Texte Libre

                              

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Dimanche 2 avril 2006

S’il ne s’agissait que de « faire plus pour ceux qui ont moins », tout le monde serait bien d’accord. Mais la discrimination positive signifie tout autre chose : la distribution des places en fonction de critères différents du seul mérite, tenant compte par exemple du sexe, de la race, de la religion, et maintenant de la zone territoriale d’origine. Où veut-on en venir en confondant ainsi la politique sociale traditionnelle et la discrimination positive ? La confusion des mots génère la confusion des esprits, qui prépare la confusion de la société.

Dans le discours de Nicolas Sarkozy, et à vrai dire aussi dans celui du gouvernement, le glissement est patent. Proposer des « règles différenciées » pour le recrutement de la fonction publique, conduisant à la mise en place de concours spécifiques pour « les zones urbaines et les régions industrielles les plus sensibles » doit appeler la condamnation la plus ferme.

Insensé dans sa mise en œuvre – quel serait le fondement de cette discrimination prétendument positive ? –, un tel système présenterait trois graves inconvénients de principe.

D’abord, il contredirait les valeurs fondamentales sur lesquelles repose notre pacte institutionnel et social : l’égalité des citoyens, l’ouverture des dignités, les places et emplois publics en fonction des seules capacités, la subordination des distinctions sociales à l’utilité commune.

Ensuite, la discrimination positive, conduit, si elle est appliquée à grande échelle, à une société cloisonnée comme à une économie moins efficace. Certes, on peut accepter des dérogations à la marge – par exemple en faveur des handicapés – grâce à la richesse aujourd’hui acquise par notre pays. Mais on ne peut pas tolérer des violations généralisées des principes mêmes qui ont produit cette richesse.
Enfin, les nouveaux critères de la discrimination positive, définis selon la seule appréciation politique du moment, ouvriraient la voie à l’arbitraire. Les citoyens perdraient confiance en la neutralité de l’État, et le rideau tomberait sur la société politique de liberté. Pourtant, nous dit-on encore, nous avons essayé pour les banlieues tous les remèdes classiques, et aucun ne marche. Pourquoi ne pas tenter quelque chose d’inédit ? Je récuse cet argument.

On ne peut pas proclamer si vite la faillite du système républicain, fondé sur l’égalité des droits, l’assimilation à la société d’accueil, la nécessité de l’effort… D’abord, les autres systèmes, communautarisme ou tolérance illimitée, sont en faillite là où ils ont été appliqués. Et, surtout, ce qui a dominé en France en matière d’immigration pendant les trente dernières années, c’est plutôt une politique de « laisser faire, laisser passer ». On connaît le résultat.

Il faut maintenant changer de méthode, mais certainement pas pour foncer tête baissée dans la discrimination positive, qui serait en réalité une discrimination négative au détriment des Français. Il faut remettre à l’honneur les principes d’assimilation et d’allégeance à nos lois, sans lesquels il n’y aura aucune issue, ni pour les immigrés ni pour la société française.
Il n’y a pas d’avenir pour la France hors les deux politiques suivantes : une politique d’immigration zéro et une politique d’assimilation pour faire aimer la France.

Philippe de VILLIERS
Président du Mouvement Pour la France

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Dimanche 2 avril 2006

Tribune de Paul-Marie COUTEAUX, député MPF au Parlement Européen, parue dans le magazine "Valeurs Actuelles" n° 3618 du 31.03.2006.

On se demande pour qui se prend M. de Villepin. Voilà un homme qui, sous prétexte qu’il est premier ministre, se comporte comme s‘il était autorisé à prendre des décisions – et s’imagine même qu’elles sont démocratiques – parce qu’elles sont approuvées par le Parlement ! Car, dans une démocratie vraiment moderne, les élus n’ont qu’un droit, celui de négocier avec les hiérarchies syndicales (et encore, sur les bases qu’elles ont fixées), et que l’exécutif exécute !
Qu’on nous parle des pouvoirs légitimes : les juges, d’autant plus démocratiques qu’ils sont indépendants ; les médias, qui savent si bien organiser des manifestations de masse pour faire vivre la démocratie ; les syndicats, qui représentent d’autant plus aisément le peuple qu’aucun n’est encombré de masses d’adhérents (les cinq organisations les plus représentatives réunissent ensemble 8,2 % des salariés, ce qui leur laisse les mains libres) ; ou ces eurocrates de Luxembourg, Bruxelles ou Francfort, si loin du pouvoir personnel, si discrets qu’on ne connaît même pas leur nom. Voilà de bonnes gens, à côté de ces autocrates dont le despotisme peut aller jusqu’à réformer le saint Code du travail !
Celui qui a le mieux compris la démocratie moderne, c’est encore M. Julliard, frais jeune homme que les médias nomment si unanimement “porte-parole” des étudiants qu’il a négligé de présenter son organisation, l’Unef, aux élections des œuvres universitaires. En général, de toute façon, la participation n’y dépasse pas 5 %, les étudiants étant bien trop occupés à donner des leçons de démocratie au “gouvernement” pour se soucier d’aller voter. Ce ne sont pas les urnes qui tranchent, tout de même – surtout quand elles décident de lever les blocages des facs, inadmissible atteinte au mouvement populaire.
Désormais, ce sont les radios et les télés qui organisent les mouvements sociaux, appellent aux manifs, indiquent le parcours : un vrai service public. N’allez pas croire qu’elles ont quelque chose à voir avec l’État, nous ne sommes pas chez M. Loukachenko ; on ne sait quelle pression gouvernementale a poussé un journaliste aux ordres à évoquer une vague manifestation pro-CPE – après qu’elle ait eu lieu, en sorte que, comme on n’en avait jamais entendu parler, il n’y avait pas grand monde… Quant à ceux qui iront jouer dans la grande maison au bout du jardin de l’Élysée, c’est tout décidé : on n’hésite plus qu’entre Ségolène et Nicolas…
« Quand le désordre s’empare de la cité, dit Cicéron, il ne reste pour ramener la paix civile que les mots. » Nous sommes loin du compte, car le mot démocratie n’est pas le seul qui ait perdu son sens, au point de désigner l’omnipotence des corporations, le pouvoir du peuple par le peuple se nommant désormais “populisme”.
Renversement de sens à peu près général, quand le patriotisme est devenu une maladie, la République une bourse aux négociations, la représentation nationale une chambre d’enregistrement de décisions prises à l’étranger (au point qu’un député, pour tenter d’exister encore, en est réduit à faire la grève de la faim), quand le mot étranger est interdit et le mot national lui-même suspect, quand le cœur même de toute politique, la souveraineté (de l’État face aux féodalités, de la nation face aux hégémonies) est tenue pour extrémiste, et factieux les candidats à la présidence de la République qui veulent la rétablir, c’est-à-dire donner un peu de pouvoir au… pouvoir ! Quand les mots ont perdu leur sens, autant se taire : on verra plus tard.

Paul-Marie Coûteaux

( Tribune en ligne sur le site internet de Valeurs Actuelles)

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Dimanche 2 avril 2006

La lettre du mois de mars 2006, de Patrick Louis, député MPF au parlement Européen est disponible en cliquant sur la photographie ci-dessous.

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