Communiqué du 10.07.2006:
(AFP) - "Je suis le champion de la vraie droite positive": le micro à la main, Philippe de Villiers parle à environ 400 militants et sympathisants du Mouvement pour la France (MPF), réunis samedi pour un déjeuner champêtre à Aix-en-Provence, sur les bords de l'Arc.
Sous les arbres, les personnes écoutent, applaudissent timidement parfois, laissent échapper quelques huées lorsque le président du MPF fustige un projet de grande mosquée à Marseille ou le projet de mariage homosexuel.
"La fausse droite, c'est celle de Sarkozy, qui se couche au premier coup de canon, qui a reculé sur le CPE, qui se laisse imposer le mondialisme et le communautarisme", poursuit Philippe de Villiers.
"Vous venez du Mouvement pour la France, de Combat pour les valeurs (l'ancien mouvement de Philippe de Villiers), de l'UMP, du FN, du MNR (...) je vous accueille avec mon coeur de patriote. D'où que vous veniez, vous êtes l'espoir de la France", lance-t-il.
A la table du président du MPF, Jacques Bompard, le maire d'Orange qui a quitté le Front national avec pertes et fracas à l'automne dernier, et Damien Bariller, ancien bras droit de Bruno Mégret au FN, désormais président du MPF des Bouches-du-Rhône.
"Je retrouve l'ambiance fraternelle du FN à ses débuts", vient de confier M. Bompard, qui dit parfaitement s'intégrer dans son nouveau parti. "Ce qui est important c'est que les choses soient dites. Au FN, on ne parlait plus de rien", ajoute-t-il.
Dans les stands qui donnent un air de fête de voisinage au rassemblement, on vend entre autres "Charles X" d'André Castelot, ou "L'Europe malade de la Turquie". (…)
Les viticulteurs sont bien présents, des chants corses et des danses provençales assurent l'ambiance.
L'assistance est plutôt sexagénaire, même si toutes les générations sont représentées. Frédéric, 36 ans, qui se réclame du gaullisme, se félicite de venir soutenir un "patriote" et de voir les drapeaux tricolores qui parsèment l'assemblée.
"Le Pen est un extrémiste. De Villiers lui a fait du travail de terrain", déclare-t-il.
Même référence gaulliste chez Alain, 67 ans, militant MPF du Var depuis deux ans, ancien électeur de Michel Debré, Raymond Barre ou Edouard Balladur. Bernard, 67 ans, est fan de Philippe de Villiers depuis 1983, et un électeur de Jean-Marie Le Pen quand son champion ne peut pas se présenter.
"Je ne sais pas s'il prendra des voix à Jean-Marie Le Pen, mais il prendra beaucoup de voix à la droite de la droite", dit-il.
En fin d'après-midi, alors que s'approche l'heure du discours politique de Philippe de Villiers, l'assistance se clairsème.
"C'est le moment de vous engager, car c'est peut-être ici que se jouera la bataille" de la présidentielle, lance Damien Bariller, qui ambitionne d'avoir un millier d'adhérents pour sa fédération départementale d'ici la rentrée.
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