Le Commissaire européen à l'Élargissement, Olli Rehn, n'a pas hésité à s'immiscer dans la politique nationale française. Dénonçant le projet de loi sur le génocide arménien qui sera en discussion à l'Assemblée nationale à partir de demain, il s'est permis d'adresser aux députés français une mise en garde, déclarant : «Il s'agit évidemment d'une loi française et c'est bien sûr le problème des députés français mais cela a des conséquences potentiellement graves pour l'UE et ses relations avec la Turquie» (DNA, 7.10).
Alors que le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, dénonçait récemment le ton «technocratique, arrogant, condescendant» des hauts fonctionnaires de l'institution bruxelloise, il pourrait en dire autant de ses collègues. De quel droit, en effet, un Commissaire-technocrate s'immisce-t-il dans la politique d'un Etat souverain ? Philippe de Villiers a bien raison quand il demande au pouvoir politique de reprendre d'urgence la main sur le pouvoir des fonctionnaires et de faire subordonner la Commission européenne au Conseil, à ses orientations et à ses contrôles.
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