Le 18/09/2006 à 11 h 00 - par Juliette Loir
21 000 adhérents dont 4 000 jeunes de moins de trente ans : en quelques années seulement le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers a considérablement rajeuni. A l’heure de la mondialisation, les thèmes de campagne du MPF font encore et toujours vieille France. Qui sont ces jeunes qui rallient le mouvement ? Portrait de jeunes villiéristes.
Non le jeune villiériste n'est pas (forcément...) reconnaissable à sa chemise vichy qui laisse entrevoir sa médaille de baptême qu’il ne quitte jamais ! Exit l’image de la France d’antan, le MPF a fait une cure de jouvence. Du moins, il essaie... Aujourd’hui, de nombreux jeunes ont rallié le parti et, contrairement aux idées reçues, ils ne sont pas tous issus de l’aristocratie provinciale ou des milieux traditionnalistes catholiques. Un millier de personnes se sont réunies lors de l’université d’été du MPF, à Guidel-plage en Bretagne. Parmi eux pas moins de 350 jeunes ! Et parmi les nouveaux encartés qui ont rejoint le mouvement un tiers viennent de l’UMP, un autre du Front national et le dernier tiers, du centre ou de la gauche. Vous l’aurez compris, pas de profil type pour le jeune villiériste !
Jean-Baptiste Doat a 25 ans. Il est coordinateur national des Jeunes pour la France (JPF). Il est heureux d’annoncer que la moyenne d’âge des militants du MPF est passée, en trois ans, de 62 à 45 ans. « En rajeunissant les rangs du mouvement, on espère casser cette image de vieille France qui nous colle à la peau ! ». Et d’ajouter : « les jeunes militants qui nous ont rejoint sont issus de tous les milieux sociaux, certains sont même passés de la Ligue Communiste révolutionnaire (LCR) au MPF ». Reste que ces revirements politiques ne sont pas monnaie courante... Tanguy a 20 ans, encarté au MPF depuis à peine un an, il est déjà responsable des JPF du Finistère. En 2002 lorsqu’il apprend que Le Pen est au second tour, il rejoint les rangs de la LCR et soutient ouvertement Olivier Besancenot. Trois ans plus tard, quand la campagne référendaire pour la Constitution européenne commence, il sait d’ores et déjà que la LCR appelle à voter non et il se demande comment un parti comme le MPF, à priori aux antipodes de ses convictions, peut également appeler au même vote. « C’est là que tout a débuté explique Tanguy. J'ai commencé à m'intéresser au programme de Phillipe de Villiers et les initiatives qu'il a menées en Vendée sont formidables ».
Le débat pour ou contre le référendum a apporté son quota de nouvelles matières grises. Sybille, 20 ans, est étudiante en histoire à Paris. « J'ai rejoint Philippe de Villiers sur le Non à cette nouvelle Europe qu’on a voulu nous imposer. Avec une telle constitution, un retour en arrière aurait été difficile, voire impossible ! J'admire la droiture de Philippe de Villiers, il n'a jamais changé d'idées ! ». D’autres jeunes, sympathisants de la droite traditionnelle, sont également venus grossir les rangs du MPF. C’est le cas de Clémence, 21 ans. Initialement pro-Sarko, c’est le discours de de Villiers sur le référendum européen (encore une fois...) qui l’a convaincue de s’encarter. « Je l'ai également rejoint sur ses positions à propos de l'immigration », affirme-t-elle.
Des jeunes aux parcours, certes, différents mais tous se rejoignent sur les grands thèmes de campagne de Phillipe de Villiers. Immigration zéro, fierté nationale ou encore opposition au mariage gay, tous s’accordent à dire que la France se doit de retrouver son identité, celle des campagnes et des terroirs, celle de la moralité et du sens des valeurs. Une chose est sûre, si les jeunes ont regonflé les troupes du Vicomte, les idées ne changent guère. Ainsi, concernant le mariage gay, Jean-Baptiste Doat craint qu’on arrive à « un extrémisme éthique qui serait la conséquence directe d'une négation de la nature ». La « conservation de l’espèce » aussi bien que le « patriotisme » exacerbé, le retour à l’ordre moral ou encore l’« authenticité » (thèmes de prédilection du MPF) ne datent pas d’hier. Au MPF, on veut que la nouvelle herbe pousse mais avec les mêmes racines. N’est-ce pas celà aller contre nature...?
Commentaires