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Samedi 14 octobre 2006

Le danger est devant nous !

Alors que l’Assemblée nationale vient de voter, au grand dam de la Commission européenne, une loi sur le génocide arménien et que Nicolas Sarkozy s’est prononcé en faveur d’un mini-traité reprenant les dispositions les plus controversées d’une Constitution européenne pourtant rejetée massivement par les Français le 29 mai 2005 (dont la règle de la majorité qui permettrait de fait à la Turquie d’intégrer l’U.E.), ce dossier de pourlafrance.fr rappelle les raisons de l’opposition du MPF à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. L’architecture institutionnelle et le périmètre géographique sont les deux grandes questions clés pour l’avenir de l’Europe. Deux grandes questions indissociables.

La question de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et celle de l’architecture institutionnelle de l’Europe le démontre : rien n’arrête les responsables politiques français ou bruxellois. Pas même la décision souveraine (et massive !) des peuples…

Alors que, de l’avis de tous les commentateurs, l’opposition à la Turquie a pesé lourd dans la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne, les négociations d’adhésion ont en effet commencé comme si de rien n’était… Quant au traité constitutionnel, Bruxelles et les promoteurs du «oui» estiment qu’il n’est pas mort, mais que les «non» français et néerlandais ont (simplement) interrompu le processus. Misant sur l’élection d’un candidat acquis aux thèses fédéralistes et supranationales, ils entendent donc laisser passer la présidentielle de 2007 pour le relancer…

Les déclarations de certains candidats à la présidence de la République confirment, par ailleurs, que le danger n’est pas derrière mais devant nous. Ainsi, Nicolas Sarkozy s’est-il prononcé, le 8 septembre dernier à Bruxelles, en faveur d’un «mini-traité» qui reprendrait les principales dispositions (les plus graves !) du texte concocté par Valéry Giscard d’Estaing et sa Convention.

Officiellement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne - ce qui lui vaut la bienveillance d’une partie de l’électorat de droite -, Nicolas Sarkozy se garde bien en outre de préciser que si son «mini-traité» était adopté, plus rien ne s’opposerait à l’adhésion de la Turquie. Le président de l’UMP n’est en effet pas sans savoir qu’en supprimant - comme il le propose - la règle de l’unanimité, la France n’aurait plus les moyens de s’opposer à l’entrée de la Turquie, une majorité d’Etats membres y étant favorable.

Du côté de Ségolène Royal, la presse a retenu que l’opinion de la compagne de François Hollande sur la question de l’entrée de la Turquie serait «celle du peuple français puisque c'est le peuple français qui doit se prononcer». Or, lors de cette conférence de presse sur l’Europe qui s’est déroulée le 11 octobre dernier, Ségolène Royal ne s’est pas contentée de dire qu’elle respecterait la décision des Français (le minimum dans un pays démocratique !). Elle a ajouté : «Je crois que le référendum ne sera pas facile. Il n'y a aucune raison de le stopper, mais il va falloir beaucoup de travail, d'évolution, pour que le peuple français se prononce positivement». «Ce travail est entre les mains de tous», a-t-elle conclu.

Bref, Ségolène Royal est pour l’entrée de la Turquie et Nicolas Sarkozy est favorable à un mini-traité qui aboutirait à cette adhésion. Le danger est donc bien devant nous. Et en estimant, au cours de la campagne référendaire, que la Turquie et la Constitution étaient «deux questions liées», Philippe de Villiers ne s’y était pas trompé…

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La Turquie dans l’Europe ?

Dix raisons de dire non !

Alors que l’Assemblée nationale vient de voter une loi sur le génocide arménien, le Mouvement Pour la France réitère son opposition absolue à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne : la Turquie n’est européenne ni par son histoire, ni par sa géographie, ni par sa culture : une raison suffisante pour lui dire non. S’y ajoutent un certain nombre de faits qui, pour être circonstanciels, n’en sont pas moins fondamentaux…

I - La Turquie n’est pas européenne. Ni par son histoire, ni par sa géographie, ni par sa culture…

«L’accession de la Turquie à l’Union européenne serait unique à la fois dans son étendue et dans son degré en comparaison avec les précédents élargissements : la Turquie est tout à fait différente en termes historique, géographique et culturel»

Note de Franz Fischler, commissaire européen à l’agriculture,

à l’attention de Günter Verheugen, commissaire chargé de l’élargissement,

transmise aux autres commissaires le 30 juillet 2004.

1) Histoire

> L’Europe se définit par une addition cumulative d’expériences historiques», rappelait l’historien Alain Besançon de l’Institut dans un article publié par Le Figaro du 25 novembre 2002. «Ce sont, dans l’ordre chronologique, l’héritage romain, la conversion à la version latine et romaine du christianisme, les grandes innovations médiévales (la hiérarchie féodale, les ordres religieux et savants, l’université) puis la Renaissance, la Réforme, la Contre-Réforme, puis encore les Lumières, le romantisme». […] «Qu’en est-il maintenant de la Turquie ? Elle aussi se constitue par une série de grandes expériences, souvent glorieuses, quelquefois moins. Le fait est qu’elles n’ont rien de commun avec celles de l’Europe». […] «pendant tout le XVIe  et une partie du XVIIe siècle, la force d’expansion du jeune Empire ottoman fut pour l’Europe occidentale une source d’inquiétude et très souvent de terreur». Et Alain Besançon rétorque à ceux qui s’appuient sur la période laïque de la Turquie (sous Mustafa Kemal Atatürk) que «cela ne fait pas de la Turquie une nation européenne. Gardant précieusement les bases de sa propre civilisation, elle n’a prise à celles de l’Europe que les instruments relativement superficiels que sont les institutions étatiques et, pour une part, juridiques. Cela ne peut remplacer le poids des expériences civilisatrices.»

«On a même été jusqu’à nous expliquer, doctement, que la Turquie

fut historiquement une nation européenne. La saillie est assez farce»

Jean-François Kahn, Marianne, 16 octobre 2004

2) Géographie

> La Turquie géographiquement située en Asie mineure», explique le géopolitologue Gérard Chaliand dans son Atlas du nouvel ordre mondial de 2003. L’argument géographique est d’ailleurs celui avancé par Valéry Giscard d’Estaing, qui s’est prononcé contre son entrée : «La Turquie est un pays proche de l’Europe, un pays important, qui a une véritable élite, mais […] sa capitale n’est pas en Europe, elle a 95 % de sa population hors d’Europe, ce n’est pas un pays européen», expliquait-il le 9 novembre 2002 dans un entretien au journal Le Monde. Rappelant que d’autres candidatures suivraient si la Turquie se voyait ouvrir les portes de l’Europe, il déclarait : «Dès que l’on sort du continent […], c’est la fin de l’Union européenne.»

95 % du territoire turc se trouve en Asie

3) Culture

> La population turque est «dans sa vaste majorité enracinée en Asie», écrit dans sa note Franz Fischler, commissaire européen à l’agriculture. «Il est un fait que la Turquie est une société sui generis, bien plus orientale qu’européenne.» «Les différences culturelles […] peuvent être un facteur positif pour une communauté. Mais tout est matière de degré. Par exemple, les différences culturelles, enracinées dans l’histoire et dans la géographie, expliquent les divergences substantielles et les controverses qui existent entre la France et l’Allemagne… Mais ces divergences restent gérables parce qu’elles demeurent dans les limites d’une culture européenne.» Tout est dit, et par un commissaire européen !

«J’appelle l’Europe une terre qui a été romanisée,

christianisée et soumise à la discipline des Grecs»

Paul Valéry

II - Son adhésion engendrerait de nombreux bouleversements

4) Démographie

> Il y aura 100 millions de turcs en 2020. Sur les 70 millions actuels, 30 % ont moins de 15 ans. Le taux de fécondité est de 2,8 enfants par femme en Turquie, contre 1,9 en France et 1,7 en Europe. Le taux de natalité est de 3,1/1 000 contre 1,8/1 000 en France. Si elle intégrait l’Union, la Turquie serait donc le pays le plus peuplé et un européen sur quatre serait turc.

En application de la Constitution européenne qui indexait le poids des pays dans les institutions sur leur population, la Turquie aurait le plus grand nombre d’eurodéputés (100 contre 70 pour la France) et sa voix serait plus importante que celle de l’Allemagne au sein du Conseil.

Il y aurait 100 députés turcs pour 70 députés français au Parlement européen

5) Géopolitique

> La Turquie partage «1 000 kilomètres de haute montagne» avec l’Iran et l’Irak, «territoires hors du contrôle du gouvernement, en proie à la guérilla» (Maxime Tandonnet, expert des questions d’immigration). Quelque 1 000 kilomètres avec deux pays très instables, où le terrorisme et l’islamisme sont des réalités.

> La Turquie est frontalière de la poudrière du Moyen-Orient. Qui peut sérieusement imaginer que l’Europe a intérêt à transformer cette zone tampon qu’est la Turquie en État membre ? Philippe de Villiers n’avait pas manqué de le rappeler sur France 2 le 29 octobre: «On nous dit : “L’Europe, c’est la paix.” Mais faire entrer la Turquie, c’est mettre l’Europe à portée de la zone la plus conflictuelle du monde.»

> Songeons aussi aux tensions provoquées par les 30 millions de Kurdes qui sont installés à cheval sur la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak… Les Kurdes irakiens bénéficient depuis la première guerre du Golfe d’une large autonomie politique qui pourrait bien aboutir, un jour, à la création d’un État kurde. Or, en incluant la Turquie, on intègre une partie de ce futur Kurdistan. Faudrait-il alors exclure les Kurdes turcs ? Ou faudra-t-il inclure les Kurdes irakiens, syriens et iraniens ?

> En occupant militairement 37 % du territoire chypriote depuis 1974, la Turquie occupe de fait une partie de l’Union européenne, Chypre étant membre de l’Union depuis le 1er mai 2004. La Turquie est un des plus fidèles alliés des États-Unis. Sa ligne géopolitique est résolument euroatlantiste. D’où le soutien américain à l’entrée de la Turquie dans l’Union, George Bush déclarant que «la Turquie, en tant que puissance européenne, appartient à l’Union européenne». D’où aussi, pour ne pas froisser l’allié turc, le rejet en 1992 par le Sénat américain d’une résolution visant à reconnaître le génocide arménien. Il faut, nous dit-on, construire une Europe forte pour contrebalancer l’influence américaine…

La Turquie occupe militairement une partie du territoire de l’Union européenne.
Elle partage ses frontières avec la poudrière du Moyen-Orient et sa géopolitique est alignée sur celle des Etats-Unis

6) Économie/Coût de l’adhésion

> Le coût de l’entrée de la Turquie est estimé à 14 milliards d’euros (autant que celui de l’adhésion des dix États entrés dans l’Union le 1er mai 2004).

> Ce coût exorbitant est la conséquence du fossé économique qui sépare la Turquie des pays d’Europe. Le produit intérieur brut (PIB) moyen est, en Europe, de 21 000 euros par habitant, tandis qu’en Turquie, il n’est que de 2 180 euros (chiffres du FMI pour 2002). Et sa dette extérieure représente 90 % de son PIB.

> Pour les Turcs, l’Europe constitue un véritable eldorado. Ils seront inévitablement attirés par des salaires beaucoup plus élevés que chez eux. Les entreprises seront, quant à elles, intéressées par le faible coût de la main-d’œuvre : le salaire horaire moyen est de 1,50 euro en Turquie, alors qu’il est de plus de 25 euros en France.

> La disparité économique est structurelle, la Turquie étant essentiellement agricole. Le Premier ministre turc reconnaissait dans Le Figaro du 22 octobre dernier que 34 % de la population turque vit de l’agriculture, soit 23 millions d’habitants. Qu’adviendra-t-il alors de la Politique agricole commune ? Les aides qui iront aux agriculteurs turcs n’iront pas aux agriculteurs français qui peinent déjà à survivre. Selon la Commission européenne, l’entrée de la Turquie dans l’Europe aurait ainsi des conséquences “lourdes” pour les 10,4 millions de paysans européens. Des conséquences lourdes, «c’est-à-dire désastreuses», traduit Marianne du 9 octobre 2004, qui rapporte cette projection. Bref, résume Franz Fischler, commissaire européen à l’agriculture, dans sa note : «La Turquie aurait de grandes difficultés à mettre en œuvre la Politique agricole commune tout en risquant de l’affaiblir.»

> Pis, selon l’American Drug Agency, un huitième du PIB turc provient du trafic de drogue, soit 50 milliards de dollars par an.

8,7 millions de Turcs, (15 % de la population) vivent en dessous du seuil  de pauvreté
fixé à 35 euros par mois contre 300 en Europe de l’Ouest

7) Droits de l’homme

> Par la loi du 18 janvier 2001, «la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915», qui décima 50 % de la population. «Convocation de l’ambassadeur de France à Ankara par le gouvernement turc, manifestations, boycott des produits français, les réactions officielles et populaires à la reconnaissance par Paris du génocide arménien ont été violentes», rapportait à l’époque Le Monde diplomatique (octobre 2001).

> Depuis, rien n’a changé : dans un entretien au Parisien du 11 octobre, Uluç Özülker, ambassadeur de Turquie en France, persistait à nier l’évidence : «Ce génocide n’est pas établi. Bien sûr, il y a eu des atrocités. Mais, pour reconnaître un génocide, il faut avoir des preuves. Or, il n’y en a pas.» Et le nouveau code pénal turc, adopté au début de septembre, prévoit une peine de quinze ans d’emprisonnement pour ceux qui parleraient de génocide arménien.

> Les Kurdes sont, quand à eux, une minorité toujours opprimée : «les tensions se maintiennent, de manière souterraine, et vont probablement perdurer», écrivait Franz Fischler, commissaire européen, dans sa note.

> La Turquie n’est pas plus respectueuse des droits de ses propres ressortissants. Elle vit sous un véritable régime militaire (et consacre d’ailleurs 5,4 % de son PIB aux dépenses militaires, contre 2,69 % en France et 2,94 % aux États-Unis).

> Entre 1999 et 2003, la Cour européenne des droits de l’homme a prononcé 24 arrêts pour sanctionner une atteinte à la vie. Et 20 concernaient la Turquie ! Celle-ci a été également condamnée par cinq des six jugements de la Cour qui constatait la pratique de la torture et 26 fois pour des traitements inhumains ou dégradants. Le Monde du 9 octobre dernier rapportait ce lapsus d’un diplomate turc en poste à Bruxelles : «Il n’existe plus de torture systématique en Turquie.» Les nombreuses victimes de la torture «occasionnelle» ont dû apprécier.

> En intégrant la Turquie à l’Union, certains font le pari d’une démocratisation des institutions, oubliant que les islamistes pourraient en profiter. (40 % aux élections de novembre 2002, alors qu’ils n’avaient jamais dépassé 21 %).

> Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est un islamiste dit modéré. Modéré ? Dans un entretien accordé au Parisien du 21 octobre dernier, il précisait : «Il n’y a pas de musulman modéré ou pas. Un musulman est simplement un musulman.»

> «Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats», déclarait encore Erdogan, lors d’un meeting à Siirt, le 6 décembre 1997, récitant les vers d’un poème de Ziya Gökalp, l’un des pères du nationalisme islamique turc.

> Quant aux femmes, qui ne représentent que 25,5 % de la main-d’œuvre (moins de la moitié du taux européen), leur sort n’est pas plus enviable que dans les autres pays musulmans. La Conférence islamique des ministres des Affaires étrangères qui se tenait en juin dernier et qui a été ouverte par le président de la République turque (Ahmet Necdet Sezer) et que présidait le ministre turc des Affaires étrangères (Abdullah Gül) a dénoncé la décision de l’Union européenne qui condamnait la lapidation.

> Le sort des minorités religieuses se résume, lui, en quelques chiffres : en 1880, les chrétiens représentaient 30 % de la population turque, soit 4 millions de personnes. Aujourd’hui, ils sont à peine 0,2 % (150 000 sur 70 millions d’habitants). Comme le souligne Alain Besançon de l’Institut : «La réalité, c’est que les chrétiens sont aujourd’hui moins nombreux dans toute la Turquie que ne le sont les musulmans dans un seul département français» (L’express du 12 décembre 2002).

«Comment accorder l’asile politique à des opposants turcs victimes de persécutions, tout en assurant que la Turquie a fait des progrès décisifs en matière de droits de l’homme ?»

Matthias Wissmann, ancien ministre allemand, cité par Valeurs actuelles du 29.10. 04.

8) Immigration

> La Turquie est la principale plaque tournante de l’immigration en provenance du Moyen-Orient : «Le nombre réel des migrants qui auraient transité illégalement par la Turquie pourrait être de 2 à 3 millions depuis 2000.» «On estime généralement qu’un stock d’un million de migrants clandestins attend en Turquie pour entrer dans l’Union européenne» (Maxime Tandonnet, expert des questions d’immigration).

> Le niveau de vie des turcs est très bas : 8,7 millions de Turcs, soit 15 % de la population, vivent en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 35 euros par mois, contre 300 en Europe de l’Ouest (selon une étude de l’Organisation nationale de la planification de Turquie [DPT], citée par Alexandre Del Valle, La Turquie dans l’Europe, un cheval de Troie islamiste ?, Éd. des Syrtes, mars 2004, p. 323). On doit donc s’attendre à une immigration de grande ampleur.

> De plus, une immigration importante pourrait aussi avoir lieu en provenance d’Asie centrale. Il faut en effet bien réaliser que ce n’est pas un État qui entrera dans l’Union mais un véritable ensemble culturel dont la Turquie pourrait être la tête de pont. Cet ensemble s’étend jusqu’en Chine et rassemble les États turcophones, à savoir l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan (regroupés institutionnellement au sein du T6), et certains de leurs habitants, qui seront près de 300 millions en 2020, ont la double nationalité. Illustration des liens unissant la Turquie aux États turcophones : au soir du sommet d’Helsinki de décembre 1999, alors que la Turquie venait d’être officiellement reconnue comme «pays candidat qui a vocation à rejoindre l’Union», le Premier ministre turc de l’époque, Bülent Ecevit, avait proclamé la vocation européenne des États turcophones…

Le nombre des migrants qui aurait transité illégalement par la Turquie pourrait être
 de 2 à 3 millions depuis 2000

III - Les faux arguments de ses avocats…

«Il ne fait aucun doute que la Turquie est un enjeu majeur pour la sécurité occidentale, et ce, depuis des années, sans pour autant que celle-ci ne soit membre de l’Union européenne. L’adhésion n’y changerait rien. Il se peut que la Turquie puisse être un rempart contre le fondamentalisme. Il se peut tout aussi bien qu’il se produise une dérive fondamentaliste en Turquie malgré l’adhésion, et cela ne semble pas avoir traversé l’esprit des avocats de l’entrée de la Turquie»

Note de Franz Fischler, commissaire européen à l’agriculture,

à l’attention de Günter Verheugen, commissaire chargé de l’élargissement,

transmise aux autres commissaires le 30 juillet 2004.

9) Intégrer la Turquie pour la démocratiser ? Et pourquoi pas l’Irak ou l’Iran ?

> Grâce aux quatre critères politiques dits de Copenhague – respect de la démocratie, de l’État de droit, des droits de l’homme et protection des minorités – qu’un pays doit respecter pour intégrer l’Union, la Turquie serait obligée de se démocratiser. On contrerait ainsi le développement de l’islamisme et on démontrerait notre opposition au «choc des civilisations». Bref, nous résument les avocats de la Turquie : «Mieux vaut avoir une Turquie moderne à l’intérieur de l’Union qu’une Turquie archaïque et islamiste aux frontières de l’Europe.» Cette vision est utopiste…

> Alors que le non-respect des droits de l’homme semble être le principal obstacle à l’entrée de la Turquie, on oublie qu’elle est membre depuis 1949 du Conseil de l’Europe, qui regroupe les pays signataires de la Convention européenne des droits de l’homme. on ne voit pas ce que cela a changé quant au respect des droits fondamentaux de la personne humaine !

> Quant à l’islamisme, qu’il faudrait contrer en intégrant la Turquie, faut-il rappeler qu’en cette période de tensions internationales, il se nourrit principalement du rejet de l’occidentalisation. On ne peut donc pas affirmer que l’adhésion à l’Union ne favoriserait pas, au contraire, le développement de l’islamisme en Turquie.

> Ceux qui affirment qu’il vaut mieux avoir une Turquie moderne à l’intérieur de l’Union qu’une Turquie archaïque et islamiste aux frontières de l’Europe ont-ils vraiment pensé aux conséquences ? En effet, même si une Turquie moderne et démocratique intégrait l’Europe, il y aurait toujours à nos frontières des nations potentiellement islamistes. Voir carrément islamistes et, du reste, bien plus instables. Pensons simplement à l’Irak ou l’Iran… Compte tenu de la situation de cette région du monde, l’Europe n’a-t-elle pas plutôt intérêt à préserver cette zone tampon qu’est la Turquie ? Dans sa note, Franz Fischler, commissaire européen à l’agriculture, soulignait le danger de cette utopie : «Les négociations de la Turquie ne feraient qu’allonger la file de pays qui frappent à la porte de l’Union, avec un sentiment de frustration, et risqueraient de rendre nos arguments pour leur fermer la porte moins efficaces. À l’évidence, si la Turquie accède à l’Union, notre politique de voisinage devra être étendue aux voisins de la Turquie, c’est-à-dire l’Iran, l’Irak, la Syrie…»

> Si la démocratisation des nations devient l’objet de l’Union européenne, est-ce à dire qu’il faudrait, un jour, ouvrir nos portes à l’Irak, à l’Iran et à la Syrie afin de les démocratiser ? L’Union européenne est-elle alors condamnée à la fuite en avant, intégrant de plus en plus de nations ?

«Cette histoire d’élargissement est tout à fait absurde. La Turquie maintenant est candidate, demain ce sera le Zimbabwe ! […] Tout cela n’a plus rien à voir avec l’idée qui était celle de la construction européenne»

Jacques Chirac, le 25 avril 1980 sur RMC

10) Les relations Europe-Turquie : un ticket d’entrée dans l’Union ?

> Les relations de l’Europe avec la Turquie constitueraient un ticket d’entrée dans l’Union. Les partisans de son adhésion omettent de mentionner que ses liens ont été tissés notamment lors de la guerre froide et dans la cadre du Marché commun. Depuis, le contexte international a radicalement changé, le projet européen aussi. C’est une union politique que consacrera la Constitution européenne.

> Pour éviter la multiplication des candidatures les plus farfelues, l’Europe doit une fois pour toutes définir ses frontières. Et, sans doute, cette définition ne sera-t-elle possible que si elle reconnaît les grandes expériences civilisatrices qui l’ont constituée, et donc ses racines. Et, sans doute, faudra-t-il aussi cesser de vouloir à tout prix ouvrir le «club chrétien», comme si nos racines étaient honteuses, comme si le multiculturalisme était notre seul avenir.

> De la définition de l’Europe découlera naturellement une politique de partenariat avec les pays frontaliers. Et il ne tiendra qu’à nous de renforcer les liens déjà existants avec la Turquie.

> Et, sans doute, l’arrêt du processus d’Union politique de l’Europe mettrait-il un terme à la polémique. L’Europe pourra alors se reconstruire sur la coopération entre les États selon le principe des cercles concentriques. Dans ce cadre, la Turquie trouvera sa place, toute sa place mais rien que sa place…

Rien n’empêche l’Europe d’avoir avec la Turquie des relations privilégiées…

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Europe

Ce que propose le candidat Villiers

Au cours des derniers mois, le président du MPF a indiqué la marche à suivre pour remettre l’Europe sur les rails. L’urgence n’est pas tant de négocier un plan B avec nos partenaires européens que de «créer un électrochoc», a-t-il expliqué à de nombreuses reprises. «J’ai beaucoup réfléchi à la question d’un nouveau traité ou à une charte nouvelle des droits fondamentaux des nations, expliquait-il alors. Moi, si je suis élu président de la République, je prendrai, pour commencer, quelques mesures simples pour montrer que la France est un État souverain.»

Le président du MPF a ainsi annoncé début septembre dans son discours de clôture de l’Université d’été du MPF qu’une fois élu à la présidence de la République, il ferait inscrire dans la Constitution française la phrase suivante : «le droit français est supérieur au droit européen.» Et qu’il prendrait «immédiatement» trois mesures. Trois mesures «fortes, parlantes et symboliques», portant sur «le périmètre, l’architecture et enfin le projet européens». «La première, rappeler notre représentant à Bruxelles qui négocie sur l’entrée de la Turquie : nous interrompons la négociation. La deuxième, nous baisserons nous-mêmes, unilatéralement, sans demander l’autorisation de Bruxelles, la TVA dans la restauration. Enfin, à l’image d’Airbus ou d’Ariane, la France lancera avec les États qui le souhaitent des coopérations choisies dans les grands domaines d’avenir : les nanotechnologies, le bouclier spatial, la lutte contre les grandes mafias, le terrorisme, etc.»

Des mesures qui n’auront qu’un seul but : «montrer que c’est désormais à Bruxelles de s’adapter aux nations» et que les États membres n’ont plus à se plier aux décisions de l’Union européenne. Un changement de cap radical que Villiers – qui s’imposa comme le leader du non de droite au cours de la campagne du référendum de 2005 – prône depuis toujours. Pour autant, le MPF n’abandonne pas son plan B. La «Charte fondatrice pour une nouvelle Europe» qu’il propose visera à «encadrer strictement la construction européenne sur la base de principes simples et de bon sens», peut-on lire dans son pré-projet présidentiel :

«• Le périmètre : une Europe vraiment européenne (avec des frontières précises conformes à l’histoire, à la géographie et à la culture européenne).

• L’architecture : l’Europe vraiment démocratique, dirigée par les peuples et non par 25 commissaires nommés qui ne peuvent gérer efficacement le quotidien de 450 millions d’Européens.

• Le projet : une Europe de la coopération libre entre les États.»

«La bonne blague ! Comme s’il était possible de dissocier la détermination du contrat de mariage du choix des époux. Fonctionnellement, les deux questions sont liées, car nombre de Français, qui étaient au départ favorables à l’idée d’une Constitution européenne, risquent d’y regarder à deux fois avant de faire franchir à l’Union une étape supplémentaire sur la voie de l’intégration. Politiquement, chacun sent bien que la victoire du “oui” vaudra approbation de l’ensemble de la politique européenne du chef de l’État, Turquie comprise.

En inscrivant dans la Constitution l’obligation d’un référendum sur l’adhésion turque, le chef de l’État ne donne-t-il pas aux Français le dernier mot ? Le remède risque d’être pire que le mal. L’idée de renvoyer à dix ans une décision qu’on peut prendre aujourd’hui est profondément malsaine. Sur un tel enjeu, l’avenir de l’Union, ni les adversaires ni les partisans de l’adhésion turque ne peuvent se permettre de désarmer. Or imagine-t-on dans quel état seront la France, l’Europe et la Turquie après une décennie de brouillards et de frustrations, de chantages diplomatiques et de mobilisations populaires ? Jacques Chirac ne devrait pas jouer ainsi notre avenir à la roulette turque…»

Jean-Louis Bourlanges,

député européen UDF, Le Figaro, 28.12.2004

«Jacques Chirac n’est pas crédible lorsqu’il nie tout rapport entre la question turque et la Constitution, puisque la révision constitutionnelle qu’il propose vise précisément à promettre un référendum sur la question turque dans dix ou quinze ans. C’est un leurre. On ne peut pas s’intéresser au contrat de mariage et se désintéresser de qui est la mariée»

Laurent Fabius, Le Parisien, 14.02.2005

«Deux décisions conditionnent l’avenir de l’Union européenne : la ratification du traité constitutionnel et l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union. Ces deux décisions sont indissolublement liées»

Christian Saint-Étienne, président de l’Institut France Stratégie, Les Échos, 31.01

«Il est faux d’affirmer, comme l’assurent les professionnels du trompe-l’œil, qu’il n’y a aucun lien entre la Constitution […] et l’adhésion ultérieure de la Turquie à l’Union. Ces deux éléments concourent au même projet communautaire…»

Ivan Rioufol, «Bloc-notes», Le Figaro, 07.01.2005

«J’aime la Turquie. Mais je n’aime pas beaucoup l’Europe turque que l’on nous prépare. Cette Europe sans histoire ni géographie, sans passé, sans avenir, sans dessein ni destin est un concept de technocrate fou, de philosophe mou, un ectoplasme humaniste fruit d’un angélisme sans frontières»

Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur, 16.12.2004

«Ils mentent quand ils soutiennent que le problème de l’adhésion de la Turquie est hors débat, autrement dit que la construction européenne n’a rien à voir avec l’Europe, avec l’identité européenne, avec la nature, avec la consistance, la forme et la dimension de l’Europe.»

François Darras, Marianne, 12.02.2005

«On nous dit : “La Turquie, ce n’est pas fait”. C’est du foutage de gueule : le 25 octobre 2004, l’Assemblée nationale a voté un crédit de préadhésion pour la Turquie, d’un montant de 47 millions d’euros.»

Philippe de Villiers, France 2, 29.10.2004

 

par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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Samedi 14 octobre 2006

Les députés français ont adopté hier la proposition de loi sanctionnant la négation du génocide arménien de 1915. La Commission s’est empressée de «regretter» le vote, estimant que la loi «empêcherait le dialogue pour la réconciliation» entre le Turquie et l’Arménie. Olli Rehn commissaire à l’Elargissement a fait savoir de son côté «qu’à cause de cette loi le dialogue est aujourd’hui menacé entre l’UE et la Turquie», avant de rappeler que des conditions précises pour le processus d'adhésion de la Turquie ont déjà été décidées et qu’elle n’inclut pas la reconnaissance du génocide arménien comme critère.
Réactions virulentes en Turquie également où le premier ministre a fustigé «une loi inacceptable et scandaleuse», les parlementaires ont annoncé une «dégradation des relations diplomatiques» et une foules de manifestants furieux ont scandé des slogans nationalistes et applaudit le ministre turc des Affaires étrangères menaçant les intérêts français («la France a beaucoup à y perdre et nous rien !»)

par mpf48sympathisant publié dans : Communiqués
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Vendredi 13 octobre 2006

Valeurs Actuelles n° 3646 paru le 13 Octobre 2006

La tribune de Paul-Marie Coûteaux

On aura retenu peu de chose du sommet francophone réuni il y a quelques jours à Bucarest : une querelle entre Jacques Chirac et le président libanais, une succession de résolutions humanitaires, voilà tout ce qui aura intéressé (et encore) une presse française fort indifférente.
Or, réunissant pas moins de cinquante-six États, le sommet de Bucarest a témoigné du dynamisme croissant d’une francophonie certes attaquée dans ses bastions anciens (principalement en Europe), mais fort dynamique dans des territoires jusqu’alors peu réceptifs, comme l’a récemment montré dans son article Axel Maugey (Valeurs Actuelles du 7 juillet 2006). Comment expliquer le contraste entre cette vitalité et notre désintérêt ? Faut-il croire que, comme l’a dit un délégué avec un humour de plus en plus grinçant, « la francophonie se fera de toute façon, souhaitons seulement que la France ne s’y oppose pas » ?
La francophonie sans la France ? Cela ne se pourrait pas : d’abord parce que notre pays finance à lui seul la moitié des programmes francophones, sans parler des sommes encore rondelettes (mais en diminution constante) que le Quai d’Orsay consacre à l’enseignement du français ; surtout parce que, depuis les premiers âges de son rayonnement, le français est indissociable des principes politiques et diplomatiques de la France, de la richesse de sa production intellectuelle, de ses arts, de ses laboratoires, de ses universités, et par-dessus tout d’une civilisation où le monde perçoit, qu’on le veuille ou non, l’un des derniers reflets d’une manière tant soit peu distanciée, littéraire, critique et peut-être même aristocratique de vivre, de croire, de penser et d’être.
Si la langue française connut l’exceptionnel rayonnement qui l’accompagna tout au long de son histoire, ce n’est point seulement à cause d’une action concertée – en partie politique et militaire, certes, tant il est vrai que toute langue est portée par la puissance, comme le prouva encore le triomphe de l’américain au XXe siècle – mais en ce qu’elle symbolise un pays radicalement différent du modèle dominant, fournissant les mots de passe, les principes, les images et les rêves d’une sorte de réseau de résistance, actif, combatif, sûr de lui, de son avenir et de sa mission. Pour rayonner, il suffirait à la France d’accepter d’être la France…
Justement, être français dans la pleine acceptation de nos héritages
culturels, ou spirituels, est bien ce que nous n’osons plus, ou que l’obligatoire “moraline” de la culpabilité n’autorise pas. Si nous affichons tant d’indifférence pour la francophonie, c’est qu’elle sonne comme un immense rappel du monde à nous-mêmes en un temps où, justement, de nous-mêmes nous ne voulons plus entendre parler autrement que pour nous couvrir d’opprobre – où quiconque veut être et parler français est immédiatement suspecté de réaction, ou pire. C’est bien ce malaise qui explique que nous nous fuyions nous-mêmes et mettions tant d’absurde application à parler américain à tort, et souvent de travers. Tandis que triomphe le culte de la honte, du déshonneur, de l’infidélité à nous-mêmes et à nos héritages, le rappel du monde francophone à ce qu’elle se doit n’est plus pour la France une simple chance mais la plus décisive, et peut-être la dernière.
Paul-Marie Coûteaux vient de publier Être et parler français (Perrin, 400 pages, 21 e).
Paul-Marie Coûteaux

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Jeudi 12 octobre 2006

Le Commissaire européen à l'Élargissement, Olli Rehn, n'a pas hésité à s'immiscer dans la politique nationale française. Dénonçant le projet de loi sur le génocide arménien qui sera en discussion à l'Assemblée nationale à partir de demain, il s'est permis d'adresser aux députés français une mise en garde, déclarant : «Il s'agit évidemment d'une loi française et c'est bien sûr le problème des députés français mais cela a des conséquences potentiellement graves pour l'UE et ses relations avec la Turquie» (DNA, 7.10).
Alors que le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, dénonçait récemment le ton «technocratique, arrogant, condescendant» des hauts fonctionnaires de l'institution bruxelloise, il pourrait en dire autant de ses collègues. De quel droit, en effet, un Commissaire-technocrate s'immisce-t-il dans la politique d'un Etat souverain ? Philippe de Villiers a bien raison quand il demande au pouvoir politique de reprendre d'urgence la main sur le pouvoir des fonctionnaires et de faire subordonner la Commission européenne au Conseil, à ses orientations et à ses contrôles.

par mpf48sympathisant publié dans : Europe
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Jeudi 12 octobre 2006

L’Ile de France n’a pas plus depuis bien longtemps le sinistre monopole de la violence dans les transports en commun. Néanmoins, celle-ci explose dans les petites villes de province. Le Parisien révèle en effet que 2746 agressions contre les voyageurs dans les bus, trams, métros de province ont été recensées pour 2005, soit une augmentation de 8,9%. «Ces violences sont en forte hausse dans les villes moyennes (+9,9%) et elles explosent dans les communes de moins de 100 000 habitants (+25,8%) restées jusque là à l’écart du phénomène» explique le quotidien. Et ce, malgré les dizaines de millions d’euros déboursés pour assurer la sécurité des voyageurs et des personnels. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas épargnés puisque le nombre d’agressions entraînant une interruption temporaire de travail a augmenté de 18%. «Des chiffres sous évalués» estime Richard Jaubert de la fédération CGT des transports, pour qui «le climat devient explosif».

par mpf48sympathisant publié dans : Communiqués
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