AGRICULTURE
Prendre le tournant de l'agriculture durable
(Programme du MPF, actuellement en refonte)
1 Tirer les leçons du choc de la vache folle : la France doit jouer un rôle-pilote, conformément à sa position de premier pays agricole européen, dans la réorientation de la politique agricole commune (PAC) vers le modèle de l'agriculture durable.
2 Relever le niveau des normes nationales de respect de l'environnement, et réhabiliter le rôle de
l'Etat pour leur observance (voir démission de l'Etat français dans le contrôle des créations ou extensions de porcheries).
3 Utiliser nos marges de manoeuvres nationales, et les élargir, afin de moduler les aides européennes dans le but de favoriser les méthodes de cultures les plus respectueuses de la nature.
4 Défendre le modèle agricole que nous voulons pour demain, grâce à la combinaison de règles strictes, de prix libres, et d'une protection vis-à-vis du marché mondial ; montrer que seule cette combinaison préserve le rôle du paysan-entrepreneur, libre de sa gestion dans le cadre de règles sévères de protection de l'environnement et de la qualité des produits.
5 Refuser l'agriculture administrée, illustrée notamment par les Commissions Départementales d'Orientation Agricole (CDOA), qui amputent de manière arbitraire le droit de propriété, ou maintenant par les Contrats Territoriaux d'Exploitation (CTE), mis en place par le gouvernement Jospin, dans lesquels apparaît un grand risque de dérive arbitraire et bureaucratique.
6 Clarifier les CTE, qui reposent à la fois sur une bonne idée et une mauvaise application : la bonne idée, c'est la rémunération par la puissance publique de services que le marché n'aurait pas
pris en compte (conservation du paysage, entretien de chemins ruraux, préservation de haies où niche une faune diversifiée...), dans le cadre du caractère "multifonctionnel" de l'agriculture ; la mauvaise application, c'est l'inflation de dossiers justificatifs, soumis à la décision forcément arbitraire d'un préfet, après avis encore plus arbitraire de la CDOA ; les aides éventuelles doivent être accordées sur la base de critères simples, clairs, objectifs, identiques pour tous.
7 Maintenir la liberté de décision nationale, et le droit de sauvegarde, dans les procédures de coordination européennes relatives à la sécurité alimentaire ; notamment, ne pas nous laisser déposséder de notre droit d'autoriser nous-même, ou de ne pas autoriser, les OGM sur notre territoire.
8 Participer au réseau d'expertise de "l'Autorité Alimentaire Européenne" sans laisser cette dernière s'emparer d'un pouvoir de commandement non démocratique ; rebaptiser cet organisme "Agence de coordination", et non "Autorité", pour mieux marquer son caractère.
9 Défendre, vis-à-vis des tentatives permanentes d'uniformisation de la part des institutions européennes, la spécificité des produits et des terroirs français.
10 Compte tenu de la diminution continuelle du nombre de paysans actifs, contribuer à relever les pensions des retraités par la solidarité nationale.
Commentaires