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Tout d'abord ce site n'est pas un site officiel du MPF (Mouvement pour la France) de Philippe de Villiers. Le détenteur de ce blog n'a reçu aucune autorisation pour parler ou se prononcer au nom du MPF. Les propos tenus n'engagent que le responsable du blog.

Il a été créé par un simple sympathisant de la Lozère, afin de faire connaître les idées et le programme de ce mouvement.

 


 

   

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Mercredi 2 novembre 2005

La coopération intergouvernementale seule efficace

A propos de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) que les auteurs du traité de Maastricht ont prétendu "instituer", on n'est pas réduit aux supputations ou aux spéculations : avec plus d'une douzaine d'années d'expérience, chacun peut juger des résultats en connaissance de cause.

Au nom de la PESC, l'Europe s'est jetée tête baissée dans l'imbroglio yougoslave, et elle n'en est toujours pas sortie. Après quatre ans d'une guerre civile atroce et près de dix ans d'application de l'accord de Dayton, elle n'ose toujours ni retirer ses troupes ni même fixer un terme à leur présence. Au Kosovo, sous prétexte d'arrêter un massacre, elle a déclenché un immense exode de population et pour mettre fin à un nettoyage ethnique, elle accepte de présider à un autre nettoyage de sens inverse ; au passage, elle a écrasé sous les bombes la Serbie pour lui apprendre la démocratie. A Chypre plus récemment elle a réussi, par mépris des Chypriotes grecs, et par désir de satisfaire la Turquie, à faire échouer le référendum de réunification parce qu'elle avait accepté le maintien de l'armée turque dans le nord de l'île.

La guerre d'Irak a fait éclater les divisions et le mensonge de la PESC : l'Europe n'ayant ni ne pouvant avoir de politique, ce n'est même pas à propos de celle-ci qu'on s'est disputé, mais à propos de la politique américaine.

Pourtant, le projet de Constitution européenne ne fait que poursuivre dans la ligne d'une PESC supranationale. Il dessine une politique plus "étatique", appliquée à tous les domaines des relations internationales, dotée d'une organisation nouvelle spécifique (le ministre européen des Affaires étrangères, le service européen pour l'action extérieure), prenant une autonomie plus nette par rapport aux pays membres, et leur imposant une discipline qui se veut de plus en plus serrée.

La portée de ces dispositions est encore étendue par d'autres articles du projet, notamment celui qui accorde la personnalité juridique à l'Union. Il permettrait aux institutions européennes d'exploiter complètement les nouveaux instruments de décision de la PESC, en contribuant à lui donner la stature juridique d'un acteur international à part entière.

Dès la publication du projet de Constitution, le Parlement européen n'a pas réussi à cacher ses ambitions. A l'occasion du rapport Laschet (29 janvier 2004), il revendiquait pour l'Union un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, dès qu'elle aurait reçu la personnalité juridique ; il demandait aussi d'ores et déjà que les membres de l'Union présents à l'ONU n'y défendent plus que les positions arrêtées en commun. Bien entendu, la logique du système ainsi mis en place conduirait nécessairement à la disparition des sièges permanents de la France et de la Grande-Bretagne au Conseil de Sécurité.

Au-delà de la disparition de la voix propre de notre pays, c'est clairement la mise en place d'un système nouveau qui est visée au niveau européen : un système où les démocraties nationales ne seraient plus des acteurs directs sur la scène internationale, mais seraient remplacés par un acteur collectif contrôlé par une démocratie européenne à l'enracinement faible et à la légitimité marginale.

Il faut redire que ce système se trompe à la fois sur le monde et sur l'Europe.

Il se trompe sur le monde qu'il veut enfermer dans un faux dilemme : ou bien le chaos sanglant de l'anarchie, ou bien l'ordre vertical et monolithique de la monarchie universelle, qui repose sur la négation des démocraties nationales. Il y a en réalité une troisième issue : le droit des nations dans la coopération multilatérale.

Par ailleurs, la PESC supranationale se trompe sur l'Europe. C'est une erreur de vouloir constituer l'Europe en un bloc qui se substituerait à nos nations et prétendrait usurper leur autorité. L'entreprise est vaine parce que les nations ne peuvent y consentir, en tous cas celles qui ont gardé quelque conscience d'elles-mêmes. C'est en outre une chimère dangereuse que de rêver d'une Europe-puissance qui régenterait ou co-régenterait le monde. La vocation de l'Europe n'est pas d'ajouter une hégémonie à une autre, mais de contribuer à un ordre mondial fondé sur le pluralisme et l'équilibre.

Cette vocation, ce sont, à l'évidence, les Etats membres individuellement et collectivement, qui sont les mieux à même de la remplir. Une Europe qui aurait renoncé à son aberrante prétention de les évincer ou de les effacer aurait néanmoins un rôle utile à jouer : favoriser leurs efforts et seconder leur action.

Ce serait à la France, en tous cas, de proposer cette ambition à l'Europe et à ses partenaires, de leur en indiquer le chemin et de leur en montrer les exigences.

Les propositions du MPF sont (Programme éléctions européennes 2004):

1. Orienter l'Europe vers le service d'un ordre mondial multilatéral : en premier lieu, dans ses déclarations et ses actes, elle doit mettre à l'honneur les principes et les buts énoncés dans la Charte des Nations Unies et elle prendrait soin de se conformer aux procédures prévues par le droit international ; notamment, elle doit s'abstenir, sauf cas de légitime défense, de recourir à la force ou à la menace de la force à moins d'y être dûment autorisée par le Conseil de Sécurité.

2. Poser en principe que l'Europe ne peut pas défendre à l'extérieur un ordre international fondé sur le respect des souverainetés nationales et développer à l'intérieur un ordre européen fondé sur le mépris des souverainetés nationales. Une action de l'Europe sur la scène internationale ne peut donc résulter que de la coopération intergouvernementale régie par la règle de l'unanimité.

3. Améliorer dans ces conditions le caractère intergouvernemental de la PESC, qui conditionne son efficacité, en accroissant le rôle joué par les institutions représentatives des volontés nationales : le Conseil délibérant à l'unanimité, et les Parlements nationaux. Le Conseil peut seul avoir une vue d'ensemble des politiques menées à l'extérieur : PESC, politique commerciale, aide au développement. Le Haut Représentant de la PESC (que la Commission voudrait transformer en ministre des Affaires étrangères - Vice-Président de la Commission) doit demeurer l'émanation du Conseil. Les Parlements nationaux ne doivent pas être dépossédés du contrôle de la PESC au profit du Parlement européen.

4. Recourir à toutes les souplesses de la géométrie variable pour surmonter les blocages paralysants que pourrait entraîner l'exigence d'unanimité entre un trop grand nombre d'Etats.

5. Habiliter le Conseil à conférer un mandat à un ou plusieurs Etats membres dans le cadre d'une action commune.

6. Financer la PESC, non pas sur le budget communautaire, mais par des cotisations des Etats alimentant de manière transparente des opérations déterminées.

7. Considérer comme un atout pour l'ensemble de l'Europe le fait que certains de ses Etats membres bénéficient d'un statut privilégié au sein de la communauté internationale : c'est particulièrement vrai pour le siège permanent dont disposent deux d'entre eux au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

8. Convenir que l'Union européenne ne peut accueillir un Etat qui, comme la Turquie, se trouve en violation du droit international depuis des décennies en raison de son occupation militaire du territoire d'un autre Etat qui, de surcroît, est récemment devenu membre de l'Union.

par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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Jeudi 20 octobre 2005

Ne pas laisser croire à l'accueil sans limites

L'immigration connaît depuis quelques années une augmentation phénoménale dans l'Union européenne. En 2001, selon un rapport de l'OCDE, l'Europe des Quinze a accueilli 1,7 million de migrants réguliers supplémentaires, auxquels il faut ajouter 400000 demandeurs d'asile ainsi qu'un flux annuel de migrants clandestins évalué à 500000 par la Commission. L'Europe est devenue l'une des premières terres d'accueil de l'immigration dans le monde, loin devant les Etats-Unis et le Canada.

Ces phénomènes migratoires incontrôlés s'expliquent à la fois par l'instabilité planétaire croissante, la disparition d'Etats crédibles dans de nombreuses zones du tiers-monde, l'aggravation des inégalités de développement et la disparition des contrôles aux frontières nationales des pays d'Europe. Leurs conséquences sur l'équilibre de nos sociétés est incalculable : ils sont en train de déstabiliser l'Europe en profondeur, de transformer le peuplement de notre continent, comme annoncé par le rapport de l'ONU du 21 mars 2000 qui parle de "migrations de remplacement". Mais hélas, partout l'intégration se bloque par engorgement. On en voit de nombreux signaux alarmants, notamment une montée de l'islamisme et de la menace terroriste liée à la radicalisation de certaines populations musulmanes dans les banlieues et autour de certaines mosquées.

La mise en place d'une politique européenne de l'immigration, initiée par le Conseil européen de Tampere (15-16 octobre 1999), a largement montré ses limites. Il faut dire qu'elle souffre de deux contradictions majeures :

- d'une part le rêve fédéraliste d'un super-Etat effaçant les nations et les frontières se révèle en réalité très déstabilisant pour le contrôle de l'immigration,

- d'autre part l'unification des règles au niveau européen, telle qu'on la voit se dessiner, s'opère plutôt dans le sens le plus laxiste. Autrement dit, au lieu de nous renforcer face à l'immigration clandestine, elle a plutôt tendance au contraire à nous affaiblir, ce qui peut laisser à beaucoup un sentiment de duperie assez profonde.

Cinq ans après Tampere, l'échec de la politique commune est flagrant. Les Quinze sont radicalement divisés sur tous les sujets, incapables de s'entendre même sur des enjeux fondamentaux comme les régularisations de clandestins, certains pays comme l'Italie opérant des régularisations massives (un million de personnes en 2003), tandis que d'autres appliquent des politiques de rigueur (Allemagne, Royaume-Uni). A 25, les divisions de l'Europe vont encore s'accroître. Dès lors, dans ce contexte politique déchiré, c'est la Commission européenne, la technostructure bruxelloise, qui, jouant sur les divisions des Etats, réussit subrepticement à imposer ses vues, notamment une ouverture toujours plus grande aux flux migratoires, destinée à renouveler le peuplement de l'Europe, diluer les sentiments nationaux et construire ainsi un peuple européen dont les populations migrantes seraient l'avant-garde.

Jusqu'à présent, les Etats membres conservaient une certaine autonomie grâce au droit de veto, prévu par les traités européens jusqu'à 2004 pour leur permettre de préserver des politiques nationales d'asile et d'immigration : c'est ainsi que l'Espagne a réformé 3 fois sa loi en 5 ans, et que la France a pu adopter une nouvelle législation le 26 novembre 2003. Mais à partir de 2004, la politique d'asile et d'immigration est décidée au niveau européen à la majorité qualifiée, avec monopole d'initiative de la Commission. Les Etats perdent leur droit de veto, et progressivement leur possibilité d'appliquer des politiques nationales en matière d'immigration. Cette question va donc être traitée à Bruxelles sous l'égide de la Commission européenne qui en devient le principal acteur.

Cette orientation, que le projet de Constitution européenne aggraverait encore, va dans la mauvaise direction. Le transfert de compétences signifie que les Parlements nationaux perdront tout pouvoir sur ces questions vitales. Ils perdront même le simple droit de faire des propositions ! Ainsi, la France n'aura plus le droit de décider seule qui peut pénétrer et séjourner sur son territoire. Le Conseil des ministres européens pourra même, à la majorité, répartir les réfugiés ou leurs charges financières entre les différents pays membres, au nom du "partage du fardeau".

Cette politique est irresponsable. Si l'on veut éviter de profonds désagréments dans les temps à venir, et de profonds ressentiments entre les peuples d'Europe, il faut absolument conserver la pleine souveraineté de chaque pays sur les questions d'immigration. Il faut que chaque peuple ait la possibilité de dire "oui" à une politique commune, mais il faut aussi qu'il ait le droit de dire "non" si ses intérêts vitaux sont menacés. 

Les propositions du MPF sont:

1. Arrêter immédiatement la communautarisation des politiques d'asile et d'immigration; maintenir la compétence nationale ; exiger, dans les prochaines négociations européennes, l'inscription du compromis de Luxembourg en tête du traité, afin de pouvoir bloquer des décisions communautaires contraires à nos intérêts.

2. Maintenir des contrôles nationaux et une politique nationale aux frontières ainsi qu'une coopération pour le contrôle des frontières extérieures, telles que décrites dans la fiche 9 "Frontières" : ces contrôles permettent en effet de procéder au refoulement immédiat des immigrants illégaux, bien plus simple et plus efficace que l'expulsion tardive.

3. Renforcer par la coopération la solidarité des Etats membres, qui doivent se mettre d'accord sur des objectifs politiques et sur des actions communes, par exemple en matière de lutte contre l'immigration illégale (rapatriements organisés en commun, accords de réadmission avec des pays tiers, etc...), mais doivent aussi d'un autre côté conserver impérativement leur droit de veto, comme la possibilité d'appliquer des politiques définies par chaque démocratie nationale.

4. Devant les abus du droit d'asile, tenir vis-à-vis des pays tiers un discours sans ambiguïté : l'Europe ne peut accueillir toutes les catégories de réfugiés, y compris les réfugiés économiques ; respecter scrupuleusement la Convention de Genève de 1951, qui concerne l'asile des personnes persécutées par des Etats pour des raisons politiques, mais refuser l'extension de cette définition ; demander des aménagements pratiques de la Convention de Genève pour y introduire les notions de "pays tiers sûrs" vers lesquels les demandeurs d'asile refusés pourraient être renvoyés, et de "centres d'accueil extérieurs", pour traiter les demandes d'asile à l'extérieur de l'Union européenne.

5. Etendre la Convention Eurodac (fichier européen d'empreintes digitales des demandeurs d'asile) aux immigrants illégaux.

6. Accélérer la mise en place du Système commun d'Information sur les visas (VIS) destiné à déjouer la fraude notament par l'utilisation de données biométriques.

7. Perfectionner une politique de co-développement par une solidarité active avec nos partenaires d'outre-mer visant, non pas la simple assistance, mais la restauration de l'Etat de ces pays, et la constitution d'un tissu de PME locales ; montrer que les problèmes de développement économique ou d'instabilité politique des pays tiers doivent être résolus sur place, et ne peuvent se traduire par l'afflux de populations nouvelles ver l'Europe.

8. Favoriser le développement des pays d'origine par la réinstallation, avec une aide financière, des immigrés qui ont acquis chez nous des qualifications.

par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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Mardi 11 octobre 2005

Conserver la maîtrise de notre territoire

La suppression des frontières nationales constitue un dogme fondamental de la construction européenne : la mise en place d'un Etat fédéral passe par l'émergence d'un territoire, d'un espace européen unique.

L'accord de Schengen de 1985 et sa convention d'application de 1990, entrée en vigueur en 1995, sont les pierres angulaires de cette politique qui repose sur deux impératifs : supprimer les contrôles aux frontières nationales entre les Etats européens, et en contrepartie mettre en place une frontière extérieure effective entre l'Europe et le reste du monde. Aujourd'hui, tous les pays de l'Union européenne, sauf le Royaume-Uni et l'Irlande, appartiennent à l'espace de libre circulation Schengen.

Les conséquences de cette politique sont désastreuses. Les Etats de l'Union européenne ont renoncé par idéologie et conformisme à leurs frontières nationales, alors que la frontière extérieure européenne est largement mythique, dépourvue de toute consistance, toute réalité, toute efficacité. Les Etats européens n'ont pas additionné leurs forces, ils ont mutualisé leurs faiblesses, leurs défaillances : côtes de l'Espagne, de l'Italie et de la Grèce incontrôlables, aéroports français insuffisamment protégés, frontières terrestres poreuses entre l'Allemagne et ses voisins d'Europe centrale, etc...

Certes, quelques mesures dites "compensatoires" ont été prises : commissariats communs, équipes communes de surveillance entre les administrations des polices et des douanes de part et d'autres des frontières internes, programmes d'échanges et de formation des douaniers et des policiers, pouvoir étendu aux douaniers aux fins de contrôler les personnes dans la bande de 40 kilomètres en arrière des frontières ; de plus, la France a eu la possibilité d'utiliser la clause de sauvegarde extrêmement souple contenue dans les accords de Schengen, qui a permis de rétablir quelques contrôles sur la frontière du nord.

Mais tout cela reste insuffisant, d'autant que d'autres menaces se profilent. D'abord la Commission et le Parlement européen s'entêtent dans leur politique de communautarisation à outrance et voudraient supprimer la clause de sauvegarde de Schengen tout en faisant gérer les frontières extérieures depuis Bruxelles. De plus, suite à l'élargissement du 1er mai 2004, personne n'est vraiment préparé au contrôle de l'immense frontière extérieure orientale. Ce serait pire encore dans la grande Europe élargie annoncée par le président de la République, incluant la Turquie, dont la frontière extérieure couvrirait des étendues gigantesques, de l'Iran jusqu'à l'Océan arctique…

Les conséquences de cette politique irresponsable finissent par atteindre maintenant la vie quotidienne des Français : augmentation massive de l'immigration illégale dans toute l'Union européenne, avec 500 000 migrants clandestins supplémentaires chaque année selon la Commission européenne elle même ; explosion du trafic de drogue, notamment de cannabis en provenance du Maroc, qui empoisonne nos banlieues et nos écoles, ou d'héroïne en provenance d'Afghanistan ; développement de l'insécurité, de la délinquance et de trafics particulièrement odieux comme la traite des femmes et des enfants.

Nous pensons que ce dogme de l'abolition des frontières est désastreux pour les nations et pour l'équilibre de l'Europe. La sécurité est le premier des droits de l'Homme. Les Etats ont le devoir de la préserver. Il faut donc inverser les priorités : non plus abolir les frontières d'abord et tenter de réparer les dégâts ensuite ; mais prendre des mesures compensatoires d'abord, observer si elles fonctionnent, et ensuite seulement, le cas échéant, alléger ou suspendre certains contrôles aux frontières, sans jamais exclure a priori leur rétablissement intégral.

Les propositions du MPF sont:

1. Rétablir le principe des contrôles aux frontières nationales ; repousser énergiquement les tentatives d'abolition de la clause de sauvegarde de Schengen, telles qu'elles se dessinent dans le projet de Constitution européenne, et au contraire faire acter clairement cette clause dans les futurs traités.

2. Sur le plan pratique, ne pas instaurer de barrières infranchissables entre les pays européens, mais bien au contraire inventer des frontières modernes, protégées par des contrôles à la fois rigoureux et souples, aléatoires et non systématiques, qui éviteront de ralentir la circulation des personnes, mais exerceront un effet dissuasif considérable sur les clandestins et les réseaux criminels.

3. Approfondir les coopérations des services de police et des douanes des pays membres, de part et d'autres de chaque frontières intérieure.

4. Renforcer le principe d'une frontière extérieure commune, de manière à instaurer une double protection de l'Europe et de nos Etats contre l'immigration clandestine, le trafic de drogues, les réseaux de la grande criminalité organisée.

5. Pour cette frontière extérieure commune, refuser la gestion supranationale de Bruxelles et l'institution d'une police des frontières intégrée : pour plus d'efficacité, chaque pays doit rester responsable de ses frontières ; développer en revanche une coordination technique commune : échanges de bonnes expériences, coordination opérationnelle, formation permanente commune, compatibilité des équipements, analyse commune des risques.

6. Préserver le caractère national des services douaniers, car il est essentiel à de nombreuses missions de souveraineté, ainsi qu'à la capacité de notre pays de renforcer les contrôles à ces frontières pour défendre les intérêts vitaux de sa population.

7. Mettre en place un appui financier en faveur des pays qui, en raison de leur position géographique, exposent de lourdes dépenses pour le contrôle des frontières extérieures, dont bénéficient leurs voisins de l'Union : la solidarité européenne doit trouver ici à s'exprimer utilement.

8. Dans le cadre de cet appui financier commun, mais aussi dans le cadre national, lancer un grand plan d'action doté de moyens substantiels pour systématiser les méthodes de contrôle modernes, aidées par les techniques les plus avancées, comme les scanners pour les conteneurs de marchandises.

par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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Lundi 26 septembre 2005
La révision nécessaire des politiques européennes
L’attentat du 10 mars 2004 à Madrid a bien montré la vulnérabilité de l’Union européenne face à la menace terroriste. En fait, nous le savions depuis le 11 septembre 2001. Quelques jours après les terribles attentats qui ont frappé New-York et Washington, la présidente d'Eurojust alors en fonctions, Mme Michèle Coninsx, qui est aussi une haute magistrate belge, avait fait des  déclarations remarquables, mais hélas passées inaperçues, dans un grand quotidien parisien daté du 14 septembre. A la question: "La nébuleuse islamiste est-elle fortement implantée en Europe ?", Mme Coninsx répondait : "L'Europe peut constituer une base de repli logistique pour ces terroristes. Les frontières sont, en effet, relativement faciles à franchir à cause de l'espace Schengen".
Effectivement, la suppression des frontières nationales dans le cadre de la convention de Schengen, l’ouverture croissante de l’Europe à des flux migratoires massifs, la montée fulgurante du fondamentalisme islamiste dans les villes et les banlieues des grands Etats membres de l’Union, tous ces facteurs font du continent européen le maillon faible du monde occidental. De plus, nous tergiversons sur les mesures à prendre, alors que les Etats-Unis ont pris, dès le lendemain du 11 septembre, des décisions draconiennes pour lutter contre le terrorisme, dans le cadre du "Patriot Act".
Dans l’incapacité d’assumer des décisions effectives et d’agir sur le terrain, les gouvernements européens succombent à la tentation de la dérobade, qui consiste à faire de beaux discours sur l'Union, et à transférer à Bruxelles la responsabilité de la sécurité de leurs citoyens, aboutissant ainsi à bureaucratiser et à engluer la lutte contre le terrorisme. A la suite de l’attentat de Madrid, la seule réponse des ministres de l’Intérieur européens au défi terroriste a été de créer à Bruxelles un poste de "Monsieur terrorisme" (Conseil JAI du 20 mars 2004), dont les pouvoirs ne sont pas clairement définis. Le renforcement des pouvoirs d'Europol en matière de terrorisme représente une autre fausse piste : cet organisme, jusqu'ici ultra-bureaucratique, éloigné du terrain, spécialisé dans la production de rapports et d’études, n’a jamais prouvé la moindre efficacité malgré un coût de fonctionnement faramineux. L’idée présentée par certains fédéralistes de créer une agence de renseignement communautaire ("CIA européenne") n'est guère meilleure : les chefs d'Etat et de gouvernement l'ont d'ailleurs refusée à juste titre lors du Conseil de printemps des 25-26 mars 2004. Ils ont en effet remarqué qu'une "CIA européenne" aurait deux défauts majeurs : elle risquerait d'être un monstre bureaucratique éloigné du terrain ; et surtout elle serait un "pot commun" où tout le monde devrait verser obligatoirement des renseignements sans bien savoir où ils iraient, alors que la confiance mutuelle est indispensable sur de tels sujets entre les services.
L’efficacité de la lutte contre le terrorisme repose avant tout sur la nation, seule communauté politique suffisamment soudée et cohérente pour relever le défi de la troisième guerre mondiale. La mobilisation des outils nationaux de lutte contre le terrorisme doit donc se concevoir dans un cadre intergouvernemental, celui d’une alliance étroite entre des Etats souverains, fondée sur la confiance et la concertation permanente.
 
Les propositions du MPF sont :
 
1. Laisser aux Etats membres la possibilité de rétablir leurs contrôles fixes aux frontières nationales ; renforcer les contrôles à la "frontière extérieure Schengen" entre l'Europe et le reste du monde.
2. Organiser dans tous les Etats membres un contrôle vigilant de la délivrance des visas pour les pays de l'Union européenne ; nommer dans les ambassades et les consulats des spécialistes de la lutte antiterroriste qui devront donner leur accord avant toute délivrance de visa.
3. Rendre obligatoires sans délai, pour une application avant la fin de l'année 2004, les relevés d’empreintes sur tous les visas délivrés.
4. Favoriser les coopérations libres à géométrie variable entre les services nationaux de renseignement qui se font confiance ; dans ce cadre, organiser des échanges d'informations, avec échanges possibles de fonctionnaires.
5. Refuser l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
6. Préserver la capacité nationale de déterminer une politique d'immigration ; soumettre les naturalisations à un principe "d’assimilation", avec apprentissage de la langue et examen obligatoire d'instruction civique ; inviter nos partenaires européens à faire de même.
par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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Samedi 24 septembre 2005

COOPÉRATION POLICIÈRE ET JUDICIAIRE ( Programme du MPF)

 

Conjuguer efficacité et souveraineté

 

 

L'internationalisation du trafic de drogue et de la criminalité organisée ainsi que plus récemment l'apparition d'un terrorisme de masse, nous imposent de rechercher une meilleure coopération policière et judiciaire en Europe. Mais cet objectif est pollué par deux politiques de l'Union européenne menées pour des raisons idéologiques :

 

- d'une part l'abolition des frontières entre pays membres (dites "frontières internes") qui, par l'allègement ou la suppression des contrôles, facilite les trafics au lieu de les entraver ;

 

- d'autre part la volonté de bâtir un super-Etat unifiant tout à partir de Bruxelles sous prétexte d'efficacité, mais en réalité générant irréalisme et bureaucratie, donc inefficacité. Depuis vingt ans, les coopérations spontanément mises en place par les ministres de l'Intérieur et de la Justice se sont perfectionnées et ont débouché sur le volet "coopération policière et judiciaire" des accords de Schengen (1985), puis plus tard sur le "troisième pilier" de nature strictement intergouvernementale du traité de Maastricht (1993). Le traité d'Amsterdam a cependant donné une orientation complètement nouvelle vers la communautarisation, avec l'intégration des accords de Schengen dans les procédures de l'Union et le transfert d'une partie du troisième pilier vers le premier, assorti de votes à la majorité, droit d'initiative ou même monopole pour la Commission, juridiction de la Cour de Justice, suppression des compétences des Parlements nationaux. L'actuel projet de Constitution européenne ( nota : Ce texte a été rédigé avant le référendum du TCE)  irait encore plus loin en supprimant les piliers et en communautarisant la coopération policière et judiciaire qui échapperait de plus en plus aux Etats membres, et serait pour l'essentiel confiée à l'initiative de la Commission européenne. Cette démarche engendre une grande confusion. La Commission n'a aucune compétence professionnelle dans ce domaine, et voit trop souvent les actions à mener avec les lunettes de l'idéologie. De plus, l'abolition des contrôles aux frontières entraîne un tel laxisme que plus personne ne parvient à reprendre le contrôle de la situation. Il en découle trois effets pervers profondément négatifs :

 

- l'affaiblissement des souverainetés nationales, alors que sur les sujets sensibles de police et de justice, il est essentiel que chaque Etat garde la haute main sur la cohérence de son droit et la protection des intérêts de ses citoyens ;

 

- l'affaiblissement de la sécurité, car les administrations nationales qui ont depuis longtemps l'expérience du terrain, comme celle de la coopération européenne, voient leurs compétences amenuisées, et ont tendance à perdre pied ;

 

- l'affaiblissement de la démocratie, car la communautarisation fait perdre aux Parlements nationaux leur compétence de contrôle, et la donne au Parlement européen, alors que celui-ci n'est pas une assemblée adéquate pour suivre ces questions. Il faut au contraire construire une Europe de la coopération policière et judiciaire bien contrôlée par les Etats et leurs Parlements, afin qu'elle demeure concrète et proche des citoyens. Il faut s'appuyer sur les systèmes nationaux existants et les faire bien travailler ensemble, sans créer de nouvelles administrations européennes supranationales.

 

Par exemple, nous n'avons pas besoin d'une super-police fédérale qui interviendrait partout et ne serait contrôlée par personne. Nous avons seulement besoin que les services nationaux se coordonnent davantage, et que l'Office européen de police (Europol) développe sa mission d'échange d'informations sur les risques menaçant nos sociétés. Nous n'avons pas besoin non plus de tribunaux pénaux européens qui deviendraient rapidement des monstres administratifs. Nous avons seulement besoin, entre les juges nationaux, d'un système d'entraide judiciaire plus efficace et plus rapide qu'aujourd'hui.

 

 

Les propositions du MPF sont donc:

1. S'opposer à la communautarisation par la Constitution européenne de la coopération policière et judiciaire, qui se traduirait par encore plus de bureaucratie et d'inefficacité.

 

2. Donner une impulsion nouvelle à la coopération entre les Etats : plutôt que de créer de nouvelles institutions et de nouvelles normes bureaucratiques, développer une culture de confiance, de transparence, d'échanges entre les polices et justices nationales, autour de quelques cibles prioritaires : le terrorisme, la criminalité internationale, la drogue, le proxénétisme, l'immigration clandestine .

 

3. Ne pas donner de mission opérationnelle supranationale à Europol ; développer en revanche ses missions d'échange d'informations en lui donnant les moyens nécessaires.

 

4. Perfectionner l'entraide directe entre magistrats dans le cadre du système Eurojust qui doit permettre d'assurer une bonne liaison entre les autorités nationales chargées des poursuites pénales dans les affaires de criminalité transfrontière ; se servir de cette coopération pour accélérer la transmission des commissions rogatoires, renforcer l'assistance administrative mutuelle en matière fiscale, garantir la levée du secret bancaire à la suite des demandes d'entraide internationale en matière pénale, là où un tel secret pourrait encore être invoqué ; ne pas accepter l'institution d'un procureur européen supranational qui servirait surtout à augmenter les pouvoirs de Bruxelles.

 

5. Améliorer le contrôle démocratique sur la coopération policière et judiciaire intergouvernementale en renforçant les compétences des Parlements nationaux ; créer un "comité interparlementaire" composé de parlementaires nationaux des pays membres, qui serait chargé de suivre la coopération policière et judiciaire au niveau européen, et de faire en sorte que les Parlements nationaux soient saisis des dossiers en temps utile, sous la forme la plus transparente.

 

6. Accepter les coopérations à géométrie variable, lorsque certains pays sont intéressés à mener des actions en commun et que le moule communautaire s'avère trop rigide.

par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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