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Jeudi 16 mars 2006

Article du journal "Le Figaro":

Sophie Huet
16 mars 2006, (Rubrique France)
 
MPF. Depuis la campagne référendaire, la cote de popularité de Philippe de Villiers a consi dé rablement augmenté chez les ou vriers (44%) alors qu'elle a fortement baissé chez les cadres supérieurs (18%). Au moment des élections européennes de juin 2004, Villiers avait 42% de bonnes opinions chez les cadres, et 28% seulement chez les ouvriers. Cette modification de l'électorat vil liériste a été ana lysée à partir de 23 vagues d'enquêtes du baromètre Ifop/ Paris-Match réalisées entre octobre 2003 et mars 2006. «Sous une apparente stabilité de l'électorat du MPF, un mouvement profond s'est opéré», relève Jérôme Fourquet, le directeur des études politiques de l'Ifop. Dans un sondage Ipsos à paraître aujourd'hui dans l'hebdomadaire Le Point, Villiers est par ailleurs crédité de 7 à 8% des intentions de vote, à égalité avec François Bayrou.
 
L'enquête Ifop montre aussi que Villiers fait une percée considérable dans l'électorat FN : il est à 72% de bonnes opinions, juste derrière Jean-Marie Le Pen (76%), mais devant Marine Le Pen (67%) et Nicolas Sarkozy (62%). «Villiers est devenu le candidat du peuple. Et s'il fait une telle percée dans l'électorat FN, c'est parce qu'il est le seul porte-parole de la République contre l'islamisation de la France», souligne son bras droit, Guillaume Peltier. Dans le dernier éditorial du mensuel du FN, Les Français d'abord, Le Pen explique que l'éventuelle acqui sition par l'Iran de l'arme nucléaire présente «peu de risque». Un propos que compte bien exploiter l'équipe Villiers.
 

  (Sources: Le Figaro, article en ligne sur le site Internet du Journal ICI )

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Jeudi 16 mars 2006

Article du Journal "Le Monde" en ligne sur le site Internet du journal.

LE MONDE | 16.03.06 | 14h02  •  Mis à jour le 16.03.06 | 14h02
A 29 ans, il est le principal collaborateur de Philippe de Villiers. Son conseiller. Celui qui l'a poussé à radicaliser son discours sur l'islam et à marcher sans complexe sur les terres du Front national (FN). Persuadé que l'avenir appartient au camp "national populaire", Guillaume Peltier travaille discrètement mais fermement à changer l'image de son candidat à l'élection présidentielle. A troquer ses vêtements d'aristocrate, fervent catholique, contre ceux d'un tribun populiste.
Ses anciens amis du Front national de la jeunesse, où il a fait ses premières armes, évoquent un "jeune homme ambitieux et opportuniste". Le président du Mouvement pour la France (MPF) vante des qualités de "stratège". Ce qui le meut ? Un attachement viscéral à la nation et "un souci de justice sociale". Il affirme "détester les idéologies" et "ne se reconnaître dans aucune famille de pensée". "Je ne supporte pas l'ultralibéralisme, le mondialisme, les multinationales, lance-t-il. Une société qui ne fait pas appel aux racines, à l'ordre, à l'équilibre, est vouée à disparaître."

Etrange parcours que celui du jeune secrétaire général du MPF. "Il a toujours dit qu'il ferait de la politique. Il aime qu'on l'écoute, affirme sa petite cousine Marie-Charlotte Richard, c'est un beau parleur." Ses parents, issus de la petite-bourgeoisie, étaient babas cool avant de "se ranger" au milieu des années 1980. Au décès du grand-père paternel, en 1971, le père de Guillaume décide de quitter les bancs de Sciences Po. Dans le vent de Mai 68, il retape une ferme en Touraine avec sa future femme et monte un groupe de musiciens. Devenus parents, ils s'installent dans un HLM à Paris. Elle est laborantine, lui crée une petite entreprise de plomberie. Pendant les vacances, ils sillonnent la France avec leurs deux enfants : "Ils font de la musique et chantent. En échange, on nous offre l'hébergement."

En 1981, Stéphane et Anne Peltier "applaudissent la victoire de François Mitterrand". Mais ils font aussi "partie des premiers déçus du socialisme". Le père est au chômage, ne le supporte pas et tombe gravement malade - la famille craint le pire. Un traumatisme pour le fils, alors âgé de 11 ans. Finalement, Stéphane Peltier guérit et retrouve un travail. "C'est à cette époque que mes parents sont devenus catholiques pratiquants", raconte leur fils. Lui ne trouvera la foi, "tout en restant plutôt anticlérical", que plus tard, à la suite de longues discussions avec la mère de Marie-Charlotte, pendant les vacances d'été, dans la maison du grand-père maternel, sur l'île de Ré.

Ce cheminement l'amène en terminale à créer des soupes populaires avec une bande de copains. En khâgne, au lycée Lakanal, il se passionne pour l'histoire et prend goût aux joutes oratoires. Le soir, il organise des conférences dans des bistrots pour parler du "nécessaire engagement dans la cité, au service du bien commun" auprès des plus pauvres. C'est au cours de l'une de ces conférences qu'il rencontre celle qui deviendra sa femme. En 1996, il fonde le JAC (Jeunesse-Action-Chrétienté), un mouvement de jeunes chrétiens qui se mobilisent contre le pacs, la pilule du lendemain et la contraception à l'école.

Mais Guillaume Peltier ne se satisfait pas de cet engagement associatif et du syndicalisme étudiant - il milite à l'UNI (Union nationale interuniversitaire). Il cherche une expression politique à son action. Lors des campagnes électorales, il hante les meetings de gauche comme de droite, s'arrête au FN : "Ce parti représentait ce que je cherchais, un espoir pour les classes populaires." Le "beau parleur" trouve en Jean-Marie Le Pen son maître. Il prend sa carte au Front national de la jeunesse (FNJ). Philippe Rouger, alors assistant du directeur du FNJ, Samuel Maréchal, se souvient d'un "garçon ambitieux" sans "corpus doctrinal établi". "On l'a vu débarquer avec sa belle petite gueule, raconte M. Rouger, c'était un garçon brillant. Un passionné de foot, supporteur du Paris-Saint-Germain. Toujours accompagné de trois ou quatre personnes pour qui il était une sorte de gourou. Il a été estomaqué par notre formation vidéo et en a beaucoup profité."

Il apprend à faire des tracts, s'entraîne à répondre à des entretiens, à argumenter. Bon élève, il sort major de l'université d'été 1998 du FNJ, puis se distingue en faisant un discours en alexandrins en réunion. Samuel Maréchal en fait un de ses adjoints. Pas pour longtemps.

La bataille fait rage au FN entre Bruno Mégret, le délégué général, et Jean-Marie Le Pen. Quand Bruno Mégret et ses lieutenants quittent le parti pour créer le Mouvement national républicain, il les suit. Six mois plus tard, Guillaume Peltier cherche à nouveau un port d'attache. Il rencontre notamment Charles Millon alors président de La Droite.

Titulaire d'un capes d'histoire, il est affecté en 1999 à Joinville, en Haute-Marne, puis à Epernay, dans la Marne. Des amis lui présentent Guillaume de Villiers, l'aîné des fils de Philippe. Le courant passe entre les deux hommes, un repas est organisé avec le président du MPF, qui traverse alors une phase difficile - il vient de mettre fin à l'aventure du Rassemblement pour la France et de se séparer de Charles Pasqua.

"C'est un dîner de franchise, raconte Guillaume Peltier. Philippe de Villiers discute action politique. Je lui dis ce qui ne va pas : il n'a jamais voulu rompre avec la majorité et n'a pas créé d'appareil politique, il manque de cohérence dans son action."

Aux municipales, à Epernay, 28e sur la liste divers droite, il échoue. Peu lui chaut. Philippe de Villiers le met au défi de rassembler 100 jeunes à Paris, il en réunit sans difficulté 200. Nommé président du Mouvement des jeunes pour la France au printemps 2001, le professeur se met en disponibilité de l'éducation nationale. Deux ans plus tard, il devient secrétaire général du MPF.

Une ascension qui ne se fait pas sans heurts. Nicole Thomas-Mauro, une des proches de Philippe de Villiers, est passée à l'UMP et Marie-Laure Buisson, directrice de la communication, a vivement claqué la porte. A propos du jeune Guillaume, elles parlent d'une "ambition débordante", dénoncent des "méthodes frontistes". Depuis, "il a su mettre des rondeurs", assure l'avocat Alexandre Varault, membre du bureau national. Reste que le virage à droite n'est pas assumé par tous.

Le succès de la campagne de Philippe de Villiers au référendum sur la Constitution européenne, dont il était le directeur, a amené la confiance. Parce qu'il sait qu'il sera aussi jugé sur ses succès électoraux, Guillaume Peltier a décidé de s'implanter à Tours, une ville dirigée par le socialiste Jean Germain depuis 1995. Il y a installé sa femme et ses deux enfants. Des amis l'ont rejoint et travaillent déjà aux futures élections municipales.

Christiane Chombeau
Article paru dans l'édition du 17.03.06
(Sources: "Le Monde". Article actuellement en ligne sur le site du Journal "Le Monde" : ICI)
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