Mardi 24 avril 2007
Article de Sophie HUET du Figaro:
Philippe de Villiers mise sur les élections législatives pour assurer la survie financière de son parti.
ARRIVÉ en sixième place, mais deuxième des petits candidats, Philippe de Villiers (2,23 % des voix, soit 818 645 suffrages), a aussitôt annoncé qu'il ne donnerait pas de consigne de vote en faveur de Nicolas Sarkozy au second tour. « Je ne suis pas propriétaire de mes voix. Les Français sont libres », a expliqué le président du Mouvement pour la France (MPF), qui juge les dirigeants de droite trop « frileux ». Mais son bras droit Guillaume Peltier reconnaît qu'il « ne votera jamais à gauche ». Ce qui devrait aussi être le cas d'une écrasante majorité d'électeurs villiéristes. Beaucoup ont voté Sarkozy dès dimanche, comme aux Herbiers (Vendée), fief de Villiers, où le candidat UMP est arrivé en tête (30,22 %), tandis que le président du MPF n'obtenait que 11,09 %.
Villiers s'est réjoui d'arriver devant Marie-George Buffet (1,93 %), qu'il a devancée de plus de 110 000 voix, et Dominique Voynet (1,57 %), de plus de 240 000 voix. Maigre consolation quand même pour Philippe de Villiers, qui est loin d'atteindre le score qu'il avait réalisé en 1995, près de 1,5 million des voix (4,74 %). Il n'a pas réussi à attirer à lui un nombre significatif d'électeurs de Jean-Marie Le Pen, malgré son slogan électoral « la fierté d'être français », et le ralliement de Jacques Bompard, le maire ex-FN d'Orange, au côté duquel il a tenu son dernier meeting de campagne. Le président du MPF comptait aussi rallier une part significative des déçus de l'Europe, après la victoire du non au référendum de 1995 sur la Constitution européenne.
Coincé entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, le candidat souverainiste a eu du mal à se poser en candidat d'une « droite patriotique de gouvernement », dans cette campagne dominée par les thèmes sécuritaires. « Nous avons été victimes d'un double vote utile en faveur de Sarkozy et Le Pen », analyse Guillaume Peltier, qui dénonce aussi les « sondages inacceptables » qui créditaient Villiers de 1 à 2 % des intentions de vote. « Cela ne donnait pas envie de voter pour lui » dénonce le directeur de campagne.
« Une campagne de smicard »
Résolument optimiste, Guillaume Peltier souligne pourtant que le MPF est passé de 8 000 à 25 800 adhérents en quatre ans, et que le potentiel électoral du parti souverainiste a été « multiplié par quatre » par rapport à 2002, où les candidats MPF avaient totalisé 250 000 voix aux élections législatives. « Malgré une campagne de smicard (un budget de campagne de 2,8 millions d'euros), on a tenu bon, on a fait près d'un million de voix, et on n'a pas eu recours à un emprunt bancaire », précise Peltier.
Pour se refaire une santé financière, le MPF présentera environ 500 candidats aux élections législatives. À raison de 1,60 eur par électeur et par an, la dotation annuelle versée par l'État au MPF, qui était de 600 000 eur entre 2002 et 2007, devrait être plus élevée sous la prochaine mandature. D'où l'importance capitale de ce scrutin pour la survie du MPF. Philippe de Villiers, qui est député européen jusqu'en 2009, ne devrait pas se représenter aux Herbiers (la 4e de Vendée), où son siège est détenu par une de ses proches, Véronique Besse.
par mpf48sympathisant
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