La Croix , Date de parution : jeudi 19 octobre 2006 :
«Les évêques rappellent les grands principes qui doivent guider l’action politique, comme la recherche du bien commun par-delà les intérêts particuliers, la nécessité de préserver la famille, «cellule de base de la communauté humaine», etc. Ils soulignent judicieusement que ces repères manquent cruellement à notre monde consumériste et individualiste. La parole religieuse est donc nécessaire dans le débat politique. Mais elle n’est légitime que si elle reste à sa place, soit celle des principes.
Entre le matérialisme qui oppose le temporel et le spirituel, et l’islam qui les confond, le christianisme a offert au monde moderne une voie originale, celle de la sagesse et de la prudence. Cette voie doit être celle de la République. Aujourd’hui menacée par le communautarisme, elle doit garantir cette saine distinction du temporel et du spirituel, sans laquelle toute société risque de verser dans le totalitarisme.
Si les évêques sont dans leur rôle lorsqu’ils rappellent les principes, ils ne le sont plus lorsqu’ils en dictent les modalités pratiques. En estimant, par exemple, que «les transferts de souveraineté» sont un état de fait ; qu’il faudra, au niveau européen, «promouvoir une certaine harmonisation fiscale et sociale» ; ou qu’il nous est «impossible de renvoyer tous les clandestins», ils sortent de leur rôle et empiètent sur la sphère politique.»
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