Le peuple français n’aurait-il pas été entendu ? L’actualité européenne montre, comme un symbole, le grand retour des trois grandes questions que les Français pensaient avoir
définitivement tranchées le 29 mai 2005.
1 - Il y a d’abord, jeudi prochain, la réédition en format de poche de la Constitution Giscard ! Le mini-traité européen tant souhaité par le Président Sarkozy, qui sera
adopté lors du sommet de Lisbonne, n’est en effet rien d’autre qu’une Constitution remâchée qui maintient toute l’architecture d’un nouvel Etat européen.
2 - Il y a aussi l’annonce, il y a quelques jours, de l’abandon au 1er janvier 2008 du système de quotas d'importation de textiles chinois instauré en juin 2005. Comme si notre
union commerciale, déjà la moins protégée au monde, n’avait plus besoin de s’opposer donc à l'invasion de marchandises bon marché « made in China », à l’heure même où leur qualité s’avère très
controversée.
3 - Et il y a enfin la Turquie. Le non français était aussi un non à la Turquie en Europe : Le candidat Sarkozy en avait tiré les conséquences, en plaidant pour un partenariat
privilégié plutôt qu’une adhésion pure et simple. Mais depuis, nul ne s’est opposé à l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation, et le référendum préalable à l’adhésion de nouveaux
entrants est en passe d’être supprimé !
De son côté, la Turquie ne semble pas encline aux mêmes efforts de rapprochement et s’éloigne chaque jour un peu plus du modèle laïc d’Ataturk : l’interdiction du voile dans les universités va
disparaître et le projet constitutionnel actuellement à l’étude est instructif : l’article selon lequel « les hommes et les femmes ont des droits égaux. L’Etat a la responsabilité d’assurer
la mise en œuvre effective de l’égalité des genres » devrait être remplacé par une rédaction plus abrupte, où les femmes constitueraient désormais « un groupe qui a besoin d’une
protection spéciale » ! Derrière cette réforme, c’est l’impunité conjugale en matière par exemple de « crimes d’honneur » qui pourrait disparaître. Un bel exemple de tolérance et de
démocratie pour de futurs collègues européens…
Plus que jamais, le MPF reste déterminé et vigilant pour faire entendre la voix du peuple français et pour sauver, malgré les apprentis sorciers de Bruxelles, l’Europe des nations et des libertés
: tous nos élus, cadres et militants sont invités à faire pression sur les parlementaires français afin que le « non » du peuple français soit respecté.
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