Au lendemain des élections municipales et cantonales, le président du Conseil général revient sur les résultats dans le département. Et n'hésite pas à
pointer du doigt les trouble-fête.
Quels premiers enseignements tirez-vous de ces élections dans le département ?
Des municipales, les résultats montrent qu'il n'y a pas de villes de droite qui basculent à gauche. Par contre, il y a une ville de gauche qui passe à droite. Et pas n'importe laquelle quand il
s'agit d'Olonne-sur-Mer, 4e ville du département (12 300 habitants, ndlr).
Cette victoire de Yannick Moreau, justement, comment l'appréciez-vous ?
Cette échéance a vu émerger une nouvelle génération que j'appelle « la droite trentenaire », dont Yannick Moreau est l'un des brillants éléments. On connaît Antoine Chéreau, on va
découvrir Yannick David (La Chaize-Le-Vicomte). Il y a aussi Marietta Trichet dans le canton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Tous ont su faire l'unité autour d'eux. Mais, c'est vrai, c'est un grand
basculement à Olonne après avoir été 150 ans à gauche.
Pour quelle raison principalement ?
Partout où des candidats ou des listes municipales se sont réclamés de l'action de la majorité départementale, ils ont gagné... Je pense que les résultats électoraux en dépendent en grande
partie.
Je dis en grande partie parce qu'il y a le cas de La Roche-sur-Yon et de Fontenay-le-Comte où un autre phénomène est intervenu : c'est la division. Il y a des professionnels de la torpille,
je devrais même dire des missiles filoguidés par les députés Préel et Caillaud, qui avaient pour but de faire perdre Michèle Peltan. Et autre missile, cette fois non filoguidé car le fil est
coupé depuis longtemps, c'est Béatrice Moinard à Fontenay.
En résumé ?
Une des leçons des élections municipales, c'est que toutes les opérations politiciennes contre-nature ont échoué. Ceux qui ont réussi sont ceux qui ont fait savoir la fierté d'appartenir à la
majorité départementale.
Comment expliquer malgré tout la défaite de Michèle Peltan ?
Le problème de la division, c'est qu'elle installe la démoralisation. Dès qu'il n'y a pas l'unité de candidature, les électeurs se démobilisent.
Et a contrario, quand vous avez l'unité de candidature, comme à Olonne où Yannick Moreau avait fait une liste avec toutes les composantes de la majorité allant du MPF au MoDem, cela
marche.
Dans le canton de La Roche sud, le MoDem Raoul Mestre aurait empêché cela ?
Vous parlez de qui ?
De Raoul Mestre...
Raoul Mestre est une torpille professionnelle. Il ne sait faire que des trous dans la coque. Lui, il s'amuse...
Michèle Peltan a-t-elle cependant été réellement épaulée lors de cette double campagne ?
Elle voulait une autonomie dans son action pour pouvoir s'élargir à toutes les sensibilités... Michèle Peltan est une excellente candidate. Et quand je vois son bilan de conseillère générale à La
Roche, je suis déçu qu'une telle qualité ne soit pas récompensée.
Avez-vous été surpris par votre résultat fleuve, dans le canton de Montaigu ?
Déjà, la majorité départementale a un record de France avec 27 sièges sur 31. Et les scores des conseillers généraux sortants sont presque tous en
amélioration par rapport à 2001. Pour mon cas personnel, on avait dit il y a sept ans que mes 66 % étaient exceptionnels. Ici, je fais 79 %...
Êtes-vous en mesure de dire combien de maires en Vendée sont MPF ?
Non, parce que certains le sont officiellement, d'autres le sont officieusement,... Ce qui est certain, c'est que l'étiquette MPF, majorité départementale, ou encore Philippe de Villiers n'a pas
nuit.
Il reste avec La Roche un îlot rose au milieu de l'océan bleu, comment imaginez-vous changer cela ?
Je pense que les gestions socialistes de La Roche, et de la ville de Fontenay, ne correspondent pas à ce que les Yonnais et Fontenaysiens sont en droit
d'attendre. Mais je crois, malgré ces défaites injustes de Michèle Peltan et Alain Coulas, qu'il y a un renouveau possible. Olonne a attendu 150 ans pour passer à droite, La Roche n'attendra pas
autant. Et j'ai ma petite idée là-dessus...
Vous verriez-vous vous-même à la tête d'une ville dans le département ?
Moi, j'ai une commune, c'est la Vendée... Et un passe-temps, le Puy du Fou.
La rumeur vous dit « ministrable », est-ce possible ?
C'est une rumeur récurrente qui finit par s'auto-nourrir. Et la commenter, c'est la faire prospérer. Donc moi, je ne commente pas les rumeurs. Moi, je vais continuer plus que jamais à m'occuper
du département de la Vendée pour lequel on a beaucoup de projets.
Propos recueillis par Cédric Blondeel
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