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Mardi 29 janvier 2008

Le Professeur Didier Maus, président émérite de l'Association française de droit constitutionnel, rompt ici le tabou de la ratification en cours par le Parlement français du traité de Lisbonne, recyclant à 98% le contenu de la Constitution européenne rejetée démocratiquement il y a deux ans.


 


La signature, le 13 décembre 2007, du traité de Lisbonne sur l'Union européenne conduit à soulever une question constitutionnelle : le Parlement peut-il désavouer le peuple ? Les données du problème sont simples et connues :

1.- Par le référendum du 29 mai 2005, le peuple français a refusé la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ;

2.- Le traité de Lisbonne, dont chacun reconnaît qu'il reprend l'essentiel du traité de Rome, constitue une étape très significative du « processus d'intégration européenne » ;

3.- Dans ces conditions, que l'on soit favorable ou défavorable au traité, peut-on passer outre à la décision du peuple de mai 2005 en l'annulant par un vote du Parlement ?

Dans la France contemporaine, le référendum de 2005 est le troisième référendum négatif . Après le référendum du 5 mai 1946, une nouvelle Assemblée constituante a été élue et un nouveau référendum, le 13 octobre 1946, a permis d'adopter la Constitution de la IVe République. Le 27 avril 1969, le peuple français a rejeté le projet présenté par le général de Gaulle à propos de la régionalisation et d'une réforme du Sénat. Le résultat a entraîné, dans les heures qui suivirent, la démission du président de la République. De ce fait, cette réforme est restée lettre morte. La ratification du traité de Lisbonne par le Parlement, suite à un échec référendaire, consisterait donc une première.

D'un strict point de vue constitutionnel, la procédure normale de ratification d'un traité relève du Parlement. Ce n'est que lorsque le traité, sans être contraire à la Constitution, est susceptible d'avoir des conséquences sur les institutions que le président de la République peut demander l'accord du suffrage universel.

Le référendum du 20 septembre 1992 sur le traité de Maastricht était fondé dans la pensée de François Mitterrand sur les conséquences des évolutions politiques et juridiques contenues dans le traité. Un raisonnement identique avait conduit Jacques Chirac à décider le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel.

Le traité de Lisbonne contient non seulement d'importants aménagements et renforcements des politiques sectorielles de l'Union européenne, notamment en matière de justice et de sécurité intérieure, mais reprend les innovations les plus significatives de l'évolution prévues par le traité constitutionnel de 2004 et adopte, même si le lien est moins apparent, la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il y aurait donc toutes les raisons de prolonger les raisonnements de 1992 et 2005 et demander au peuple français d'approuver le nouveau traité. Prétendre que ce traité, sous prétexte qu'il comprend désormais un traité de l'Union européenne et un traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, serait un « minitraité » ou un « traité simplifié » relève d'une erreur d'analyse et d'un abus de vocabulaire. Pour éviter de multiples consultations, le référendum pourrait être organisé en même temps que le premier tour des élections municipales, le 9 mars prochain.

À partir du moment où le traité de Lisbonne n'est pas substantiellement différent de celui de 2004, demander au Parlement de désavouer le peuple aurait un double inconvénient : amoindrir la confiance des Français dans leur système politique et constitutionnel ; enfermer l'Europe politique dans le cénacle des spécialistes et lui refuser une véritable légitimité démocratique.
Un nouveau référendum pourrait être à nouveau un grand moment de débat démocratique. Aux partisans du oui d'être convaincants.

Didier Maus, Conseiller d'Etat, est Professeur associé à l'université de Paris I - Rapporteur général de la commission des archives constitutionnelles de la V République


Publication originale : Le Figaro, 21 janvier 2008
par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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Samedi 26 janvier 2008
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Vendredi 25 janvier 2008
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Mardi 22 janvier 2008

Compte rendu analytique officiel
SEANCE DU MARDI 15 JANVIER 2008
MODIFICATION DU TITRE XV DE LA CONSTITUTION 
Mme Véronique Besse – « Le peuple français ne veut pas que l'on pense à sa place, le peuple français ne veut pas que l'on décide à sa place ». Ainsi s’exprimait le Président de la République le 16 mai 2007, lors de sa prise de fonction, avant d’ajouter : « Le 6 mai a consacré une seule victoire : celle de la France qui ne veut pas mourir ». Or, en signant le 18 octobre dernier le traité de Lisbonne, le Président de la République a signé la condamnation, à terme, de la France en approuvant un traité de 256 pages qui « recycle » la quasi-totalité des 448 articles de l'ancien projet et en reproduit la complexité, la rigidité et le déficit démocratique.

Les promesses n'ont donc pas été tenues : sur la forme, on balaye purement et simplement l'expression du peuple lors du référendum sur le traité constitutionnel, entamant une nouvelle tentative de relance de la construction européenne sans consentement populaire, donc sans véritable légitimité politique. Il est une règle en démocratie : la souveraineté du peuple ; ne pas la respecter constitue un véritable déni de démocratie. La parlementaire que je suis n’a pas reçu mandat du peuple pour modifier par voie parlementaire le transfert de la souveraineté de la France, c'est-à-dire son déclassement en simple circonscription administrative de l'Europe.

Quant au fond, ce traité n'est qu'un avatar sommairement déguisé du projet de traité constitutionnel. Le nouveau traité adopté sans référendum que Nicolas Sarkozy avait défendu de manière convaincante au cours de la campagne présidentielle devait être un « texte simple » reprenant les seules dispositions de la première partie de l'ancien projet constitutionnel ; mais le nouveau traité ne correspond en rien à cette description. Il s’agit d’une constitution remaquillée, qui préserve les mécanismes supranationaux rejetés par plus de 54 % des Français et, pire encore, donne naissance à un État en devenir, doté de la personnalité juridique, qui permettra aux institutions de l'Union de se substituer aux États sur la scène internationale.

En outre, la supériorité des lois européennes sur les lois nationales, même constitutionnelles, signifie que ni l'énergie d'un président de la République, ni la volonté d'un gouvernement soutenu par une majorité à l'Assemblée, ni même la Constitution française ne peuvent plus s'opposer à des actes européens qui leur seraient contraires. La Cour de justice se voit conférer un pouvoir extraordinaire qui fait d’elle le juge suprême des droits et libertés fondamentaux ; soixante-huit nouvelles compétences passent sous la haute main de la commission de Bruxelles ; le futur ministre des affaires étrangères sera doté de véritables services diplomatiques destinés à évincer la politique étrangère des États. Enfin, l'absence de limitation géographique laisse la porte ouverte à la Turquie.

De plus, les parlements nationaux deviennent des coquilles vides ne conservant que le droit de protester, tandis que le Parlement européen est censé représenter non plus « les peuples des États », mais un peuple européen parfaitement mythique. Des parlements nationaux sans pouvoir, un parlement européen sans peuple : c'est la démocratie qu'on assassine ! Voilà ce que l’on pourrait appeler la Constitution malgré nous. Joli tour de passe-passe !

À mes yeux, fonder la relance de la construction européenne de manière solide et démocratique exige de l'enraciner dans les peuples d’Europe, ce qui suppose de restituer aux démocraties nationales des pouvoirs plus clairs en conférant à chaque peuple le droit de dire non à une politique qu'il ne veut pas. Car le rejet de la constitution européenne, loin de se réduire à l’expression de mauvaise humeur de deux peuples isolés, reflétait plus largement le refus d'une Europe fondée non sur les nations, mais sans elles, voire contre elles, contre leurs identités, leurs valeurs, leurs droits – contre tout ce que l’Europe a pour mission de protéger, tout ce qui constitue sa raison d'être. L'heure viendra où nous devrons rendre des comptes aux Français.

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Samedi 19 janvier 2008

 Philippe de Villiers dans son bureau au conseil général. 2008 sera l'année de ses 20 ans de présidence.

Entretien. Le président du conseil général ne s'était pas exprimé depuis l'élection présidentielle. Philippe de Villiers rompt le silence et ouvre ses dossiers de rentrée.

On ne vous a pas beaucoup vu depuis la présidentielle. Étiez-vous déçu par votre résultat en Vendée (1) ? Comment abordez-vous 2008 qui sera l'année de vos 20 ans de présidence du conseil général et des 30 ans du Puy du Fou?

Depuis 20 ans, les Vendéens disent qu'ils ne me voient pas assez. Ma passion de créateur, c'est le Puy du Fou, une entreprise de rêve, une communauté humaine extraordinaire. Ma passion d'homme public, c'est la Vendée. Mon lien avec les Vendéens est bien plus fort qu'un résultat électoral. En 20 ans, la Vendée a retrouvé la fierté d'elle-même. A propos de la présidentielle, je crois que beaucoup de gens pensent Villiers et votent Sarko. J'ai circulé en Vendée cet été et retrouvé ce bureau du conseil général où je suis tôt le matin et souvent tard le soir. Mon rôle, c'est d'imaginer la Vendée de demain. Passer la surmultipliée pour en faire un département ultramoderne, accessible, offrant emploi et qualité de vie à chacun.

Le conseil général fait sa rentrée jeudi et vendredi. Quelles sont vos priorités ?


Accélérer les travaux routiers. Nous lançons un plan 2008-2018 qui prévoit le contournement de 50 agglomérations, des nouvelles routes (Saint-Jean-de-Monts Challans), l'amélioration des grands axes est-ouest nord-sud... Nous passerons de 300 km de deux fois deux voies à 500. Deux dossiers restent à débloquer : l'autoroute Fontenay-La Rochelle-Rochefort et un nouveau franchissement de La Loire pour faciliter l'accès au futur aéroport de Notre-Dame des-Landes. Je demande au gouvernement de soumettre ce projet au comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire. Côté rail, l'arrivée du TGV le 14 décembre 2008 mettra Les Sables-d'Olonne à 3 h 15 de Paris.

Autre priorité : l'habitat. 75% des Vendéens sont propriétaires de leur logement. Un record de France. Mais on doit aller plus loin. Nous aiderons davantage les familles à accéder à la propriété.

En matière d'environnement, la Vendée sera exemplaire. Nous aiderons les communes à développer chauffage collectif au bois, géothermie, méthanisation... Pour sensibiliser les particuliers nous allons construire, en janvier, un village témoin des énergies nouvelles aux Herbiers.

Il n'y a pas assez de places en maisons de retraite. Comment allez-vous faire ?

Accentuer l'aide à domicile : la retraite à la maison plutôt que la maison de retraite. Il faut des maisons de retraite mais de 25 places maximum. Dans le domaine de la solidarité, nous améliorons aussi l'accueil des personnes handicapées. Comme aux Herbiers (2), nous allons créer sept maisons de vingt places pour des adultes handicapés et leurs parents âgés.

On vous réclame de nouveaux collèges, comme à La Mothe-Achard (lire par ailleurs). Allez-vous donner suite ?

Nous construisons ou reconstruisons des collèges : Aubigny, La Roche, Challans. Mais nous avons actuellement 14 500 collégiens dans le public pour 16 000 places. Nous lançons un projet de collège quand nous sommes certains d'y accueillir 600 élèves. Nous n'y sommes pas dans le cas que vous évoquez.

Nous investissons aussi dans l'enseignement supérieur. Nous voulons doubler la capacité de l'école d'ingénieurs IST à La Roche et créer une nouvelle école d'ingénieurs aux Sables ou sur la côte. Enfin, nous créons un institut supérieur des métiers du vin à Mareuil et un institut des métiers du logement durable près de Luçon.

Il y a tout juste un an, un accident de car faisait 42 blessés à La Garnache. Que pouvez-vous faire pour améliorer la sécurité dans les transports scolaires?

Je m'engage à ce que tous nos cars scolaires soient équipés de ceintures de sécurité et à financer un poste d'accompagnateur, en plus du chauffeur, dans chaque véhicule, d'ici cinq ans.

Le Vendespace, cette grande salle dédiée aux événements culturels et sportifs ouvrira-t-elle comme prévu, en 2010, à Mouilleron-le-Captif ?

Oui. Et nous avons d'autres grands projets d'espaces culturels : une grande salle pour la musique classique à La Chabotterie, un espace permanent du Vendée Globe tout près des pontons aux Sables et un conservatoire naturel, une sorte d'Historial (3) bis consacré à l'environnement et à l'histoire du Marais poitevin à Luçon. Les travaux débuteront en 2010.

2008 sera aussi l'année du 6e Vendée Globe, épreuve reprise par le conseil général en 2004.

Il partira le 9 novembre 2008. Nous présenterons cette édition le 10 octobre prochain. Elle dépassera toutes les précédentes avec 26 bateaux dont 16 spécialement construits pour le Vendée Globe. On assistera à une confrontation entre des ex-vainqueurs du Vendée Globe et une nouvelle génération de skippers. Jean-Claude Killy me disait récemment que, selon le comité international olympique, le Vendée Globe est le troisième événement sportif le plus médiatique au monde après les Jeux Olympiques et le Mondial de foot.

Vos relations avec la Ville de La Roche et la Région, qui sont à gauche, sont souvent tendues. Peuvent-elles s'améliorer ?


Moi, j'avance avec ceux qui veulent avancer. Mais quand des gens ne veulent pas, j'avance quand même. La Roche aurait intérêt à travailler davantage avec nous. J'aime cette ville et je regrette qu'elle ne soit pas plus dynamique et ambitieuse. La Région est, elle, davantage tournée vers les grandes villes (Nantes, Angers, Le Mans) que les départements ruraux. Je le déplore.

Propos recueillis par

Philippe COCHEREAU.

(1) Philippe de Villiers s'est présenté deux fois à la présidentielle. En 1995, il devançait tous les autres candidats au 1er tour en Vendée. En 2007, il était 4e derrière Sarkozy, Royal, Bayrou.

(2) Lire aussi Ouest-France de lundi 24 septembre, en page 6.

(3) L'Historial des Lucs-sur-Boulogne est un musée dédié à l'histoire de la Vendée.
Siyrces: Ouest-France

par mpf48sympathisant publié dans : mpf48sympathisant
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