Le
député de la deuxième
circonscription, Pierre Morel-à-l'Huissier, sort de son silence un mois et demi après les élections municipales et cantonales, alors qu'il a été plusieurs fois mis en cause par la majorité
départementale, souvent à mots couverts, dans la défaite à Meyrueis.
« Je constate qu'il y a toujours de l'aigreur et de la perfidie. J'ai pris du recul et aujourd'hui je peux parler sereinement. Sur Meyrueis, j'ai épousé la stratégie de Jean-Paul Pourquier.
Entre les deux tours, il m'a demandé d'appeler Curvelier pour qu'il se retire. Ce que j'ai fait. Curvelier ne s'est pas retiré et a tenu tête. Jean-Paul Pourquier ne l'a pas supporté. C'est un
problème entre ces deux hommes. Je ne suis pas le directeur de conscience de Curvelier, et que la stratégie de Jean-Paul
Pourquier ait
échoué, il faut en prendre acte. Il est malsain de chercher un bouc émissaire. C'est agressif vis-à-vis de l'électorat. Les citoyens se sont exprimés, il faut les respecter. »
Et Pierre
Morel-à-l'Huissier de se réjouir que Jean-Paul Commandré ait finalement tiré son épingle du jeu en raflant la communauté de communes. Il appelle les uns et les autres à se mettre au travail pour
le bien du canton. Mais le député en profite également pour régler à son tour quelques comptes : « Le premier coup perfide, sur Meyrueis, est parti de Delmas. Il a fait perdre Saint-Léger sur
Mende, il voudrait gêner Morel avec Meyrueis. Il n'y arrivera pas. Jean-Paul Pourquier est le président du conseil général, je le soutiens pleinement, il est mon suppléant à la députation, ne
l'oublions pas. » Quant à ceux qui ont ironisé sur le peu de délégations obtenues au sein de l'assemblée départementale, Pierre Morel-à-l'Huissier répond : « J'ai été désigné secrétaire
général pour authentifier les actes notamment, un rôle important. Que demander de plus ? Je suis très heureux de ma situation et franchement, en Lozère, qui peut considérer que je n'ai pas tout
ce que je veux ? Soyons sérieux ! Il y a assez d'intelligence au conseil général pour que les postes soient répartis entre tous ceux qui peuvent exprimer quelque chose. » Revenant sur le
nouveau paysage politique lozérien après ces élections, Pierre Morel-à-l'Huissier précise : « Globalement, il faut rester conscient que le Lozère est à droite. Avec peut-être une poussée de
la gauche, qu'il faut analyser en détail. Y a-t-il eu modification sociologique profonde ? Je ne le crois pas. Il n'y a pas de mouvement de fond. Je regrette que Saint-Léger ait perdu à Mende. Il
faudra reconstruire avec lui, parce que c'est dommageable pour le département. » Enfin, le député souhaite revenir sur la polémique amorcée lors de la dernière session sur les collaborateurs
des groupes d'élus pour préciser sa pensée. « Nous n'avons pas de groupes d'élus par étiquette politique au Département. Il y en avait au conseil régional et le code des collectivités prévoit
alors des collaborateurs pour ces groupes. Faut-il créer ces groupes au conseil général ? Ça politise un peu l'assemblée mais ça ne me choque pas. »
C. G. Le Midi Libre édition du 23.04.2008
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