LES PARLEMENTS NATIONAUX (Programme du MPF)
Le cadre démocratique le plus légitime
L'actuel projet de Constitution européenne prolonge la tendance antérieure en renforçant les pouvoirs du Parlement européen, et, par voie de conséquence, en marginalisant un peu plus les Parlements nationaux. Cette orientation est erronée. C'est elle qui explique le déficit  démocratique croissant en Europe. Il faut la corriger d'urgence.
Le renforcement du Parlement européen correspond, dans la théorie fédéraliste, à la mise en place d'une "démocratie européenne". Malheureusement, celle-ci est défaillante car il n'existe pas de peuple européen unifié. Les différents peuples se reconnaissent difficilement dans le Parlement européen. Ils ne lui accordent qu'une légitimité plus faible qu'aux Parlements nationaux.
Cette situation ne va pas s'améliorer dans l'assemblée européenne future où la délégation française ne va plus peser que 78 voix (en 2004) et 72 environ (en 2009) sur 732, puis 736 membres. La voix de la France sera ainsi de plus en plus diluée, alors même que le Parlement européen aura davantage de pouvoirs. Ce phénomène, sensible pour un grand pays comme la France, va devenir encore plus démobilisateur pour les petits pays : "Que pèserons-nous avec 8 membres sur 736 ?" se désolait récemment une représentante lettone.
La seule solution pour réenraciner l'Union européenne dans ses peuples est de promouvoir le rôle des Parlements nationaux. Ceux-ci ont été indûment marginalisés par la lecture fédéraliste des institutions, l'extension des compétences communautaires et la montée du Parlement européen. Pourtant, ils restent les assemblées les plus légitimes en Europe, celles que les citoyens sentent le plus proches d'eux, et dans lesquelles ils s'identifient le mieux.
Le comblement du déficit démocratique et le rééquilibrage des institutions nécessitent donc - contrairement à ce que fait le projet de Constitution européenne – de réintroduire les Parlements nationaux dans le processus même de la décision européenne.
 
Les propositions du MPF sont donc :
Il faut compenser le risque de dilution dans une Europe élargie et supranationale
en redonnant des droits essentiels aux Parlements nationaux :
1. Instituer un droit de veto national sur les questions de subsidiarité, afin que les limites des transferts de compétences autorisées par les Parlements nationaux soient toujours interprétées par eux, et par personne d'autre.
2. Créer au niveau européen des assemblées sectorielles de parlementaires nationaux chargées de suivre chacune un domaine particulier : il y aurait par exemple une assemblée sectorielle pour l'environnement, une autre pour la coopération policière, une autre pour l'euro (voir fiche "monnaie unique"), etc... Ces assemblées auraient pour mission exclusive de dialoguer avec le Conseil des ministres correspondant, et de faire ensuite rapport à leurs Parlements nationaux respectifs, afin de faciliter leurs débats.
3. Développer des méthodes de travail "en réseau" : les Parlements nationaux doivent mettre en place un système de relation électronique directe en réseau, chacun informant les autres en temps réel de l'avancée de ses travaux. Mieux encore, on peut commencer à envisager l'adoption de textes européens par les Parlements nationaux directement, chacun demeurant dans sa capitale. Ce serait une belle illustration de la "démocratie interparlementaire".
4. Refuser l'idée de "clause-passerelle" contenue dans le projet de Constitution européenne, qui permettrait des révisions déguisées du traité sans passer formellement par les Parlements nationaux. Les révisions doivent toujours être décidées par chaque peuple solennellement. Et si l'un d'entre eux refuse, les autres doivent pouvoir travailler entre eux s'ils le veulent, selon le principe de la géométrie variable.
5. Faire participer les Parlements nationaux à l'exercice du droit "d'opposition populaire"
qui sera défini ultérieurement dans mon blog.
Par mpf48sympathisant
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Jeudi 18 août 2005
PARLEMENT EUROPÉEN (Programme du MPF)
Mieux organiser l'efficacité de la délégation française
L'accroissement des pouvoirs de codécision du Parlement européen, au fil des traités, nous place de plus en plus visiblement dans une logique fédéraliste où la France ne pèse plus, au sein du système majoritaire, que le poids de sa population, soit environ 13 % pour une Europe à vingt-cinq.
La faiblesse de la délégation française au Parlement européen n'en est que plus visible, et plus dommageable. Elle tient à des raisons techniques : dispersion en divers groupes, faible professionnalisme, forte rotation, présence insuffisante, manque de visibilité, organisation insuffisante au niveau français. A ces défauts techniques, des correctifs techniques peuvent être trouvés.
Plus difficile à résoudre est la question politique : la croyance aveugle des dirigeants politiques français dans les bienfaits d'une Europe supranationale qui devrait défendre automatiquement les intérêts français.
Alors que la plupart des délégations nationales au Parlement européen défendent les intérêts de leur pays tout en tenant un discours européen, il n'en va pas du tout de même en France. Nombreux sont les responsables, par exemple, qui trouvent très satisfaisant que nous ayons abandonné notre parité avec l'Allemagne au Conseil, que nous ayons abandonné notre deuxième commissaire, ou que nous ayons laissé réduire notre représentation au Parlement européen, parce que c'est une marque de "confiance" envers nos partenaires et envers les vertus du système européen.
Notons en particulier qu'avant Nice le nombre de députés européens allemands excédait celui de la France de 14 %. Après la ratification de Nice, il l'excédera de 27 % dans le prochain Parlement (en 2004), et même de 37 % à peu près dans le suivant (en 2009).
Cette position de "confiance" nous paraît d'une extraordinaire naïveté. En tout cas, il est difficile de demander à la représentation des députés français de mieux défendre les intérêts nationaux au Parlement européen quand, dans le même temps, on leur enlève des mains les armes à leur disposition.
Pourtant, le projet de Constitution prolonge cette tendance, puisqu'il soumet chaque pays - donc le nôtre aussi - à des procédures de décision où n'existe aucun droit de veto national, et où dominent des majorités que, bien entendu, nous n'aurons pas les moyens de maîtriser.
C'est une raison de plus pour bien s'organiser, nous dira-t-on. Nous en convenons, et c'est pourquoi nous présentons ici des propositions. Mais c'est une raison aussi pour rappeler qu'on ne fera jamais du bon travail dans les institutions européennes si le cadre général est vicié.
Il faut donc, si l'on veut maintenir des mécanismes de décision majoritaires du type de ceux inclus dans le projet constitutionnel, négocier en contrepartie la reconnaissance d'un droit de veto ou de non-participation pour chaque Etat membre. Lui seul pourra permettre à chaque  gouvernement de défendre de manière décisive les intérêts de son pays.
 
Les propositions du MPF sont donc :
 
1. Dégager une meilleure synergie des députés européens avec les députés et sénateurs français : affecter aux députés européens des bureaux à l'Assemblée Nationale et au Sénat, et organiser en commun, avec les députés et sénateurs français, les réflexions préparatoires sur les textes européens.
2. Définir plus clairement dans la loi la mission des députés français au Parlement européen : ils ont mandat du peuple français pour défendre ses intérêts, et pas autre chose.
3. Refuser le projet actuel de statut unifié des députés européens, qui tendrait à les détacher de leurs pays respectifs en les faisant rémunérer entièrement sur le budget communautaire.
4. Compenser la dispersion des élus français en différents groupes par une meilleure coordination sur les votes techniques ou par la réorganisation des grands groupes sur la base d'une pluralité de sensibilités composantes.
5. Poursuivre l'action anti-cumul déjà entreprise, en direction notamment des activités privées, mais ne pas s'opposer à la détention simultanée d'un mandat européen et d'un mandat local, car c'est positif.
6. Constituer les listes de candidats aux élections européennes en tenant compte de l'expérience et du travail des sortants dans le mandat passé.
7. Rendre le travail parlementaire des députés européens français plus visible en publiant dans une partie spéciale du Journal officiel de la République française leurs votes, leurs rapports, leurs opinions minoritaires, voire leurs interventions au Parlement européen.
8. Ne pas accepter, dans le projet de Constitution européenne, de nouvelles extensions de la majorité qualifiée au Conseil et de la codécision avec le Parlement européen, sans obtenir en échange la reconnaissance d'un droit de veto ou de non-participation pour chaque Etat membre.
Par mpf48sympathisant
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Vendredi 26 août 2005
COMMISSION (Programme du MPF)
Ramener le collège à un rôle subordonné
 
Depuis les "années Delors", la Commission a peu à peu renforcé son pouvoir au détriment du Conseil, avec l'objectif de devenir un véritable "gouvernement européen". Son monopole d'initiative s'est étendu automatiquement à chaque addition de compétences, et s'applique maintenant à des matières de souveraineté, comme la politique d'immigration. Son poids dans les institutions s'est alourdi avec l'extension des décisions prises à la majorité qualifiée au Conseil, qui élargit sa marge de manoeuvre par rapport à l'unanimité. En début de mandat, elle est maintenant investie par le Parlement européen sur le modèle d'un Parlement national qui investit son gouvernement.
Le projet de Constitution européenne actuellement discuté renforcerait encore cette tendance, puisqu'il déclare que la Commission européenne "promeut l'intérêt général européen" (article I-25), comme si elle était, par on ne sait quelle alchimie, seule détentrice de l'intérêt général, alors qu'en réalité celui-ci est exprimé par l'ensemble des nations réunies au Conseil.
L'artifice du "gouvernement européen" est soutenu par deux autres artifices tout aussi contestables :
- un Parlement européen censé représenter une "démocratie européenne", alors que celle-ci n'existe pas en l'absence de peuple européen ;
- une Cour de Justice des Communautés qui se comporte en Cour suprême fédérale, alors qu'elle n'est qu'une institution internationale tenue par les limites d'un traité conclu entre des peuples souverains.
Tous ces artifices tendent à rendre les institutions communautaires largement autonomes par rapport aux volontés des peuples d'Europe. Inévitablement, ceux-ci découvrent un jour ou l'autre que la structure bruxelloise évolue sans eux, et même parfois contre eux, oubliant les priorités des citoyens au profit de ses objectifs propres : gonflement des compétences et des ressources européennes, uniformisation à outrance, libre-échangisme débridé, abolition systématique des contrôles aux frontières, etc...
Nous pensons que, pour renouer le lien entre l'Europe et ses peuples, il faut mettre fin à la dérive des institutions européennes vers l'installation à Bruxelles d'un super-Etat, avec son gouvernement (la Commission), appuyé par la prétendue "démocratie européenne". Cette évolution fondée sur des artifices renforce l'idée que l'Union européenne est supérieure aux nations, elle l'enferme dans la démocratie artificielle et la coupe de ses peuples. Il faut au contraire organiser avec un soin tout particulier le lien de subordination qui doit placer les institutions européennes, et la Commission en particulier, au service des nations membres, donc au services des démocraties nationales.
 
Les propositions du MPF sont donc :
1. Refuser les doctrines dominantes de "l'indépendance de la Commission" ou de la Commission "détentrice de l'intérêt général européen" ; subordonner étroitement la Commission au Conseil, à ses orientations et à ses contrôles : elle doit revenir au rang de secrétariat du Conseil.
2. Rendre la Commission politiquement responsable devant le Conseil, qui devrait avoir le droit de mettre fin à ses fonctions.
3. Ne maintenir le monopole d'initiative que s'il existe, du côté du Conseil, une contrepartie nécessaire sous forme de vote à l'unanimité ou de "droit d'opposition populaire" ; sinon, partager le monopole actuel avec le Conseil et les Parlements nationaux.
4. Pour la composition de la Commission, appliquer le principe "un commissaire par Etat membre", afin que le collège ne soit pas tenté de se détacher des nations.
5. Réviser le statut de la fonction publique européenne (dont la plus grande partie travaille auprès de la Commission) afin de diminuer ses privilèges, et d'augmenter, dans le nombre total des agents, le pourcentage des fonctionnaires nationaux temporairement détachés.
6. Réformer les méthodes de travail de la Commission pour mieux la soumettre au contrôle démocratique et réduire les occasions de clientélisme ou de fraude.
Par mpf48sympathisant
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Mardi 13 septembre 2005
SUBSIDIARITÉ ( Programme du MPF)
Instaurer un véritable contrôle
Les promoteurs du projet de Constitution européenne actuellement en discussion nous annoncent qu'il permettra "de mieux respecter le principe de subsidiarité".
Apprécions tout d'abord l'aveu indirect : le principe de subsidiarité est aujourd'hui très mal respecté. Mais contestons aussi la vertu supposée du projet de Constitution : dans la rédaction que nous connaissons actuellement, il n'apporte strictement rien de nouveau. C'est pourquoi il nous appartient de présenter de nouvelles propositions, qui sont résumées ci-dessous.
Selon le principe de subsidiarité, tel que défini à l'article 5 TCE, la Communauté "agit dans la limites des compétences qui lui sont conférées", et "n'intervient que si et dans la mesure où les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les Etats membres".
L'idée est excellente : elle implique que les Etats sont bien les maîtres des compétences de la Communauté. Mais l'application de ce principe dans les affaires européennes s'avère en réalité biaisée, voire incohérente. On s'aperçoit en effet qu'aujourd'hui les compétences déléguées à l'Union ne sont plus clairement délimitées, et correspondent souvent à des "chèques en blanc", comme en témoigne par exemple l'article 13 TCE introduit par le traité d'Amsterdam, qui permet à la Communauté de faire à peu près n'importe quoi pour redresser des  discriminations, réelles ou supposées, dans tous les domaines.
En outre, Bruxelles n'a jamais été beaucoup gêné par la définition de la subsidiarité donnée à l'article 5. Les institutions européennes n'ont jamais manqué de s'attribuer des droits élargis, par exemple en utilisant le moyen détourné de l'article 308 TCE (qui permet de donner à la Communauté les pouvoirs d'action nécessaires pour réaliser un objectif du traité, sans avoir besoin de réviser celui-ci), ou encore en faisant avaliser les extensions par la Cour de Justice. On ne connaît guère de cas où le principe de subsidiarité, tel qu'il est contenu dans le traité, ait réussi à freiner l'interventionnisme européen dans les grandes ou les petites affaires des Etats : Bruxelles réglemente la sécurité dans les téléphériques, parce que ces derniers sont utilisés par une clientièle internationale, il fixe la taille des cages des rats de laboratoire, parce que des cages non harmonisées pourraient fausser la concurrence sur le marché intérieur, il impose les principes des dates de la chasse parce que les oiseaux en volant traversent les frontières, etc... De toute façon, il y a toujours une bonne raison pour intervenir, et personne ne freine, ni le Conseil, en général empêtré dans ses marchandages internes, ni la Cour de Justice, qui, de son côté, donne plutôt sa bénédiction et appuie même sur l'accélérateur. Le projet de Constitution européenne ne modifie pas fondamentalement cette situation. Sa grande innovation est le mécanisme dit de "l'avertissement précoce", contenu dans un protocole annexe : les Parlements nationaux gagneraient le droit de transmettre aux institutions européennes leur avis préalable sur le respect, par un texte en préparation, du principe de subsidiarité. Toutefois, les institutions européennes "tiennent compte des avis", mais sans être obligées à aucun résultat précis. Pis encore, si des Parlements nationaux représentant un tiers des pays membres, transmettent conjointement le même avis négatif, la Commission n'est tenue qu'à "réexaminer sa proposition", mais à l'issue de ce réexamen elle peut encore la maintenir telle quelle. Le projet contient aussi un intéressant article I-5 qui prévoit que l'Union "respecte les fonctions essentielles des Etats", ce qui est bien, mais perd une grande partie de son contenu dès lors que le projet refuse de préciser par ailleurs, comme nous l'avions demandé, que "l'Union respecte la souveraineté nationale de ses Etats membres". Les véritables propositions pour un meilleur respect de la subsidiarité dans l'Union tiennent avant tout à l'indépendance de son contrôle : il ne faut pas laisser le contrôle de la subsidiarité aux institutions européennes, et en particulier à la Cour de Justice. Ce sont les Parlements nationaux, représentant les peuples ayant ratifié le traité, qui doivent être juges de ses limites.
 
Les  propositions du MPF sont donc :
 
1. Compléter l'actuel article 5 TCE qui définit la subsidiarité, en ajoutant au critère d'efficacité un critère de démocratie : une délégation de compétence à l'Union ne peut pas être acceptée, même dans les cas où elle paraît plus efficace sur le papier, si elle doit entraîner un affaiblissement du contrôle démocratique.
2. Donner à chaque Parlement national un droit de veto lui permettant de refuser un texte européen qu'il estimerait contraire à la subsidiarité, ou dépassant les compétences déléguées ; ce droit de veto n'empêcherait pas forcément les autres membres d'adopter le texte pour eux, dans une formation "à géométrie variable".
3. En conséquence du point précédent, enlever à la Cour de Justice le contrôle de la subsidiarité ; instituer un "droit d'appel devant les peuples" contre les décisions de la Cour qui dépasseraient les limites du traité.
4. Instituer des mécanismes permettant de réviser périodiquement les compétences européennes devenues inutiles, ou trop coûteuses par rapport à leur intérêt : par exemple, un Etat qui estimerait qu'une compétence ne doit plus être traitée au niveau européen devrait pouvoir initier une réflexion, en saisissant un comité composé de représentant des Parlements nationaux, qui lui-même dirait s'il y a lieu à son avis de réviser ou non le traité ; si le comité refusait, et si le pays demandeur maintenait sa position, l'examen d'une association "à géométrie variable" serait de droit.
5. Supprimer l'actuel article 308 qui permet des extensions de compétence de l'Union en-dehors de toute révision officielle ; surtout ne pas adopter l'article I-17 du projet constitutionnel qui, non seulement ne restreint pas l'usage de l'article 308, mais en plus étend sa portée à l'ensemble du droit de l'Union.
6. Mieux conformer les interventions structurelles de la Communauté au principe de subsidiarité, en les limitant à quelques actions importantes, par exemple les opérations transnationales dépassant un montant financier élevé.
7. Utiliser plus largement la conception originelle de la directive-objectifs (article 249 TCE), qui laisse les Etats plus libres de décider les mesures d'application ; de toute façon, cette formule deviendra de plus en plus indispensable dans une Europe élargie dont les membres sont très hétérogènes.
Par mpf48sympathisant
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Samedi 24 septembre 2005

COOPÉRATION POLICIÈRE ET JUDICIAIRE ( Programme du MPF)

 

Conjuguer efficacité et souveraineté

 

 

L'internationalisation du trafic de drogue et de la criminalité organisée ainsi que plus récemment l'apparition d'un terrorisme de masse, nous imposent de rechercher une meilleure coopération policière et judiciaire en Europe. Mais cet objectif est pollué par deux politiques de l'Union européenne menées pour des raisons idéologiques :

 

- d'une part l'abolition des frontières entre pays membres (dites "frontières internes") qui, par l'allègement ou la suppression des contrôles, facilite les trafics au lieu de les entraver ;

 

- d'autre part la volonté de bâtir un super-Etat unifiant tout à partir de Bruxelles sous prétexte d'efficacité, mais en réalité générant irréalisme et bureaucratie, donc inefficacité. Depuis vingt ans, les coopérations spontanément mises en place par les ministres de l'Intérieur et de la Justice se sont perfectionnées et ont débouché sur le volet "coopération policière et judiciaire" des accords de Schengen (1985), puis plus tard sur le "troisième pilier" de nature strictement intergouvernementale du traité de Maastricht (1993). Le traité d'Amsterdam a cependant donné une orientation complètement nouvelle vers la communautarisation, avec l'intégration des accords de Schengen dans les procédures de l'Union et le transfert d'une partie du troisième pilier vers le premier, assorti de votes à la majorité, droit d'initiative ou même monopole pour la Commission, juridiction de la Cour de Justice, suppression des compétences des Parlements nationaux. L'actuel projet de Constitution européenne ( nota : Ce texte a été rédigé avant le référendum du TCE)  irait encore plus loin en supprimant les piliers et en communautarisant la coopération policière et judiciaire qui échapperait de plus en plus aux Etats membres, et serait pour l'essentiel confiée à l'initiative de la Commission européenne. Cette démarche engendre une grande confusion. La Commission n'a aucune compétence professionnelle dans ce domaine, et voit trop souvent les actions à mener avec les lunettes de l'idéologie. De plus, l'abolition des contrôles aux frontières entraîne un tel laxisme que plus personne ne parvient à reprendre le contrôle de la situation. Il en découle trois effets pervers profondément négatifs :

 

- l'affaiblissement des souverainetés nationales, alors que sur les sujets sensibles de police et de justice, il est essentiel que chaque Etat garde la haute main sur la cohérence de son droit et la protection des intérêts de ses citoyens ;

 

- l'affaiblissement de la sécurité, car les administrations nationales qui ont depuis longtemps l'expérience du terrain, comme celle de la coopération européenne, voient leurs compétences amenuisées, et ont tendance à perdre pied ;

 

- l'affaiblissement de la démocratie, car la communautarisation fait perdre aux Parlements nationaux leur compétence de contrôle, et la donne au Parlement européen, alors que celui-ci n'est pas une assemblée adéquate pour suivre ces questions. Il faut au contraire construire une Europe de la coopération policière et judiciaire bien contrôlée par les Etats et leurs Parlements, afin qu'elle demeure concrète et proche des citoyens. Il faut s'appuyer sur les systèmes nationaux existants et les faire bien travailler ensemble, sans créer de nouvelles administrations européennes supranationales.

 

Par exemple, nous n'avons pas besoin d'une super-police fédérale qui interviendrait partout et ne serait contrôlée par personne. Nous avons seulement besoin que les services nationaux se coordonnent davantage, et que l'Office européen de police (Europol) développe sa mission d'échange d'informations sur les risques menaçant nos sociétés. Nous n'avons pas besoin non plus de tribunaux pénaux européens qui deviendraient rapidement des monstres administratifs. Nous avons seulement besoin, entre les juges nationaux, d'un système d'entraide judiciaire plus efficace et plus rapide qu'aujourd'hui.

 

 

Les propositions du MPF sont donc:

1. S'opposer à la communautarisation par la Constitution européenne de la coopération policière et judiciaire, qui se traduirait par encore plus de bureaucratie et d'inefficacité.

 

2. Donner une impulsion nouvelle à la coopération entre les Etats : plutôt que de créer de nouvelles institutions et de nouvelles normes bureaucratiques, développer une culture de confiance, de transparence, d'échanges entre les polices et justices nationales, autour de quelques cibles prioritaires : le terrorisme, la criminalité internationale, la drogue, le proxénétisme, l'immigration clandestine .

 

3. Ne pas donner de mission opérationnelle supranationale à Europol ; développer en revanche ses missions d'échange d'informations en lui donnant les moyens nécessaires.

 

4. Perfectionner l'entraide directe entre magistrats dans le cadre du système Eurojust qui doit permettre d'assurer une bonne liaison entre les autorités nationales chargées des poursuites pénales dans les affaires de criminalité transfrontière ; se servir de cette coopération pour accélérer la transmission des commissions rogatoires, renforcer l'assistance administrative mutuelle en matière fiscale, garantir la levée du secret bancaire à la suite des demandes d'entraide internationale en matière pénale, là où un tel secret pourrait encore être invoqué ; ne pas accepter l'institution d'un procureur européen supranational qui servirait surtout à augmenter les pouvoirs de Bruxelles.

 

5. Améliorer le contrôle démocratique sur la coopération policière et judiciaire intergouvernementale en renforçant les compétences des Parlements nationaux ; créer un "comité interparlementaire" composé de parlementaires nationaux des pays membres, qui serait chargé de suivre la coopération policière et judiciaire au niveau européen, et de faire en sorte que les Parlements nationaux soient saisis des dossiers en temps utile, sous la forme la plus transparente.

 

6. Accepter les coopérations à géométrie variable, lorsque certains pays sont intéressés à mener des actions en commun et que le moule communautaire s'avère trop rigide.

Par mpf48sympathisant
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Lundi 26 septembre 2005
La révision nécessaire des politiques européennes
L’attentat du 10 mars 2004 à Madrid a bien montré la vulnérabilité de l’Union européenne face à la menace terroriste. En fait, nous le savions depuis le 11 septembre 2001. Quelques jours après les terribles attentats qui ont frappé New-York et Washington, la présidente d'Eurojust alors en fonctions, Mme Michèle Coninsx, qui est aussi une haute magistrate belge, avait fait des  déclarations remarquables, mais hélas passées inaperçues, dans un grand quotidien parisien daté du 14 septembre. A la question: "La nébuleuse islamiste est-elle fortement implantée en Europe ?", Mme Coninsx répondait : "L'Europe peut constituer une base de repli logistique pour ces terroristes. Les frontières sont, en effet, relativement faciles à franchir à cause de l'espace Schengen".
Effectivement, la suppression des frontières nationales dans le cadre de la convention de Schengen, l’ouverture croissante de l’Europe à des flux migratoires massifs, la montée fulgurante du fondamentalisme islamiste dans les villes et les banlieues des grands Etats membres de l’Union, tous ces facteurs font du continent européen le maillon faible du monde occidental. De plus, nous tergiversons sur les mesures à prendre, alors que les Etats-Unis ont pris, dès le lendemain du 11 septembre, des décisions draconiennes pour lutter contre le terrorisme, dans le cadre du "Patriot Act".
Dans l’incapacité d’assumer des décisions effectives et d’agir sur le terrain, les gouvernements européens succombent à la tentation de la dérobade, qui consiste à faire de beaux discours sur l'Union, et à transférer à Bruxelles la responsabilité de la sécurité de leurs citoyens, aboutissant ainsi à bureaucratiser et à engluer la lutte contre le terrorisme. A la suite de l’attentat de Madrid, la seule réponse des ministres de l’Intérieur européens au défi terroriste a été de créer à Bruxelles un poste de "Monsieur terrorisme" (Conseil JAI du 20 mars 2004), dont les pouvoirs ne sont pas clairement définis. Le renforcement des pouvoirs d'Europol en matière de terrorisme représente une autre fausse piste : cet organisme, jusqu'ici ultra-bureaucratique, éloigné du terrain, spécialisé dans la production de rapports et d’études, n’a jamais prouvé la moindre efficacité malgré un coût de fonctionnement faramineux. L’idée présentée par certains fédéralistes de créer une agence de renseignement communautaire ("CIA européenne") n'est guère meilleure : les chefs d'Etat et de gouvernement l'ont d'ailleurs refusée à juste titre lors du Conseil de printemps des 25-26 mars 2004. Ils ont en effet remarqué qu'une "CIA européenne" aurait deux défauts majeurs : elle risquerait d'être un monstre bureaucratique éloigné du terrain ; et surtout elle serait un "pot commun" où tout le monde devrait verser obligatoirement des renseignements sans bien savoir où ils iraient, alors que la confiance mutuelle est indispensable sur de tels sujets entre les services.
L’efficacité de la lutte contre le terrorisme repose avant tout sur la nation, seule communauté politique suffisamment soudée et cohérente pour relever le défi de la troisième guerre mondiale. La mobilisation des outils nationaux de lutte contre le terrorisme doit donc se concevoir dans un cadre intergouvernemental, celui d’une alliance étroite entre des Etats souverains, fondée sur la confiance et la concertation permanente.
 
Les propositions du MPF sont :
 
1. Laisser aux Etats membres la possibilité de rétablir leurs contrôles fixes aux frontières nationales ; renforcer les contrôles à la "frontière extérieure Schengen" entre l'Europe et le reste du monde.
2. Organiser dans tous les Etats membres un contrôle vigilant de la délivrance des visas pour les pays de l'Union européenne ; nommer dans les ambassades et les consulats des spécialistes de la lutte antiterroriste qui devront donner leur accord avant toute délivrance de visa.
3. Rendre obligatoires sans délai, pour une application avant la fin de l'année 2004, les relevés d’empreintes sur tous les visas délivrés.
4. Favoriser les coopérations libres à géométrie variable entre les services nationaux de renseignement qui se font confiance ; dans ce cadre, organiser des échanges d'informations, avec échanges possibles de fonctionnaires.
5. Refuser l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
6. Préserver la capacité nationale de déterminer une politique d'immigration ; soumettre les naturalisations à un principe "d’assimilation", avec apprentissage de la langue et examen obligatoire d'instruction civique ; inviter nos partenaires européens à faire de même.
Par mpf48sympathisant
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Mardi 11 octobre 2005

Conserver la maîtrise de notre territoire

La suppression des frontières nationales constitue un dogme fondamental de la construction européenne : la mise en place d'un Etat fédéral passe par l'émergence d'un territoire, d'un espace européen unique.

L'accord de Schengen de 1985 et sa convention d'application de 1990, entrée en vigueur en 1995, sont les pierres angulaires de cette politique qui repose sur deux impératifs : supprimer les contrôles aux frontières nationales entre les Etats européens, et en contrepartie mettre en place une frontière extérieure effective entre l'Europe et le reste du monde. Aujourd'hui, tous les pays de l'Union européenne, sauf le Royaume-Uni et l'Irlande, appartiennent à l'espace de libre circulation Schengen.

Les conséquences de cette politique sont désastreuses. Les Etats de l'Union européenne ont renoncé par idéologie et conformisme à leurs frontières nationales, alors que la frontière extérieure européenne est largement mythique, dépourvue de toute consistance, toute réalité, toute efficacité. Les Etats européens n'ont pas additionné leurs forces, ils ont mutualisé leurs faiblesses, leurs défaillances : côtes de l'Espagne, de l'Italie et de la Grèce incontrôlables, aéroports français insuffisamment protégés, frontières terrestres poreuses entre l'Allemagne et ses voisins d'Europe centrale, etc...

Certes, quelques mesures dites "compensatoires" ont été prises : commissariats communs, équipes communes de surveillance entre les administrations des polices et des douanes de part et d'autres des frontières internes, programmes d'échanges et de formation des douaniers et des policiers, pouvoir étendu aux douaniers aux fins de contrôler les personnes dans la bande de 40 kilomètres en arrière des frontières ; de plus, la France a eu la possibilité d'utiliser la clause de sauvegarde extrêmement souple contenue dans les accords de Schengen, qui a permis de rétablir quelques contrôles sur la frontière du nord.

Mais tout cela reste insuffisant, d'autant que d'autres menaces se profilent. D'abord la Commission et le Parlement européen s'entêtent dans leur politique de communautarisation à outrance et voudraient supprimer la clause de sauvegarde de Schengen tout en faisant gérer les frontières extérieures depuis Bruxelles. De plus, suite à l'élargissement du 1er mai 2004, personne n'est vraiment préparé au contrôle de l'immense frontière extérieure orientale. Ce serait pire encore dans la grande Europe élargie annoncée par le président de la République, incluant la Turquie, dont la frontière extérieure couvrirait des étendues gigantesques, de l'Iran jusqu'à l'Océan arctique…

Les conséquences de cette politique irresponsable finissent par atteindre maintenant la vie quotidienne des Français : augmentation massive de l'immigration illégale dans toute l'Union européenne, avec 500 000 migrants clandestins supplémentaires chaque année selon la Commission européenne elle même ; explosion du trafic de drogue, notamment de cannabis en provenance du Maroc, qui empoisonne nos banlieues et nos écoles, ou d'héroïne en provenance d'Afghanistan ; développement de l'insécurité, de la délinquance et de trafics particulièrement odieux comme la traite des femmes et des enfants.

Nous pensons que ce dogme de l'abolition des frontières est désastreux pour les nations et pour l'équilibre de l'Europe. La sécurité est le premier des droits de l'Homme. Les Etats ont le devoir de la préserver. Il faut donc inverser les priorités : non plus abolir les frontières d'abord et tenter de réparer les dégâts ensuite ; mais prendre des mesures compensatoires d'abord, observer si elles fonctionnent, et ensuite seulement, le cas échéant, alléger ou suspendre certains contrôles aux frontières, sans jamais exclure a priori leur rétablissement intégral.

Les propositions du MPF sont:

1. Rétablir le principe des contrôles aux frontières nationales ; repousser énergiquement les tentatives d'abolition de la clause de sauvegarde de Schengen, telles qu'elles se dessinent dans le projet de Constitution européenne, et au contraire faire acter clairement cette clause dans les futurs traités.

2. Sur le plan pratique, ne pas instaurer de barrières infranchissables entre les pays européens, mais bien au contraire inventer des frontières modernes, protégées par des contrôles à la fois rigoureux et souples, aléatoires et non systématiques, qui éviteront de ralentir la circulation des personnes, mais exerceront un effet dissuasif considérable sur les clandestins et les réseaux criminels.

3. Approfondir les coopérations des services de police et des douanes des pays membres, de part et d'autres de chaque frontières intérieure.

4. Renforcer le principe d'une frontière extérieure commune, de manière à instaurer une double protection de l'Europe et de nos Etats contre l'immigration clandestine, le trafic de drogues, les réseaux de la grande criminalité organisée.

5. Pour cette frontière extérieure commune, refuser la gestion supranationale de Bruxelles et l'institution d'une police des frontières intégrée : pour plus d'efficacité, chaque pays doit rester responsable de ses frontières ; développer en revanche une coordination technique commune : échanges de bonnes expériences, coordination opérationnelle, formation permanente commune, compatibilité des équipements, analyse commune des risques.

6. Préserver le caractère national des services douaniers, car il est essentiel à de nombreuses missions de souveraineté, ainsi qu'à la capacité de notre pays de renforcer les contrôles à ces frontières pour défendre les intérêts vitaux de sa population.

7. Mettre en place un appui financier en faveur des pays qui, en raison de leur position géographique, exposent de lourdes dépenses pour le contrôle des frontières extérieures, dont bénéficient leurs voisins de l'Union : la solidarité européenne doit trouver ici à s'exprimer utilement.

8. Dans le cadre de cet appui financier commun, mais aussi dans le cadre national, lancer un grand plan d'action doté de moyens substantiels pour systématiser les méthodes de contrôle modernes, aidées par les techniques les plus avancées, comme les scanners pour les conteneurs de marchandises.

Par mpf48sympathisant
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