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Rien n’y fait. Malgré les sondages qui ne le créditent que de 3 à 4 % des voix pour 2007, Philippe de Villiers, à quelques jours de rejoindre la maison louée par son frère sur l’île de Ré, se veut résolument optimiste. « Aujourd’hui, assure-t-il, seuls 16 % des Français savent que je suis candidat, contre plus de 90 % pour Sarkozy, Royal et Le Pen. Lorsque je rencontre des sympathisants dans la rue, ils me disent : “Ah bon, vous êtes candidat ? On ne le savait pas”. » Et de poursuivre : « C’est la même chose pour mon livre (“les Mosquées de Roissy”). On me dit : “Vous en avez vendu 100 000 mais vous n’avez pas gagné un point dans les sondages.” C’est oublier que la médiatisation dont j’ai bénéficié n’est rien à côté de celle de Sarkozy. Comment voulez-vous qu’en étant présent tous les trois jours, et sans contradicteur, au journal de 20 heures, Sarkozy ne fasse pas 30 à 35 % dans les sondages ? La vraie campagne remettra tout le monde à égalité. Et c’est dans la dernière ligne droite, comme toujours, que les choix définitifs se cristalliseront. » Pas de quoi s’inquiéter, donc ? « Jamais depuis 1981 (Giscard : 28,3 % ; Mitterrand : 25,8 %), les deux candidats du second tour n’ont dépassé, ensemble, les 20 % au premier, constate Jérôme Fourquet, directeur des études politiques de l’Ifop. Malgré les réflexes de “vote utile”, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal risquent fort de perdre des plumes d’ici 2007. Le tout est de savoir dans quelle proportion et au profit de qui… »
Un livre “programme” à la fin de l’année.
« Le casting plaide en ma faveur, avance Villiers. 1. Villepin ne pouvant plus se présenter, il n’y aura qu’un seul candidat UMP : Sarkozy, qui est loin de faire l’unanimité dans son propre camp ; 2. Bayrou ayant viré à gauche ne pourra profiter de sa posture de “rebelle” au sein de l’électorat de droite ; 3. Le Pen incarne le passé, alors que j’incarne l’avenir. » C’est donc dans son escarcelle, espère-t-il, et non dans celle des présidents de l’UDF et du FN, que se tourneront, le moment venu, les futurs « déçus du sarkozisme ». En cause, selon Villiers, la « chiraquisation de Sarkozy ». « Le masque est en train de tomber, estime-t-il. Sur l’islam, la double peine, le CPE, les sans-papiers, le droit de vote pour les immigrés ou le mariage homosexuel, Sarkozy, dans les faits, c’est la même fausse droite que Giscard et Chirac. De plus en plus d’électeurs, séduits à l’origine par son discours de rupture, commencent à s’en rendre compte. » Plus nuancé, Jérôme Fourquet fait cependant état, lui aussi, d’« interrogations » au sein de l’aile droite sarkoziste : « sur le CPE, nombre de sympathisants UMP ont regretté la “capitulation” de leur champion. Idem sur l’immigration, où certains le jugent pas assez ferme ». Reste que la décrue – si elle a lieu ! – de l’électorat sarkoziste ne profiterait réellement à Villiers que s’il parvient à s’imposer comme l’aiguillon, voire le recours, d’une partie de ces orphelins de la « vraie droite » – son ancrage pour 2007. Le Vendéen en est si conscient que c’est à eux qu’il devrait prioritairement s’adresser lors de son discours de rentrée, qu’il annonce « musclé », des 9 et 10 septembre lors des universités d’été du MPF. Si les détails de son programme – qui fera l’objet d’un livre à paraître à la fin 2006 – ne sont pas encore finalisés, une chose est sûre : c’est sur ses points forts – ses “identifiants”, comme disent les politologues – qu’il s’appuiera pour lancer son offensive : « Les faits me donnent raison, dit-il. La France est menacée sur les quatre piliers où les Français me reconnaissent une crédibilité supérieure aux autres : la souveraineté, que je veux défendre face à l’euromondialisme ; l’identité nationale, menacée par l’islamisation ; la famille traditionnelle, que je suis le seul à vouloir promouvoir ; le monde rural, enfin, sacrifié au profit du “tout banlieue”… » Douze ans après son échec – relatif – de 1995 (4,7 %), Villiers parviendra-t-il à imposer sa “marque” en 2007 ? « Même s’il reste bas dans les sondages, il a changé de division, note Jérôme Fourquet. En 1995, il était le plus gros des petits candidats ; aujourd’hui, il est le plus petit des gros candidats. » Conséquence de sa “résistance”, jusque dans l’excès, au rouleau compresseur sarkoziste : le socle, désormais, est à la hauteur de la détermination : solide.
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