Jeudi 9 février 2006
Invité de Jean-Michel Aphatie ce matin sur RTL, Luc Ferry le philosophe et ancien ministre de l'Education nationale s'est montré particulièrement lucide sur la crise actuelle au sujet des caricatures.
J-M Apathie: Une autre crise, devant nos yeux : elle est nettement plus importante, celle-là. Ce sont ces foules musulmanes qui défilent, un peu partout dans le monde musulman, pour protester contre les caricatures. Comment regardez-vous cette crise, Luc Ferry ?
L. Ferry: Je trouve cela terrifiant. C'est-à-dire qu'on a maintenant des leaders politiques de premier plan, dans le monde musulman, qui affichent carrément, comme objectif, la destruction d'Israël. On a des foules qui font l'amalgame entre un journal, un gouvernement : "A mort le Danemark !", on entendait, hier. Enfin, toute la population de l'occident est coupable.
On a, au fond, quelque chose d'effrayant qui est, quasiment, l'équivalent de la montée du nazisme, peut-être même en pire, parce que plus nombreux, et avec des objectifs à peu près comparables. Avec une haine qui s'affiche à tout bout de champ. Et nous sommes là, à discuter des limites de la liberté d'expression. Et nous sommes là, notamment à droite, entre une arrogance qui essaie de mettre en place un discours positif dans l'école sur la décolonisation, ce qui est complètement idiot, et la culpabilité : ce qui est encore plus bête, d'un jour de repentance sur l'esclavage. Je trouve cela d'une absurdité totale. Et je pense que face à cet équivalent - encore une fois, dans les années 30 - de ce que fut la montée du nazisme, notre repentance, notre culpabilité, "le sanglot de l'homme blanc", comme disait Bruckner, pour moi, c'est l'horreur. C'est-à-dire, c'est, à la fois, la mollesse et la bêtise.
J-M Apathie: Une autre crise, devant nos yeux : elle est nettement plus importante, celle-là. Ce sont ces foules musulmanes qui défilent, un peu partout dans le monde musulman, pour protester contre les caricatures. Comment regardez-vous cette crise, Luc Ferry ?
L. Ferry: Je trouve cela terrifiant. C'est-à-dire qu'on a maintenant des leaders politiques de premier plan, dans le monde musulman, qui affichent carrément, comme objectif, la destruction d'Israël. On a des foules qui font l'amalgame entre un journal, un gouvernement : "A mort le Danemark !", on entendait, hier. Enfin, toute la population de l'occident est coupable.
On a, au fond, quelque chose d'effrayant qui est, quasiment, l'équivalent de la montée du nazisme, peut-être même en pire, parce que plus nombreux, et avec des objectifs à peu près comparables. Avec une haine qui s'affiche à tout bout de champ. Et nous sommes là, à discuter des limites de la liberté d'expression. Et nous sommes là, notamment à droite, entre une arrogance qui essaie de mettre en place un discours positif dans l'école sur la décolonisation, ce qui est complètement idiot, et la culpabilité : ce qui est encore plus bête, d'un jour de repentance sur l'esclavage. Je trouve cela d'une absurdité totale. Et je pense que face à cet équivalent - encore une fois, dans les années 30 - de ce que fut la montée du nazisme, notre repentance, notre culpabilité, "le sanglot de l'homme blanc", comme disait Bruckner, pour moi, c'est l'horreur. C'est-à-dire, c'est, à la fois, la mollesse et la bêtise.
Ecouter l'entretien sur le site de RTL
par mpf48sympathisant
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