La Nouvelle République , article de Brigitte BARNÉOUD
Date de parution : lundi 12 juin 2006
En moins d'un an, le numéro 2 du Mouvement pour la France est devenu la coqueluche des médias et s'est fait tirer le portrait dans la plupart des magazines. Aujourd'hui, c'est la « NR » qui toque à la porte du particulier qu'il vient d'acheter aux Prébendes : le jeune loup de 29 ans n'en est pas mécontent, lui qui veut s'enraciner un peu plus en Touraine.
Ce fils de bobos parisiens qui ont voté Mitterrand en 1981 parle de lui en essayant de garder la tête froide. Lycéen à Paris en 1994, il se fait déjà repérer en organisant des distributions de soupes et de sandwiches dans le métro, par goût de l'action civique. Mais il se dit vite que l'action sociale ne suffit pas et que pour changer les choses, rien ne vaut la politique. Il tâte un peu du Front national où il s'occupe des jeunes. « J'avais 20 ans… Je n'y suis resté que 18 mois : les dérapages verbaux de Jean-Marie Le Pen m'ont dégoûté. »
Après ce « péché de jeunesse », Guillaume Peltier cherche toujours sa voie politique. Lors d'un dîner en ville, il croise celui qui deviendra son mentor : Philippe de Villiers. On est en 2001, le leader du MPF est au creux de la vague et a rompu avec Pasqua. « Villiers m'a mis au défi de rassembler 100 jeunes à Paris en juin. Je lui en ai amené 250, grâce à mes réseaux. »
Et c'est parti pour Guillaume Peltier ! Nommé numéro 2 du MPF en 2003, il est aussi directeur de campagne aux européennes en 2004 et tête de liste sur la circonscription Massif central-Centre. « J'ai fait 7 %, et 10 % en Indre-et-Loire et sur Tours. Plutôt pas mal pour une première candidature. »
Ce score aurait commencé à faire du bruit dans le landerneau tourangeau. « A droite, on s'est agité »…, commente l'ex-Parisien installé à Tours depuis 2003. Parce qu'il y a de la famille (il est parent avec les Vieillefault, dont l'aînée, Pierrette, a été conseillère générale royériste) et des ambitions locales qu'il ne cache plus. « En province on voit les gens vivre. La vraie politique se joue au plan local. Comme Villiers, qui a fait ses preuves dans son département, en étant toujours réélu. »
“ Un jour, je serai maire de Tours. J'en suis sûr ”
C'est maintenant certain : Guillaume Peltier, qui mènera la campagne de Philippe de Villiers pour la présidentielle, sera aussi candidat en Touraine aux législatives de 2007 et aux municipales de 2008. Ses cibles ? La première circonscription (face à RDDV à droite) et la ville de Tours, face au ministre de la Culture et au maire PS sortant Jean Germain. « Pour moi, Donnedieu et Germain, c'est pareil. Des petits notables endormis. Un jour, je serai maire de Tours. J'en suis sûr. »
Le lendemain, alors qu'il ouvre le meeting politique de Meslay, il épinglera la politique socialiste menée à Tours par « le Delanoé tourangeau ». Nul doute que celui qui est déjà surnommé le « Besancenot de droite » puise dans son audimat les voix des prochains scrutins locaux. « 20 minutes chez Ruquier et je suis vu par six millions de Français ». Mieux que n'importe quel meeting politique. Le MPF revendique aujourd'hui 20.000 adhérents, ils étaient 7.000 en 2004. A Tours, ils sont passés de 50 à 300 depuis l'arrivée de Guillaume Peltier. Le numéro 2 du MPF peut dire merci à la télé.
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