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Jeudi 14 août 2008

Article du magazine Valeurs actuelles:

Josée Pochat, le 14-08-2008
Aucun membre du gouvernement français n’était aux obsèques de l’écrivain. Philippe de Villiers avait fait le déplacement.
Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), et Dominique Souchet, député MPF de Vendée,sont les deux seuls élus français à avoir assisté à l’enterrement d’Alexandre Soljenitsyne, le 6 août à Moscou.« J’ai été choqué de constater qu’aucun membre du gouvernement n’avait pris la peine de se déplacer pour rendre hommage à ce géant qui a consacré sa vie à nous débarrasser intellectuellement du communisme », nous a confié Philippe de Villiers,à son retour.

«Tous les ambassadeurs des pays européens étaient présents. Notre ambassade s’est contentée de dépêcher un chargé d’affaires.Pendant la cérémonie, j’ai vu des écrivains russes, des intellectuels, des rescapés du goulag, qui avaient encore dans le regard les traces de l’enfer traversé. Certains sont venus m’embrasser et m’ont demandé où était la France. »

C’est à Philippe de Villiers que les Russes ont proposé, après la cérémonie, de parler au nom de la France, à l’Académie des sciences de Russie, où la dépouille de l’écrivain avait été exposée, la veille de son inhumation. « J’étais très ému, raconte Villiers. J’ai déclaré que j’espérais que l’on ferait lire Soljenitsyne aux écoliers français et que des rues, des établissements scolaires porteraient son nom, comme le collège d’Azenay, dans mon département de Vendée ».

Philippe de Villiers connaissait personnellement Alexandre Soljenitsyne, pour avoir accueilli l’écrivain en Vendée pendant six jours, en septembre 1993. Soljenitsyne avait tenu à assister à l’inauguration du Mémorial aux victimes vendéennes de la Terreur révolutionnaire des Lucs-sur-Boulogne, en février 1794.

C’est là que le héros de la résistance au goulag, devant 30 000 personnes, avait rendu un hommage poignant à la Vendée,avant de retourner dans son pays, après vingt ans d’exil, en prononçant ces mots : « Il y a deux tiers de siècle, l’enfant que j’étais lisait déjà avec admiration dans les livres les récits évoquant le soulèvement de la Vendée, si courageux, si désespéré.Mais jamais je n’aurais pu imaginer, fût-ce en rêve, que, sur mes vieux jours, j’aurais l’honneur d’inaugurer le monument en l’honneur des héros victimes de ce soulèvement. […] En inaugurant aujourd’hui le mémorial de votre héroïque Vendée, ma vue se dédouble. Je vois en pensée les monuments qui vont être érigés un jour en Russie, témoins de notre résistance russe aux déferlements de la horde communiste. ».

Plus tard dans la soirée, Philippe de Villiers avait confié à Soljenitsyne regretter qu’aucun membre du gouvernement Balladur n’ait été présent. « Soljenitsyne m’a répondu alors que déjà, dans les années 1970, la France lui avait refusé l’asile qu’il avait sollicité ».Giscard lui avait fait transmettre le message par Michel Poniatowski, alors ministre de l’Intérieur.Il redoutait de détériorer ses relations avec l’URSS.

C’est dans la maison de Philippe de Villiers que Soljenitsyne, accompagné de son épouse, avait résidé lors de ce séjour. Quelques jours auparavant, Bernard Pivot, qui recevait l’écrivain, s’était étonné de ce déplacement programmé en Vendée. « C’est le souhait de mon coeur », lui avait répondu Soljenitsyne.

« J’ai appris qu’il avait alors demandé à être dans un hôtel, à Paris, avec une terrasse, pour pouvoir répéter le discours qu’il s’apprêtait à faire au Mémorial, se souvient Villiers. Il m’a aussi confié qu’il avait choisi pour la cérémonie le costume qu’il portait le jour où il avait reçu le prix Nobel de littérature, en 1974 ».

Villiers dit toute son amertume. « L’année dernière à la même époque, Sarkozy était revenu de ses vacances aux États-Unis pour assister aux obsèques du cardinal Lustiger.On retiendra que le 6 août 2008, le gouvernement français était absent à l’enterrement de Soljenitsyne.Alors que deux jours plus tard, 50 personnalités françaises entouraient le chef de l’État français, en Chine, pour l’ouverture des jeux Olympiques. Je suis triste pour mon pays ».

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Vendredi 18 juillet 2008

« Menace, tentative d'achat,… » Le député souverainiste dénonce des méthodes « choquantes » pour convaincre son camp de voter « oui » à la réforme des institutions.

Philippe de Villiers (MPF) a dénoncé vendredi les méthodes de la majorité UMP pour convaincre les parlementaires MPF de ne pas s'opposer à la réforme des institutions, qui fera l'objet d'un vote du Congrès lundi. Un vote dont l'issue positive est loin d'être garantie. «Je viens de faire savoir de manière véhémente au président de l'Assemblée nationale et au président du groupe UMP (à l'Assemblée) que les cinq parlementaires MPF et moi-même étions choqués par les méthodes utilisées par eux, qui relèvent de la menace, du chantage, et de la tentative d'achat», a-t-il déclaré. «Je leur demande de cesser le harcèlement téléphonique. Les cinq parlementaires du MPF reçoivent un appel toutes les heures venant de tous les horizons de l'État», a-t-il déclaré.

Philippe de Villiers dit avoir lui-même reçu «quatre» appels d'Alain Marleix, secrétaire d'État à l'Intérieur et aux Collectivités Territoriales, laissant entendre que le futur redécoupage électoral pourrait concerner son fief de Vendée. «Il m'a dit ‘on ne pensait pas s'occuper de la Vendée, mais je pense qu'on va s'en occuper'», a assuré Philippe de Villiers. «Il y a un quart du gouvernement qui ne fait qu'«appeler les parlementaires qui veulent s'opposer à la réforme», a-t-il dit. «J'ai été au Parlement pendant longtemps, jamais je n'ai vu ce genre de procédé», a-t-il affirmé.

 

On peut «demander la lune»

 

La députée MPF Véronique Besse a déclaré qu'elle avait d'abord été appelée par des collègues UMP, avant que les appels ne viennent «de plus haut», et par exemple du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer. «Et on m'a dit que cela allait venir de plus haut encore», a-t-elle ironisé. Ses différents interlocuteurs lui ont donné le sentiment qu'elle pouvait «demander la lune». «On me demande ce que je veux», «on me demande si une mission sur la famille me ferait plaisir, en me disant qu'on s'arrangera sur les conditions», a-t-elle dit. «Je suis admirative des députés UMP qui résistent encore», a-t-elle dit.

Philippe de Villiers a assuré que malgré tout les cinq parlementaires MPF seraient présents lundi et voteraient «non» à la réforme des institutions. Le MPF, farouchement opposé à l'entrée de la Turquie dans l'UE, reproche à la réforme institutionnelle d'instaurer un échappatoire à l'obligation d'organiser un référendum pour toute nouvelle adhésion à l'UE, introduite en 2005 dans la Constitution. «Nous avons conscience», en tentant de faire échouer cette réforme, «de nous faire les porte-parole d'une immense majorité du peuple français», a dit Philippe de Villiers dans une lettre adressée cette semaine à Nicolas Sarkozy.

Interrogé par lefigaro.fr, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a dénoncé «des propos à objectif existentiel». «Philippe de Villiers a sans doute l'impression d'avoir trouvé une façon d'exister qu'il va utiliser pendant les jours qui viennent», explique le député des Hauts-de-Seine. Selon lui, il n'y a ni chantage, ni menace. «Que les parlementaires s'appellent, que le président de l'Assemblée appelle les parlementaires, ne me paraît pas mal».

Sources: LE FIGARO

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Mercredi 2 juillet 2008

Article du journal " Les Echos ":

Très discret depuis un an, le président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, a saisi l'occasion de la présidence française de l'Union européenne et du « non » irlandais au traité de Lisbonne pour signer son retour médiatique et se préparer aux élections européennes de l'an prochain. Hier, il s'est employé à opposer Nicolas Sarkozy et la Commission européenne, ciblant plus durement cette dernière que le chef de l'Etat. « Nicolas Sarkozy est une énergie mais amputée par Bruxelles », a-t-il déclaré sur RTL avant de suggérer au président de la République de « profiter du rejet par les peuples de cette Europe de Bruxelles (...) pour mettre en chantier un nouveau traité refondateur » où « la Commission ne serait plus l'exécutif mais l'exécutant » et où « il y aurait un droit de veto pour les Etats lorsqu'il s'agit de leurs intérêts vitaux ». Pour le président du MPF, la situation se résume ainsi : « Aujourd'hui, la division du travail est simple : c'est les moulinets à Paris et Barroso (NDLR : le président de la Commission européenne) qui a les commandes. » Ce qui, in fine, n'est pas très flatteur pour le chef de l'Etat.

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Lundi 30 juin 2008

Propos recueillis par Sophie Huet et Guillaume Perrault
Article du jourbnal "
Le Figaro " du 30/06/2008 | Mise à jour : 06:31 |

«Que l'on respecte le non du peuple irlandais, au lieu de le piétiner, comme on l'a fait pour le non français et néerlandais en 2005», déclare Philippe de Villiers après le rejet du traité de Lisbonne par l'Irlande.
«Que l'on respecte le non du peuple irlandais, au lieu de le piétiner, comme on l'a fait pour le non français et néerlandais en 2005», déclare Philippe de Villiers après le rejet du traité de Lisbonne par l'Irlande.

Dans sa première interview depuis un an, l'ancien candidat à l'Élysée reproche au chef de l'État de «nous conduire doucement vers une adhésion de la Turquie». Il annonce le lancement de sa campagne pour les élections européennes de 2009.

LE FIGARO. Vous êtes resté quasiment silencieux depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, il y a plus d'un an. Pourquoi ?
Philippe de VILLIERS. Au second tour de l'élection présidentielle, j'ai voté pour Nicolas Sarkozy, avec qui j'ai toujours eu de bonnes relations sur le plan humain. Il était donc naturel pour moi de laisser agir le nouveau président de la République, et de ne pas critiquer systématiquement ses premières réformes. Un homme public qui parle tout le temps court le risque de ne plus être entendu. Après quinze ans de combats politiques sur le plan national, j'éprouvais également le besoin de faire une cure de silence, de me réenraciner, d'observer et de réfléchir. En mars, j'ai été réélu président du conseil général de Vendée. Au lendemain du non irlandais au traité de Lisbonne, la situation m'impose de prendre la parole, car la France et l'Europe vont mal.

Quelles leçons tirez-vous du non irlandais ?
Il est à craindre que la machine bruxelloise cherche à passer en force. Or, le droit international est clair : quand un seul État ne ratifie pas un traité, ce traité est caduc. Je demande que l'on respecte le non du peuple irlandais, au lieu de le piétiner, comme on l'a fait pour le non français et néerlandais en 2005. La France ne doit pas être le «petit télégraphiste» des fédéralistes de Bruxelles, Francfort et Berlin. Je lance un appel à Nicolas Sarkozy pour qu'il saisisse l'occasion de la présidence française pour remettre l'Eu­rope d'aplomb. Il faut un traité refondateur, reposant sur le rétablissement du compromis de Luxembourg, c'est-à-dire le droit de veto des États pour tout ce qui touche à leurs intérêts vitaux ; la fin du monopole d'initiative législative de la Commission de Bruxelles ; et la libre initiative donnée aux États de dessiner des cercles de coopération à géométrie variable. Si Nicolas Sarkozy ne s'engage pas dans cette voie, il ne sera pas le chef d'un État libre, mais le gouverneur d'un État croupion. Quelle révolte faudra-t-il, quel cri de colère des citoyens sera nécessaire pour que nos hommes politiques acceptent de voir la réalité en face ?

Vous souhaitez être candidat aux européennes de 2009, tout comme Nicolas Dupont-Aignan. Avez-vous les moyens de votre ambition ?
J'ai quelques références qui parlent d'elles-mêmes. Et mon devoir est aujourd'hui de faire entendre une voix indépendante et d'être un artisan d'unité. Je vais lancer notre campagne européenne lors de l'université d'été du Mouvement pour la France, qui aura lieu le 21 septembre à Paris. Le scrutin de 2009 sera un scrutin référendaire sur la construction de l'Europe. Pour mener cette grande bataille et défendre les intérêts de la France, l'union de tous les «euroréalistes»  terme que je préfère à celui d'«eurosceptiques», forgé par nos adversaires  est indispensable. Je ferai donc tout mon possible pour bâtir à l'automne une confédération des euroréa­listes français, qui partagent les mêmes valeurs : le respect des peuples et des identités nationales. Et je mettrai aussi tout en œuvre pour rapprocher les mouvements euroréalistes dans tous les pays de l'Union européenne, avec une devise simple : «Oui à l'Europe, non à Bruxelles !»

Pourquoi les deux députés du MPF ont-ils voté contre la réforme des institutions ?
Parce que cette réforme est un faux-semblant. La seule réforme qui vaille, c'est de rapatrier nos pouvoirs législatifs transférés à Bruxelles. On ne peut pas renforcer les pouvoirs du Parlement alors que nous avons transféré soixante domaines de compétences à Bruxelles, notamment tout ce qui touche à la vie économique, à la politique de l'immigration et à l'environnement. Nous demandons au président de la République de respecter sa promesse de campagne : suspendre dès maintenant les pourparlers avec la Turquie, au lieu de laisser ouvrir trois nouveaux chapitres de négociation. Depuis un an, le gouvernement nous conduit doucement vers une adhésion de la Turquie à l'UE en supprimant le référendum dont on nous explique maintenant qu'il est superfétatoire.

Que pensez-vous de l'Union pour la Méditerranée, chère à Nicolas Sarkozy ?
C'est la mer qui accouche d'une souris. L'Union pour la Méditerranée est devenue un grand machin qui va jusqu'aux rivages de la mer du Nord, et inclut tous les pays européens, jusqu'à la Lettonie ! La Jordanie et l'Algérie ont fait part de leur opposition à cette dérive du projet d'Union méditerranéenne, qui va permettre de faire flotter à Bruxelles les drapeaux des pays du Sud et d'étendre l'influence de la Commission. C'était une très bonne idée qui a dégénéré en nébuleuse technocratique et créé un peu plus de confusion.

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Jeudi 22 mai 2008

Article de Laurent BARTHELEMY du magazine LE POINT :

Un an après un score très décevant à l'élection présidentielle, Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), se prépare à reprendre place sur l'échiquier politique, avec pour ambition de rassembler les voix de droite hostiles à la construction européenne.

Face à des cadres de son parti réunis samedi en bureau politique, pour la première fois depuis des mois, M. de Villiers, quasi-silencieux au plan national depuis la présidentielle, a fixé la stratégie pour les années à venir, mettant l'Europe au coeur de son discours.

"C'est le sujet qui commande tous les autres", selon M. de Villiers. A cause de la construction européenne, "le pouvoir n'a plus le pouvoir, le pouvoir ne peut rien faire", estime le président du conseil général de Vendée.

M. de Villiers veut présenter des listes MPF aux élections européennes dans chacune des circonscriptions électorales, en les présentant comme les "autres listes de la majorité": avec la majorité sarkozyste, sauf sur la question européenne.

"Mes rapports avec Sarkozy et Fillon ne sont pas du tout mauvais sur le plan humain", mais "je ne peux pas accepter le traité de Lisbonne" négocié par Nicolas Sarkozy pour remplacer la défunte Constitution européenne, explique à l'AFP M. de Villiers.

"Il faut revenir sur les abandons de souveraineté" consentis dans ce traité, et "le moment pour en parler, c'est la présidence française de l'Union européenne".

Si sur les européennes, M. de Villiers veut voler de ses propres ailes, il envisage des alliances avec l'UMP pour les régionales de 2010... sous réserve de compatibilité idéologique: "Il n'est pas impossible que si Roselyne Bachelot menait la liste UMP dans les Pays-de-la-Loire, je sois amené" à prendre la tête d'une liste concurrente, souligne-t-il ainsi.

Le président du MPF a remanié l'organigramme de son parti pour cette nouvelle feuille de route.

Fini l'esprit commando de la dernière campagne présidentielle, ou son bras droit Guillaume Peltier concentrait les responsabilités avec quelques proches.

L'éventail des cadres dirigeants doit être élargi, M. Peltier restant responsable des élections européennes et porte-parole de Philippe de Villiers, mais laissant le secrétariat général du parti au député européen Patrick Louis, et confiant des vice-présidences thématiques à chacun des parlementaires de son parti.

Interrogé par l'AFP, le député Nicolas Dupont-Aignan, rival potentiel de M. de Villiers auprès des électeurs eurosceptiques a regretté une démarche "un peu solitaire et un peu précipitée" du Vendéen.

"Il ne faut pas que chacun se fasse sa petite soupe sur son petit feu", a estimé M. Dupont-Aignan, qui rêve que les européennes 2009 soient "la belle du référendum du 29 mai 2005," qui avait sonné le glas de la Constitution européenne

"Il faut saisir l'occasion de faire des listes qui iraient de la gauche à la droite, pour la démocratie en Europe", a-t-il dit. "Il ne s'agit pas d'occuper un créneau à gauche, ou un créneau à droite".

Article de Laurent BARTHELEMY du magazine LE POINT

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