«La gauche et Ségolène Royal n’ont pas le monopole du cœur et de l’attention aux classes populaires» (Libération, 19.12). Faire passer ce message, c’était le défi de Nicolas Sarkozy qui était hier en campagne à Charleville-Mézières (Ardennes). Prouver que lui aussi, il sait s’adresser à « la France qui souffre» et aux «travailleurs qui en bavent ». Dans un département où 62% de la population a voté «non» à la Constitution européenne et où le taux de chômage atteint 13%, le ministre-candidat n’a pas hésité à tenir des positions éloignées de ses options politiques habituelles. Ainsi a-t-on entendu ce grand libéral se faire le héraut du protectionnisme, fustiger la Banque centrale européenne et souhaiter le retour d’une politique monétaire au profit de l’industrie et de l’emploi, alors qu’il y a quelques jours à peine, il prônait, à Lyon, l’adoption par le Parlement français d’un « mini-traité » européen, pour sortir l’Union de «l’imbroglio». « L’Europe était un projet, c’est devenu une machine » fait-il mine de regretter. Difficile de défendre autre chose dans les Ardennes…
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