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Vendredi 9 décembre 2005

Article du Journal Le Monde

Le front national (FN) essaie d'enrayer la guerre psychologique que lui mènent les époux Bompard, et à travers eux, Philippe de Villiers, le président du Mouvement pour la France (MPF), en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ainsi, du 1er au 5 décembre, Louis Aliot, le nouveau secrétaire général du parti, a sillonné les départements de cette région, qui figure au premier rang des bastions frontistes, pour remonter le moral des militants.

Forts de leurs mandats électoraux — ceux de maire d'Orange et de conseiller général du Vaucluse pour Jacques Bompard, de conseillère générale et de conseillère régionale pour Marie-Claude Bompard — mais aussi du réseau que leur procure au sein des milieux nationalistes leur association, L'Esprit public, les deux vieux militants ne cessent en effet de défier Jean-Marie Le Pen et le FN avec lequel ils sont en rupture de ban.

Cela fait plus de trois ans que cette guérilla a commencé. Au lendemain de la présidentielle de 2002, Jacques Bompard, mais aussi Marie-France Stirbois, membre du bureau politique, et Bernard Antony, figure historique de l'aile catholique traditionaliste, s'en étaient pris à Jean-Marie Le Pen, accusé de préparer sa succession en faveur de sa fille, Marine Le Pen.
Partisans de Bruno Gollnisch, le délégué général et dauphin officiel, ils n'ont eu de cesse d'attaquer cette dernière — qui le leur a bien rendu — et de contester le leadership de Jean-Marie Le Pen. Le report, cet été, du congrès prévu pour 2006 où ils espéraient voir M. Gollnisch prendre la tête du parti, ainsi que l'annonce de la candidature de M. Le Pen à l'élection présidentielle de 2007 ont mis le feu aux poudres. Profitant d'une nouvelle suspension du bureau politique prononcée à son encontre, Jacques Bompard a quitté en septembre le FN, non sans avoir au préalable organisé son rapprochement avec Philippe de Villiers.
Derniers épisodes : l'annonce en grande pompe — un meeting régional organisé jeudi 8 décembre à Avignon — du ralliement du maire d'Orange au MPF et sa nomination à la tête de la fédération du Vaucluse, précédée de quarante-huit heures par celle du départ de Marie-Claude Bompard du Front national via un communiqué rédigé au vitriol. "Je me bats pour des idées, pas pour un homme et encore moins un homme qui n'est que l'ombre de celui qu'il fut", écrit-elle ainsi, en qualifiant le FN de "secte".
"INTÉRÊTS PERSONNELS"
Ultime provocation, le directeur de la communication de la mairie d'Orange, André-Yves Beck, a précisé, mardi 6 décembre, que Mme Bompard entendait "continuer à siéger sur les bancs du FN au conseil régional". Une solution qui permettrait au groupe de bénéficier des avantages financiers liés à son rattachement mais qui, surtout, entretiendrait la zizanie parmi des élus frontistes partagés entre leur loyauté au parti ou à son président et l'amitié qu'il portent à Marie-Claude et Jacques Bompard.
"Que Mme Bompard rende son mandat de conseillère régionale qu'elle doit au Front qui l'a prise sur sa liste", a immédiatement répliqué M. Aliot. "Pas question, si elle refuse de démissionner, de l'accepter dans le groupe", a renchéri mercredi 7 décembre, Jean-François Touzé, le nouveau secrétaire national aux élus. Et, pour que les choses soient claires entre le Front et ses deux anciens représentants, M. Aliot annonce qu'"il y aura aux municipales de 2008 une liste Front national à Orange".
En déplacement, lundi 5 décembre, à Carpentras (Vaucluse, le secrétaire général du FN s'est employé à galvaniser ses troupes. "Pas question que nous nous effacions. Il y aura des candidats dans toutes les circonscriptions aux élections législatives de 2007 et nous allons constituer des listes pour reprendre Orange qui a été détournée et gagner Carpentras. Nous devons retrouver notre leadership dans ce département perturbé par des intérêts personnels et familiaux", a-t-il déclaré.
"M. Bompard a décidé de prendre la casaque de Philippe de Villiers et nous savons tous que celui-ci a toujours fait la politique de Jacques Chirac. Il a appelé à voter pour lui au second tour de 2002 et il préside le conseil général de Vendée avec l'UMP et l'UDF", a-t-il insisté.
"Orange et son maire c'est comme "Capri, c'est fini"", a renchéri Marie-Odile Rayé, la secrétaire départementale, devant des militants et sympathisants épuisés par les guerres intestines. D'autant plus épuisés que cette crise s'ajoute à celle de 1998, qui s'est conclue par le départ de la moitié des cadres du FN avec Bruno Mégret, le délégué général d'alors.
Christiane Chombeau
(Sources: Journal Le Monde, en ligne sur http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-718856,0.html )

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Vendredi 9 décembre 2005

Communiqué du Mouvement Pour la France

Jacques Bompard, maire d'Orange, a adhéré officiellement jeudi 08 décembre 2005,au Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers en expliquant que son ancien parti, FN "ne veut pas gagner" le pouvoir.
"J'avais cru trouver dans le FN un cadre, un moteur pour prendre le pouvoir", a déclaré devant la presse M. Bompard, 62 ans, entré au FN en 1972 et qui vient de le quitter après avoir été exclu de son Bureau politique en septembre.
"Mais au fil du temps, j'ai eu l'impression douloureuse que le Front national ne voulait pas gagner", a poursuivi M. Bompard, juste avant une réunion publique à Avignon avec le numéro deux du MPF Guillaume Peltier, qui a rassemblé plus de 300 personnes.
M. Bompard, qui va désormais diriger la fédération MPF du Vaucluse, a estimé que ce parti avait "les idées claires", en particulier en ce qui concerne "la lutte contre l'immigration" et que "de grands espoirs" lui étaient "permis".
"L'homme qui s'oppose le plus au fossoyeur de notre identité qu'est Nicolas Sarkozy, c'est Philippe de Villiers", a souligné M. Bompard, après avoir fustigé les projets du président de l'UMP en matière d'immigration choisie ou de discrimination positive.
Il a laissé entendre qu'il n'aurait pas pour l'instant de responsabilités nationales au sein du MPF mais "si on me dit : +on a besoin de toi+, je ne vois pas pourquoi je n'irais pas".
M. Bompard a dit qu'il s'attendait à ce que d'autres membres du bureau politique du FN rejoignent le MPF, en raison notamment des "purges" au sein du parti de M. Le Pen.
Le secrétaire national du MPF, Guillaume Peltier, a indiqué de son côté que son parti comptait désormais 16.200 membres.

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Vendredi 9 décembre 2005

Communiqué du Mouvement Pour la France

Philippe de Villiers, président du conseil général de la Vendée, a exprimé jeudi, dans une lettre au ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau, ses "inquiétudes" sur les conséquences pour l'environnement du projet de loi d'orientation agricole pour 2006.
La Commission mixte paritaire, réunissant des représentants de l'Assemblée nationale et du Sénat, examinait jeudi le projet de loi d'orientation agricole pour l'année 2006.
"L'article 21 de ce texte, modifié au cours de la discussion parlementaire, suscite de ma part de très vives inquiétudes" car il "supposerait la mise en place de mesures pouvant compromettre gravement la défense de l'environnement et mettre en cause la santé publique", a écrit le président du MPF dans sa lettre au ministre.
Selon Philippe de Villiers, "il s'agirait d'autoriser tous les pesticides dont les substances actives ont été mises sur le marché avant 1993, sans nouvel examen", ce qui leur ferait obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) de longue durée.
Il s'agirait également, toujours selon Villiers, "de retirer à l'autorité ministérielle son pouvoir de décision en matière d'AMM. Cette disposition conduirait à conférer à des scientifiques un véritable rôle décisionnel", ajoute-t-il.
M. de Villiers demande au ministre de l'Agriculture de lui "faire part de la position du gouvernement sur les dispositions actuellement examinées et qui constitueraient une régression inadmissible en matière d'administration des produits phyto-sanitaires et de gestion des risques".

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