Mercredi 20 décembre 2006
Une délégation du Front National, dont Bruno Gollnisch, Jany Le Pen, l’épouse du président du FN, Eric Iorio, Farid Smahi, ou Jean-Michel Dubois, a assisté au spectacle de Dieudonné lundi dernier (18.12) au Zénith de Paris. «Tout ce petit monde a ri à gorge déployée en entendant Dieudonné parodier les derniers jours d'Hitler dans son bunker, en le voyant mimer un journaliste devenant d'un seul coup affable devant Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ou en l'entendant évoquer une «hiérarchisation victimaire», raconte Le Monde (20.12). «Lorsque Dieudonné a revendiqué la «liberté de parole» pour le négationniste Robert Faurisson, la réserve de la salle a été de courte durée. Et l'hilarité a été générale au récit d'une histoire de Toto contestant «l'existence de chambres à air».»
Il «ridiculise la diabolisation de façon très convaincante», a expliqué Bruno Gollnisch qui estime que les attaques contre les juifs qui ont émaillé le spectacle n’ont pas «dépassé les limites» (Le Figaro, 21.12). Le Figaro qui rappelle que «Dieudonné a été condamné en mars dernier pour «incitation à la haine raciale», après avoir comparé les Juifs à des «négriers» dans une interview au Journal du dimanche». La délégation du FN répondait à l’invitation lancée par Dieudonné le 11 novembre dernier au Bourget où se déroulait la fête des BBR du FN. A l’occasion de sa visite, l’humoriste avait rencontré plusieurs hauts responsables du parti dont Jean-Marie Le Pen, qu’il avait invité au Zénith. «Une main tendue qui se refuse difficilement en cette période électorale lorsqu’on veut dédouaner son parti d’une étiquette de racisme mais qui, en même temps, pouvait alimenter les accusations d’antisémitisme», analyse Le Monde. «Un piège que le président du FN a contourné en ne venant pas personnellement au spectacle mais en y envoyant sa femme…» Jean-Marie Le Pen a sans doute entendu les mises en garde de sa fille Marine. Dans un entretien accordé à VSD (29.11), la vice-présidente du FN évoquait en effet sans détour «les provocations antisémites» de l’humoriste et affirmait ne pas avoir été tenue au courant de la venue de Dieudonné au Bourget. Bref, elle se désolidarisait et refusait de cautionner la visite d’un humoriste déchu, communautariste militant et antisémite notoire.
Au Zénith, Bruno Gollnisch - dont Le Monde souligne qu’il «compte parmi les admirateurs de Dieudonné depuis que ce dernier lui a apporté son soutien alors qu’il était accusé de révisionnisme» -, a pu saluer Thierry Meyssan, responsables du sulfureux Réseau Voltaire, «autrefois engagé dans la lutte contre le FN» et aujourd’hui accusé… d’antisémitisme par ses anciens compagnons de route. Décidemment…
En bref. Bruno Mégret a annoncé qu’il retirait sa candidature à l’élection présidentielle et qu’il soutenait celle de Jean-Marie Le Pen. Un non évènement : Bruno Mégret avait soutenu le président du FN au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Son incapacité à réunir les 500 parrainages a fait le reste…
Mercredi 20 décembre 2006
«Il va jouer le rôle d’airbag pour Ségolène. C’est lui qui va encaisser les coups pour elle et en donner. En fait le véritable chef de campagne, c’est lui». L’analyse d’un «chef de courant» du PS dans les colonnes du Parisien (20.12) résume bien la «stratégie» mise en place par le couple Royal-Hollande, dont l’interview de ce dernier dans Le Monde (18.12) a été la première illustration. Dans un long entretien au quotidien du soir, le premier secrétaire du Parti socialiste a détaillé les mesures économiques, fiscales et sociales que prendrait le futur gouvernement de gauche en cas de victoire en 2007. Pendant ce temps, sa compagne rabâche son « ordre juste », l’importance de la morale et de l’éducation. Les rôles du tandem sont en effet parfaitement répartis : à Ségolène Royal incombe celui de rassembler les Français par des prises de positions peu audacieuses, à François Hollande de fédérer la gauche derrière un projet «pleinement» socialiste. «Afin de ratisser large, résume France Soir, Madame s’occupe des voix de droite, Monsieur des voix de gauche». En annonçant son intention de revenir sur les baisses d’impôts et de ne pas baisser le niveau des prélèvements obligatoires, il remplit le contrat : «on peut y lire le projet d’une société «égalitariste», idéologie que l’on croyait pourtant tombée aux oubliettes comme d’autres utopies de l’histoire du siècle passé» remarque Nicolas Barré dans son éditorial (Le Figaro, 20.12).
par mpf48sympathisant
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Mercredi 20 décembre 2006
Le rapport serait de un à dix : sur dix actes de violences, injures, menaces ou agression, un seul ferait l’objet d’une plainte. C’est ce que révèle une enquête de l'Insee et de l'Observatoire national de la délinquance rendue publique le19 décembre : en 2005, chaque jour, 500 victimes d’agression ont préféré se taire, la peur des représailles étant souvent plus forte que la confiance dans l’institution judiciaire. Alors que le ministre de l’Intérieur se félicite de son bilan en matière de sécurité, l’enquête révèle également qu’en 2005 les actes de délinquance ont été trois fois supérieurs aux chiffres officiels constatés par les services de police: plus de neuf millions d'atteintes aux biens ont été commises et près de quatre millions de personnes ont déclaré avoir été victimes d'au moins une agression. Les statistiques officielles ne font état que de 3 775 000 crimes et délits pour la même période.
Le «grand écart» des chiffres
C’est un phénomène maintes fois évoqué mais jamais quantifié. Le nombre réel d’actes d’agressions, vols ou menaces pour lesquels les victimes ne préfèrent pas porter plainte. C’est désormais chose faite grâce à une étude de l’Observatoire national de la délinquance réalisée avec l’Insee. Le résultat est sans appel : le nombre d’actes d’atteintes aux biens (vols, dégradations, agressions, menaces) officiel est trois fois inférieur à la réalité. Ainsi, les services de police et de gendarmerie recensent 3 775 000 crimes et délits pour l’année 2005, alors que l’étude de l’OND fait état de plus de 9 367 000 atteintes aux biens et de quatre millions d’agressions. Soit trois fois plus. Les raisons de ce «grand écart» des chiffres ? «La peur des représailles», répond Le Figaro (20.12). «La peur qui étreint les victimes est souvent plus forte que leur confiance dans les institutions ou les acteurs sociaux, poursuit le quotidien. Elle est le fruit d’une tyrannie discrète qui s’exerce aussi bien dans le cercle familial que dans la cage d’escalier ou à l’école». Chaque jour, 500 victimes d’agressions préfèrent se taire plutôt que de porter plainte, soit 210 000 personnes en 2005. «Moins de 10% des violences verbales font l’objet de plaintes et moins de 30% de violences physiques» explique le rapport de l’OND.
En outre, «plus de 60% des atteintes aux biens sont des actes de vandalisme contre les voitures (trois millions d’actes), et contre l’habitat principal» relève Libération (20.12), 5 616 000 d’actes de destruction ou de dégradations (100 000 de plus qu’en 2004) et 864 000 actes de violence physiques contre les personnes (contre 832 000 l’an dernier). Un climat général «tendu» note Le Figaro, dont témoignent les 2,7 millions d’actes de «menaces et d’injures» pour 2005. Un piètre bilan pour le ministre-candidat, à l’opposé de ses congratulations et déclarations volontaristes.
Mercredi 20 décembre 2006
Le blog va évoluer et proposera bientôt des interviews vidéos de personnalités.
par mpf48sympathisant
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